La « silver économie » concentre tous les marchés s’adressant aux personnes âgées de plus de soixante ans. Benjamin Zimmer, diplômé de Centrale Supélec et fondateur de Silver Valley, un accélérateur d’innovation du secteur, lancera demain, vendredi 29 juin, Silver Alliance, un groupement d’entreprises consacré au bien vieillir à domicile. 18 chefs d’entreprises, représentant 500 000 clients, 25 000 emplois et un chiffre d’affaires prévisionnel d’un milliard d’euros en 2018, ont choisi le co-branding de marque pour accélérer le secteur. 

Il aura fallu attendre trois ans depuis l’émergence de l’idée à sa concrétisation : ce vendredi 29 juin sera officiellement lancé Silver Alliance, un groupement de 18 entreprises du secteur de la « silver économie » – l’économie des plus de soixante ans. « Le concept a été imaginé par Guillaume Richard, fondateur de Oui Care (leader français des services à la personne, ndlr) », raconte Benjamin Zimmer, ancien de Centrale Supélec, auteur et entrepreneur, aujourd’hui directeur de Silver Alliance.


« Son constat est de dire que seule, une entreprise ne peut intervenir sur tous les secteurs. Jusqu’à présent, quand un senior dit à l’intervenant à domicile qu’il rencontre des difficultés pour sa toilette, le professionnel peut présenter une solution, mais nul ne garantit que la recommandation sera fiable. » Face à cette problématique, Guillaume Richard décide de construire une alliance des entreprises du secteur de la « silver économie » à la fois pour rassurer les personnes âgées et leur famille, mais aussi pour permettre aux entreprises du secteur de croître en se recommandant les unes les autres.

Mutualiser pour être plus fort

Benjamin Zimmer a pris la tête de Silver Alliance en janvier dernier. Depuis, il a convaincu 18 chefs d’entreprises du secteur à rejoindre son alliance. Tous ensemble, ils représentent 500 000 clients, 25 000 emplois et 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires prévisionnel en 2018.

« Il s’agit de prendre en compte la personne âgée dans sa globalité et ne plus saucissonner ses problèmes. » Ainsi, un guide pratique, et un site internet ergonomique (www.silveralliance.com) proposent aux seniors et à leur famille des solutions à leurs difficultés. Six grandes thématiques ont été identifiées : profiter de mon temps, bien vivre chez moi, augmenter mon pouvoir d’achat, me simplifier la vie administrative, rendre mon logement plus confortable, veiller sur ma santé. Derrière chacun de ces thèmes sont rassemblées les informations pratiques et les coordonnées des entreprises de l’alliance.

En 2020, le secteur pèsera 130 milliards d’euros. Un phénomène de masse avec l’arrivée des « baby-boomers » dans la dernière tranche de leur vie. Et déjà en 2030, les plus de soixante ans seront 20 millions, contre 15 millions aujourd’hui, selon l’Insee. Benjamin Zimmer le répète : « nous ne sommes pas dans le monde des bisounours. La démarche est engagée, elle permet de  profiter également de l’évolution démographique : nous voulons être utiles, créer des emplois, développer nos activités. Un collectif d’entreprises se met au service des personnes âgées. »  

7% de dépendants et 10% de fragilisés

Attention, les séniors ont changé. « Les anciens nés avant la guerre ont eu l’habitude d’épargner et se disent qu’ils vieillissent mieux que leurs parents. Ce n’est pas du tout la même chose pour les personnes qui ont aujourd’hui 65-70 ans. Ils veulent choisir leur vieillesse, rester chez eux, en profiter, voyager… »

Contrairement aux idées reçues, les personnes âgées dépendantes ne représentent que 7% des plus de soixante ans, et les personnes fragilisées 10%. Un pourcentage qui risque d’augmenter : si l’espérance de vie reste élevée, l’espérance de vie en bonne santé décline. Tous ces facteurs poussent Benjamin Zimmer a pousser le concept de vieillissement positif.

Pour ce lancement, des entreprises de confiance ont rejoint l’aventure, dont O2, membre de Oui Care dont viennent Guillaume Richard et Benjamin Zimmer, des grandes entreprises comme Audika, mais aussi de plus petites structures. L’idée est d’élargir et permettre de couvrir 80 services différents. Pour rejoindre l’alliance, les entreprises doivent remplir un certain nombre de critères, signer une charte de valeurs, et s’acquitter d’une adhésion de 20 000 euros. « Nous apportons aux entreprises des outils d’aide à la transformation et la possibilité de toucher 500 000 clients », assume Benjamin Zimmer. Reste à savoir si les entreprises joueront le jeu. « C’est un écosystème de confiance qui permet aux personnes âgées de gagner du temps dans leurs recherches et donc trouver rapidement une solution à leurs envies et leurs besoins. »

Benjamin Zimmer souhaite rapidement passer à la vitesse supérieure en allant à l’international et en proposant à de grandes entreprises de l’énergie, de la prévoyance, de nouvelles alliances en marque blanche. Seul on va vite, mais ensemble on va plus loin, disait la maxime.