Sylvain Le Falher, Patrick Rousset et Xavier Coudert ont fondé en 2016 Hello Watt, une start-up spécialisée dans la donnée énergétique. Ils évoluent aujourd’hui rapidement sur ce secteur très porteur qu’ils ont repéré et analysé dès la naissance de leur projet.

Alors que le gouvernement annonce un objectif de 40% de la production électrique nationale issue des énergies renouvelables pour 2040, et que les experts encouragent les Français à changer leur mode de consommation face à l’urgence climatique, certaines start-up ayant anticipé ces challenges majeurs prospèrent. C’est le cas d’Hello Watt, une jeune pousse qui aide les particuliers à réduire leur consommation et leurs factures d’énergie. Créée en 2016, la start-up a commencé à embaucher il y a un an et compte aujourd’hui une trentaine de salariés. “Et notre prévision de croissance est très importante” précise Sylvain le Falher, le président et l’un des trois cofondateurs de la société. Permettre aux particuliers une économie d’énergie ainsi qu’une économie de portefeuille serait-il le combo gagnant ?

Surfer sur deux tendances

Quoi qu’il en soit, Sylvain Le Falher, Patrick Rousset et Xavier Coudert, se sont avant tout posé les bonnes questions pour estimer la viabilité de leur projet. “L’essentiel est de bien comprendre les attentes de ses clients”, estime le CEO.

Dans notre cas, le secteur de l’énergie n’avait pas trop bougé. Nous avons donc pu déterminer très vite une offre qui a du sens, en s’appuyant sur les grandes tendances du marché qui sont l’ouverture à la concurrence et l’arrivée des données détaillées de consommation.” En effet, depuis 2007, date de la libéralisation du marché de l’énergie en France, les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur d’électricité et de gaz. Cette liberté permet de ne plus être affilié au tarif réglementé d’EDF et de choisir une offre verte par exemple, ou moins chère. Un secteur porteur puisque, selon une enquête du médiateur national de l’énergie, un Français sur deux ignore encore qu’il peut changer de fournisseur. Une situation que les trois entrepreneurs avaient identifiée lors de la rédaction de leur business plan : “ On a très vite constaté que les particuliers ne savent pas ce qu’ils consomment et ignorent ce qu’ils peuvent mettre en place pour consommer moins.

Actualité plus récente sur laquelle se sont aussi appuyé les entrepreneurs : les compteurs communicants Linky, qui sont installés depuis 2016 dans les foyers français au rythme de 30 000 par jour. Ces appareils “nouvelles génération” ont la particularité de collecter des données très précises sur la consommation électrique d’un foyer. Celles-ci peuvent être commercialisées avec l’accord de l’usager : une aubaine pour les entreprises du secteur, puisque ces dispositifs équiperont 35 millions de logements d’ici 2021.

Des projets qui collent à l’évolution du secteur

Mais choisir un secteur porteur ne suffit pas pour créer une entreprise prospère. Encore faut-il avoir des perspectives d’avenir sur le long terme. “Nous avons pas mal de projets sur 2019 pour développer d’autres services”, confie Sylvain Le Falher. Les panneaux solaires donnent la possibilité à chacun de devenir son propre producteur d’énergie et leur prix est en baisse. “C’est donc très intéressant pour les propriétaires et nous ambitionnons d’accompagner les particuliers qui souhaitent se lancer dans l’aventure.” Avec 20 000 installations de systèmes d’autoconsommation en France, fin 2017, l’Hexagone évoluait plus lentement que le Royaume-Uni, l’Italie (700 000) ou encore l’Allemagne (1,5 millions). Mais le coût des installations solaires étant en baisse depuis 5 ans, les Français pourraient bien se laisser tenter…

Éviter la précipitation

Une fois le projet jugé fiable et le business plan bien ficelé, encore faut-il que le timing soit de la partie ! Les cofondateurs d’Hello Watt ont, eux, fait le choix de ne pas créer leur société à leur sortie d’école. “C’est intéressant de savoir comment fonctionne une entreprise de l’intérieur avant de monter la sienne”, témoigne notre interlocuteur. “Il y a des bonnes choses dans les start-up comme dans les boîtes plus classique. Avec Patrick et Xavier, on a monté Hello Watt après avoir travaillé 3 ans et on a un peu tout créé nous-même. Je pense que quand on sort de ses études, si l’on s’engage tout de suite dans l’entrepreneuriat, un certain recul peut manquer. Et puis, ce n’est pas toujours évident avec un prêt étudiant sur le dos…

Finalement, les trois amis n’auront passé que “3 ou 4 mois pour monter leur réseau partenaire” et grandissent aujourd’hui sans avoir besoin de réaliser de levée de fonds. “Le premier secret est de s’entourer des bonnes personnes, avec qui ont partage la même vision du projet”, conseille Sylvain Le Falher. “Le second est de tester votre idée le plus rapidement possible. Si votre business plan est bon et que vous avez envisagé l’évolution du marché sur quelques années, votre projet prendra vie.