Comme une solution au problème d’une vie où rentrer assez tôt du bureau pour passer chez le boulanger et le poissonnier du quartier relève banalement du défi, l’application epicery vous livre leurs produits à domicile, dans l’heure et au même prix que sur leurs étals. Derrière la start-up 100 % foodtech, les fondateurs Elsa Hermal et Edouard Morhange vous font revenir aux fondamentaux en s’adossant à la technologie, avec la conviction profonde que cuisiner avec des produits de qualité est un rempart nécessaire contre la standardisation du goût et la perte de nos savoir-faire. Entretien avec Edouard Morhange.

A qui s’adresse votre epicery ?

epicery s’adresse à tout le monde, mais en particulier aux personnes actives et souvent débordées qui peuvent à tout moment commander et se faire livrer leur commerce ((boucher, poissonnier, primeur,… ) de proximité – et de qualité – dans un périmètre de 4 kilomètres. Et cela au même prix que si vous vous étiez déplacés chez eux.

Pourquoi le commerce de proximité ?

Les épiciers étaient les derniers à ne pas être passés par le numérique alors qu’aujourd’hui – en dehors des grandes enseignes de distribution – vous pouvez presque tout acheter. A ces commerçants des métiers de bouche un peu isolés et concurrencés par l’offre de la grande distribution, on propose une solution clé en main avec une plate-forme qui permet de mutualiser les coûts et où chacun pourra faire valoir son savoir-faire et élargir sa clientèle.

Quel a été le déclencheur de cette idée d’e-commerce de proximité ?

J’étais depuis très longtemps attentif au domaine de l’alimentation, déjà à titre associatif avec mon engagement auprès de la Jamie Oliver Fondation (qui milite pour que les enfants ne mangent pas des plats transformés à la cantine), et parce que je suis convaincu que si on prend tous à nouveau l’habitude de cuisiner avec des produits non transformés, on écarte 80 % des risques de maladies dans le futur, sans que cela nous coûte plus cher.

Quel est le modèle économique d’epicery ?

On touche un pourcentage des 400 commerçants « physiques » d’epicery qui prennent les commandes en ligne d’une nouvelle clientèle, composée de gens comme nous qui rentrent tard et n’ont rien dans leur frigo pour nourrir les enfants. Le coursier passe chez eux et va livrer les produits. Le client paie un prix de livraison fixe et a enfin accès à de bons produits.

Comment garantir la qualité ?

epicery s’inscrit dans une tendance lourde qui est celle de mieux manger. La qualité est au cœur de notre concept et des valeurs d’epicery. On accorde une attention vraiment particulière à la qualité des commerçants : ce n’est pas une place de marche où on peut tout vendre ! On s’est d’abord appuyé sur des experts de la « food », sur la connaissance de nos commerçants mais aussi celle des meilleurs ouvriers de France. Enfin on teste quasiment tout et on remonte les notes de nos consommateurs.

Quels sont vos concurrents ?

Il n’y a pas vraiment de concurrent dans ce secteur particulier, sinon quelques sites qui font de la vente en circuit court. En revanche on a un partenaire : Monoprix avec qui on propose une offre couplée pour les villes moyennes où les centres-villes sont de plus en plus désertés avec des commerces de proximité qui mettent la clé sous la porte. Pour Monoprix, cette « union » qui partage son trafic ( beauté, hygiène, vêtement, pack d’eau… ) avec les commerçants de bouche est un moyen d’empêcher la migration des consommateurs dans un « Carrefour ».

Un mot à ajouter ?

Dans l’alimentation on assiste actuellement à une forme de standardisation qui nous fait perdre tous les repères : il n’y a plus de saison et on se dépouille de nos savoir-faire locaux, principalement transmis par les commerçants. L’objectif d’epicery est d’être présent dans au moins 200 villes d’ici trois ans !

epicery, l’application de livraison de Courses à Domicile de Produits Frais