« Passe ton bac d’abord ! » Un diplôme d’enseignement supérieur serait-il l’unique sésame permettant d’ouvrir les portes de la réussite ? 

Il semblerait qu’obtenir un diplôme ne soit pas l’unique sésame permettant de réussir, comme le prouvent les exemples de milliardaires américains et entrepreneurs à succès en France et à travers le monde. À bien y regarder, Ralph Lauren, Richard Branson, Steve Jobs et Bill Gates n’ont pas décroché de diplôme, alors qu’ils sont à la tête des plus grandes entreprises. En France, Xavier Niel et Alain Afflelou confirment la règle, les deux entrepreneurs ayant quitté leurs études afin de se consacrer pleinement à leur projet et à leurs ambitions. La question que l’on peut se poser de manière tout à fait légitime est la suivante : faut-il avoir un diplôme pour réussir ?


Les faits et les chiffres parlent d’eux-mêmes

Si l’on s’en tient aux chiffres, et notamment aux statistiques de l’INSEE, 8,6 % des femmes et 13 % des hommes ont créé leur entreprise alors qu’ils n’avaient aucun diplôme en poche. Du côté des diplômés, 51 % des femmes et 39,9 % des hommes sont d’abord passés par des études supérieures, puis obtenu le sésame avant de créer leur entreprise. Il est donc tout à fait compréhensible que l’obtention d’un diplôme, pour beaucoup, soit mise en parallèle avec la réussite professionnelle. Une équation simple et logique qui tient debout, si l’on considère simplement les chiffres et les faits.

Dans la réalité, sur le marché du travail, les entreprises sont avides de talents hautement qualifiés. Une réalité qui veut également qu’un jeune homme ou une jeune femme sans diplôme aura bien plus de mal à franchir les barrières des étapes du recrutement qu’un jeune diplômé, tout droit sorti d’une école d’enseignement supérieur.

À l’école, les élèves acquièrent des compétences et des connaissances variées, à travers un enseignement qui se veut à la fois généraliste et holistique. Après obtention du bac, les jeunes se dirigent vers des voies qui correspondent à leurs ambitions, à leurs compétences et à leurs préférences personnelles. Médecine, sciences, commerce, informatique… la liste des possibilités est infinie, mais l’objectif de tous ces jeunes est le même : obtenir un diplôme en vue de s’assurer un avenir meilleur et … « réussir ».

Cette réalité ne correspond pas nécessairement à tout le monde. En effet, certains élèves ont tendance à décrocher, parfois dès le collège. Cela veut-il dire pour autant qu’ils ne sont pas capables de s’assurer un avenir brillant ? Qu’ils sont condamnés à effectuer des tâches ingrates et à être soumis aux ordres d’un patron durant toute leur carrière ? Qu’ils n’évolueront pas ou très peu jusqu’à l’âge de la retraite ? Heureusement, les nombreux exemples prouvant que les autodidactes peuvent se forger une place de choix dans ce monde sont nombreux. On ne compte plus les jeunes entrepreneurs dont le parcours scolaire chaotique n’a pas empêché de créer leur start-up, même sans diplôme ! En outre, si le digital ouvre des portes à bon nombre d’autodidactes, ce secteur n’est pas le seul dans lequel il est possible de se faire un nom, même sans diplôme. En effet, la restauration et la grande distribution sont d’autres exemples de secteurs dans lesquels les François Pinault, Jean-Jacques Decaux et autres Xavier Niel de ce monde ont réussi leur carrière.

Réussir sans diplôme, cela est également possible lorsque l’on commence au bas de l’échelle en entreprise et que l’on gravit les échelons, comme le prouve le parcours de Philippe Algranti, PDG du groupe Système U.

Les ingrédients nécessaires pour réussir sans diplôme

Naît-on autodidacte ou le devient-on ? À cette question, il n’existe pas véritablement de réponse figée. Il est certain, néanmoins, que certains ingrédients inhérents aux connaissances, aux compétences et au caractère de l’individu participent à sa réussite professionnelle, qu’il ait un diplôme en poche ou non. Ainsi, les personnes qui envisagent la vie comme une suite d’expériences et une formation de longue traîne sont certainement celles qui auront le plus de chances de réussir. Des personnes qui savent identifier leur talent et qui saisissent les opportunités à bras-le-corps lorsqu’elles se présentent. Parler anglais ? Comprendre les rouages du marché des changes ? Apprendre les bases du codage ? Comprendre les mécanismes financiers et la comptabilité nationale ? Développer son langage corporel ? Avec de l’ambition, de la motivation et du bon sens, les compétences s’acquièrent aisément, même lorsqu’il n’est nullement question d’obtenir un diplôme.

On ne réussit pas sans diplôme par hasard. Les exemples de chefs d’entreprise outre Atlantique et d’entrepreneurs à succès en France montrent que la motivation et la passion ont largement contribué au succès d’individus de talent, au même titre que leur capacité à apprendre, à écouter et à comprendre, de manière à anticiper l’avenir et à réussir… même sans diplôme ! À bon entendeur …