Malt, anciennement Hopwork, propose aux entreprises de toutes tailles de trouver rapidement un freelance pour remplir une mission ponctuelle. Graphiste, photographe, développeur… Depuis 2013, Hopwork, devenu Malt en cette fin d’année, met en relation les start-up, PME et grands groupes avec les travailleurs indépendants. Un marché du freelance qui explose ces dernières années : selon Eurostat, ils seraient 830 000 en France, soit 20% de plus qu’il y a quatre ans. D’un côté, les entreprises font de plus en plus souvent appel à des travailleurs indépendants ; d’un autre côté, les salariés se lancent de plus en plus à leur compte. Dans ce bouillonnement, Malt propose aux entreprises de trouver la personne qui leur convient et assure aux freelances une sécurité, notamment en terme de rémunération.

« Le marché du digital nomad existe, mais il reste rare. Plus fréquents, les freelances installés localement : un parisien qui travaille ponctuellement avec des entreprises basées à Paris. » Vincent Huguet connaît bien le fonctionnement du freelancing. Dans une vie antérieure, il faisait régulièrement appel, côté clients, à des freelances, ces travailleurs non affiliés à une société en particulier et proposant leurs compétences et leurs services au gré des missions. En 2013, il crée Hopwork – devenu Malt cet automne – avec deux autres cofondateurs, Hugo Lassiège et Jean-Baptiste Lemée, deux développeurs. Le concept est simple : permettre à des entreprises de toute taille de trouver rapidement, et à proximité de l’entreprise, des freelances de qualité ; et pour les travailleurs indépendants, être visible et avoir l’assurance d’être payé légalement et dans les temps. Bref, faciliter la vie de tout ce petit monde alors que le freelancing croît à vitesse grand V.


Selon Eurostat, les freelances sont 830 000 en France, en augmentation de 20% par rapport à il y a seulement quatre ans. En Europe, selon l’EFIP, ils seraient 9 millions et représenteraient jusqu’à 25% des actifs.  Précarisation, évolution du monde du travail, liberté pour le freelance, flexibilité pour l’entreprise… Pour y voir plus clair, Hopwork et Ouishare ont réalisé une étude sur le freelancing, conduite par Laëtitia Vitaud, spécialiste du futur du travail et enseignante à Sciences po et Paris Dauphine. Plus de 1000 indépendants (issus de la plate-forme Hopwork) ont répondu aux questions. Résultats, les freelance interrogés sont plutôt satisfaits (à 75%) d’une situation qu’ils ont choisi (à 90%).

60 000 profils et 2 500 nouveaux par mois

A l’automne, Hopwork est devenu Malt, comme pour assoir une certaine maturité. L’entreprise embauche une dizaine de personnes à Lyon, six personnes à Madrid et 55 à Paris. Malt, c’est donc une plate-forme sur laquelle les entreprises viennent chercher un freelance comme une personne chercherait un appartement sur Airbnb. Un moteur de recherche à freelance, avec des critères à intégrer pour affiner son choix. 60 000 profils sont disponibles sur Malt, du graphiste au designer, du photographe au développeur. Et 2 500 nouveaux profils apparaissent chaque mois sur la plate-forme, « Un tiers IT, un tiers image et un tiers communication-marketing ». « Il est indispensable d’en avoir beaucoup car il s’agit de secteurs où il y a peu de chômage, peu de pénurie et les profils sont très spécialisés », indique Vincent Huguet. Inutile dans ces circonstances de faire de la prospection, les freelances viennent d’eux-mêmes sur Malt, grâce au bouche-à-oreille.

Qui sont les freelances qui proposent leurs services sur le site ? Selon l’étude, parmi les 830 000 freelances, 490 000 seraient spécialisés dans les services aux entreprises et représenteraient la plus forte augmentation annuelle (+11%). En moyenne a comptabilisé le rapport, ils ont 35 ans, avec un gros du cortège entre 26 et 30 ans (25%) et entre 31 et 35 ans (23%) et un regain d’intérêt pour l’indépendance après 45 ans (17%). 60% sont des hommes, et 40% sont des femmes. Surtout, 90% des freelances interrogés le sont par choix.

Chez les freelances, notamment dans le numérique, il est fréquent de parler de « slasheurs » ces personnes qui endossent plusieurs casquettes dans la semaine, comme graphiste/designer/communiquant. Ainsi, 36% des travailleurs indépendants déclarent avoir plusieurs cordes à leur arc. Enfin, ils ont tendance à travailler chez eux 3,5 jours par semaine et le reste du temps sont chez les clients ou dans des espaces de coworking.  

Flexibilité  

Si les freelances sont à la recherche de liberté, de diversité, de gestion de leur temps… Que recherchent les entreprises quand elles font appel à un indépendant ? Flexibilité et agilité. Deux termes qui sont au cœur des transformations des entreprises. « Les clients peuvent trouver des profils différents, mais complémentaires, car ils ne sont pas dans la verticale sur Malt », remarque Vincent Huguet qui espère « donner envie » aux entreprises d’aller chercher d’autres profils sur le site. « Certains clients sont très à l’aise avec le self-service », a-t-il constaté. En revanche, selon ses observations, « plus l’entreprise est grande, plus elle a besoin d’être accompagné dans sa démarche. » Malt, qui indique travailler avec 60% du Cac40, a une équipe de dix personnes entièrement dédiée aux clients corporate.

« Les entreprises ont besoin de plus d’agilité », insiste l’entrepreneur. « Il est de plus en plus fréquent pour elles de fonctionner en mode projet. » Rien d’étonnant à ce que 35 000 clients, essentiellement TPE et PME se pressent sur Malt à la recherche de la perle parfaite pour une mission ponctuelle. D’autant que la start-up développe tout un ensemble de services, de l’accompagnement aux conseils juridiques en passant par le comptable et les soirées réseautage.

Depuis sa création, Malt a levé 7 millions d’euros auprès de business angels et de fonds d’investissements. Son modèle économique repose sur une prise de commission de 5 à 10% sur les freelances, « car nous les déchargeons de l’administratif », et des frais de 5 à 7% prélevés aux entreprises.

Si les profils des freelances sont visibles par la plate-forme rendant possible leur embauche ponctuelle par différentes entreprises, parfois concurrentes, aucun risque d’espionnage industriel assure Vincent Huguet. « Une contractualisation s’effectue en ligne, tout est archivé et la confidentialité est strictement requise et indiquée dans le contrat », souligne l’entrepreneur. Deuxième filet de sécurité, toutes les missions sont couvertes par Axa. Enfin, freelances et entreprises sont évalués. Autant de raisons pour les indépendants de passer d’un grand groupe à une start-up, et inversement, pour gagner en crédibilité et en visibilité.