Mis sur orbite par Business France et dirigé d’une main de maître par Wassila Satouri, responsable de la Division Agroalimentaire pour la zone Amérique du Nord, Le FoodTech Lab propose d’accueillir pendant une semaine une dizaine de start-up hexagonales désireuses de conquérir les Etats-Unis pour les initier aux us et coutumes de la « FoodTech locale » et les mettre dans les meilleures dispositions pour aborder ce marché.

Parfois désigné, à tort, comme un accélérateur de croissance, le FoodTech Lab se voit davantage comme un accompagnateur et un facilitateur, particulièrement présent et prévenant aux côtés d’entrepreneurs, désireux un jour de tenter l’aventure américaine. Une immersion d’une semaine – aux antipodes d’un accélérateur stricto sensu dont la durée est plus importante – au cours de laquelle les start-up sélectionnées avec le plus grand soin bénéficient de l’expertise de Business France qui fait participer différents intervenants et professionnels accomplis qui expliquent les spécificités de ce marché résolument différent, du moins dans son approche, mais également concernant l’aspect réglementaire, de son homologue français.  

Une occasion unique pour ces entreprises, au nombre de six lors de cette première édition, également choisies selon des critères exigeants mais nécessaires. Wassila Satouri, présidant aux destinées de la Division Food de Business France en Amérique du Nord et maître d’œuvre du projet, déroule le modus operandi. « Les entreprises candidates devaient être précurseurs dans leur domaine, évidemment innovantes et devaient, cela va de soi, avoir vocation à conquérir le marché américain. Certaines start-up étaient déjà à maturation pour le marché français mais devaient compléter ‘leur apprentissage’ pour être, au terme de ces cinq jours, fin prêtes à traverser l’Atlantique. Il est important pour nous de montrer aux Américains que la France a un savoir-faire particulièrement aiguisé en matière d’innovation ».

Six Start-up sur rampe de lancement

Les dossiers de candidatures ont fleuri sur le bureau de la responsable et ce sont finalement six start-up, sélectionnées par un panel 100% américain, qui ont décroché le gros lot, déployé leurs ailes et atterri à New York, au début du mois de juin, pour cette « immersion intensive ». Citons pêle-mêle Cuddle Up, jeune pousse hexagonale, utilisant des algorithmes prédictifs et diverses données pour améliorer la satisfaction clients dans l’hôtellerie et la restauration ; FoodVisor ayant recours à la reconnaissance visuelle et l’intelligence artificielle qui permet, en une simple photographie du contenu de son assiette, de disposer de toutes les informations nutritionnelles sur celui-ci. Objectif : permettre aux 10 millions de Français souhaitant adopter un rythme alimentaire plus sain chaque année d’y parvenir dans la durée quand 80% d’entre eux abandonnent après un mois. Autre « heureux élu », Novolyze spécialisé dans la sécurité alimentaire qui développe des bactéries non pathogènes (qui ne sont pas responsables de maladies chez l’homme) et qui officient comme des bactéries pathogènes afin de tester chaque plat avant la consommation finale par le client.

Le gaspillage alimentaire fait également partie des points saillants de cette sélection avec deux start-up « sévissant » contre cette pratique, en l’occurrence Tassiopée qui conçoit des « tasses comestibles » en biscuits qui résistent à la chaleur et à l’humidité, particulièrement adaptées pour servir des boissons chaudes et qui, surtout, au-delà de cette approche particulièrement innovante, sont une parfaite alternative à l’usage abondant des gobelets en plastique. L’autre protagoniste en la matière n’est autre que BioTraq qui, comme son nom l’indique, permet aux industriels d’améliorer leur logistique en « assurant » la traçabilité du produit et en garantissant le respect de la chaîne du froid. Enfin, Yooji qui permet d’offrir une alimentation saine et biologique aux jeunes enfants, comme en atteste leur slogan « Bébé découvre le goût ». Divers projets aussi riches que variés qui ont, durant cette semaine d’immersion, pu approfondir leur connaissance du marché américain grâce au programme « sur mesure » concocté par Wassila Satouri et sa collaboratrice Sophia el Korchi, et sponsorisé par Air France et Vitagora 

Un programme au pas de course

« Les deux premières journées sont consacrées à la compréhension du marché par le prisme de différents experts et intervenants », souligne la responsable. Et d’ajouter « cela permet à ces potentiels nouveaux acteurs sur le marché de notamment se nourrir de l’expérience mais également des échecs des différents intervenants pour ne pas reproduire le même schéma et éviter certains écueils ».  Un « atelier » est également prodigué pour comprendre et cerner les enjeux de la sécurité alimentaire – formation particulièrement utile pour Novolyse et BioTraq- aux Etats-Unis, enjeux qui ne répondent pas forcément symétriquement aux canons hexagonaux.  Mais l’expression orale et la préparation font également partie intégrante du programme et vont occuper les start-uppeurs durant la seconde journée où, toujours avec l’aide de « tiers de confiance » ils peaufineront et cisèleront leur manière de « pitcher » pour faire face aux potentiels décideurs.

Après la théorie vient la pratique. Les deux jours suivants peuvent être assimilés à une « confrontation » et à une « mise en avant » des différentes entreprises aux réalités du marché. Tout commence par la soirée Shark Tank Lab. Une « immersion » grandeur nature devant un panel éclectique de professionnels : experts, investisseurs, représentants de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations). Devant eux, les entreprises pratiquent ce qu’on appelle le « Elevator Pitch ». Ils ont 60 secondes pour présenter leurs concepts et leurs besoins.  Une opportunité pour les six entreprises d’exploiter toutes les compétences acquises durant la formation  avant de participer au salon Futur FoodTech. Les six fleurons français ont ainsi pu présenter leurs innovations respectives et expliquer de manière pédagogique ce qui constituait réellement la substantifique moelle de leurs projets devant plus de 250 professionnels. Un coup d’essai qui s’apparente à un coup de maître pour cette première édition du FoodTech Lab qui posera, l’année prochaine dès le mois de mars, ses valises à San Francisco. Avis à tous les intéressés : l’appel à candidatures pour cette seconde édition n’est pas encore lancé ! Quoi qu’il en soit, le FoodTech Lab dispose de tous les ingrédients pour devenir un incontournable.