Intégrant la première promotion de l’incubateur HEC de la Station F qui ouvre officiellement ses portes ce matin, Hamdi Ouaissi – lui-même diplômé de la prestigieuse école-  fondateur de la plateforme « Lecontratdetravail.com», start-up de la « LegalTech » permettant l’automatisation de documents juridiques et démocratisant l’accès au droit, revient pour Forbes France sur sa fierté de faire partie de l’aventure tout gardant la tête froide, arguant que le plus dur commence.

Quel est votre sentiment au moment d’intégrer l’incubateur de start-ups Station F, projet pharaonique tant attendu, qui ouvre officiellement ses portes ce jeudi ? Pouvez-vous nous présenter, plus précisément, l’incubateur HEC au sein duquel vous allez évoluer durant toute cette aventure ?

Une grande impatience et une immense fierté de pouvoir vivre cette saine émulation aux côtés de nombreux acteurs qui vont prendre leurs quartiers au sein du plus grand campus de start-ups au monde. Plus spécifiquement, l’incubateur que nous intégrons, en l’occurrence HEC, occupera une surface de 700 m2 (34 000m2 pour l’ensemble de la Station F ndrl) avec, en son sein, entre 70 et 80 start-ups. Il s’agit pour nous d’une opportunité unique de nous retrouver au « cœur du réacteur », si j’ose dire, de l’écosystème et de bénéficier ainsi des conseils, de l’expertise mais également du « fameux retour  d’expérience » de « notre voisinage », en l’occurrence les autres structures installés au sein du « pool » HEC. Pour en venir à la seconde partie de votre question, la réputation et la qualité d’accompagnement de l’incubateur HEC n’est plus à faire. Malgré ces éléments, il ne s’est pas reposé sur ses lauriers et n’a cessé de se renouveler ces dernières années pour accompagner d’une manière plus efficace les start-ups. La sélection y est assez difficile, pour ne pas dire draconienne. Les « incubés » bénéficieront, ici, du talent et de l’expertise de tous les intervenants HEC, notamment ceux qui président aux destinées du centre d’entreprenariat d’HEC. Diplômé moi-même de cette école de commerce, je connais l’excellence et l’exigence de ses enseignements. C’est une occasion unique d’en faire profiter mes associés et notre structure.

Comme vous venez de l’évoquer, la sélection est particulièrement exigeante. Quelles sont les conditions pour y entrer et comment a germé dans votre esprit la volonté de « candidater » ?

Tout d’abord, la sélection a le mérite de mettre en exergue des start-ups aux  thèmes de prédilection divers et variés. Pour notre part, nous faisons de la LegalTech (service juridique) mais il y aura également des jeunes pousses spécialisées dans la FoodTech, d’autres dans la technologie pure, etc. Cela obéissait à la volonté initiale des décideurs d’HEC de participer à la saine émulation, évoquée en préambule et bénéficier ainsi du « regard » des autres start-ups qui, si elles sont différentes, sont confrontées à des thématiques identiques, comme tous les entrepreneurs. Que ce soit en termes de structuration, de pricing ou encore de marketing digital. Concernant notre candidature, celle-ci a pris corps en début d’année. Nous avions décidé de candidater à la fois à l’incubateur HEC mais aussi à Station F. Et nous avons eu le bonheur d’apprendre que, cette année, HEC allait s’installer au cœur même du campus. Dès lors, nous avons mis toute notre énergie dans notre candidature au sein de l’incubateur HEC. Le processus de sélection exige de passer devant un jury d’entrepreneurs et de professionnels – avec une présélection sur dossier -. Un processus particulièrement exigeant mais qui nous permet aujourd’hui de faire partie des heureux élus et d’intégrer cette première promotion.

Votre plateforme baptisée Lecontratdetravail.com appartient à l’univers encore méconnu de la LegalTech. Pouvez-vous nous détailler votre offre et ce qui constitue le cœur de votre activité ?

Lecontradetravail.com s’attaque à la problématique de l’accès au droit. Aujourd’hui, pour obtenir des documents juridiques de qualité, deux possibilités s’offrent à vous : faire appel à un expert qui, le plus souvent, propose des tarifs élevés pour ne pas dire prohibitifs ou recourir à internet qui offre une alternative plus abordable, financièrement parlant, mais peu sécurisée. Fort de ce postulat, nous avons créé, mes trois associés et moi, une plateforme automatisée de documents juridiques – même complexes- qui permet à nos clients (juristes, entrepreneurs, avocats ou grands groupes) d’obtenir des documents de qualité dans les plus brefs délais à des tarifs résolument attractifs. Notre start-up, officiellement dénommée LexDev, a vu le jour en novembre 2016, mais nous avons mis plus de deux ans à mettre sur orbite la plateforme de rédaction automatisée. A l’heure actuelle, nous sommes les seuls à proposer l’automatisation personnalisée d’un contrat de travail selon la convention collective de l’entreprise grâce à des algorithmes particulièrement puissants, ce qui intéresse particulièrement nos clients à l’aube d’une réforme du droit du travail qui va accorder la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, ajoutant ainsi une couche normative supplémentaire rendant nécessaire d’individualiser davantage les contrats de travail. Nous sommes donc quatre associés évoluant en parfaite symbiose, alliant le technique et le juridique. Deux avocats ou ex-avocat pour ma part, et deux développeurs informatiques.

Qu’attendez-vous, en termes de développement et de perspectives, de l’incubateur HEC ?

Nous allons pouvoir confronter notre manière de faire, et pourquoi pas la faire évoluer. Nous ‘challenger’ également, échanger sur les bonnes pratiques et profiter du « fameux retour d’expérience » que j’évoquais dès votre première question et, grâce à cela, éviter ou contourner certains obstacles qui pourraient freiner notre développement et nos perspectives. Mais cela va dans les deux sens, bien évidemment. Nous allons également pouvoir prodiguer et distiller des conseils sur ce que nous avons pu vivre -de manière positive ou négative- au cours des deux dernières années qui ont jalonné l’aventure Lecontratdetravail.com. Toutefois, intégrer la station F n’est absolument pas une fin en soi. En tant qu’entrepreneur, rien n’est jamais acquis. Ce nouvel environnement va favoriser et contribuer au développement et à l’émergence de notre start-up mais ne va pas nous donner les clés de la réussite et du succès de notre projet. Tout va reposer sur le travail, la persévérance, la résilience également. Et nous allons nous y atteler.