Il est loin le temps où Bertile Burel et son compagnon de route, et mari, James Blouzard, arpentaient le monde équipés d’un sac à dos avec 20.000 euros en poche, pour assouvir leur soif d’aventures ! De leur exploration continentale et envie d’évasion, ils décideront de fonder en 2004 la société Wonderbox. Soit le début d’une success-story qui ne s’est jamais démentie. Le numéro 1 français du coffret-cadeaux  a exporté avec brio sa « boîte » à rêves au-delà de nos frontières. Le couple d’entrepreneurs enregistre aujourd’hui quelques 225 millions d’euros de chiffre d’affaires sur leurs différents marchés (Pays-Bas, Suisse, Espagne…). Entretien avec sa co-fondatrice, Bertile Burel. 

« Dénicher l’insolite, les adresses rares, les expériences  surprenantes, les premières fois » : Wonderbox s’appuie sur ce récit depuis ses origines en 2004. Quinze après, dans un marché mature, comment vous renouvelez-vous pour garder votre leadership en France ? 


Bertile Burel : Ce n’est pas un récit mais une réalité ! Nous avons été les premiers à lancer les coffrets « séjour insolite » sur le marché, notre coffret « Nuit insolite en duo » fait d’ailleurs toujours partie de nos best-sellers. Pour nous renouveler, nous misons sur les nouveaux concepts, nous avons par exemple, lancé les premiers coffrets cadeaux proposant des vols en avion, c’était une idée qui me tenait à cœur et qui a été compliquée à mettre en œuvre. Nous sommes malgré tout parvenus à introduire sur le marché cette innovation en commercialisant cette gamme de coffrets dès décembre 2017. Plus récemment, nous avons développé un tout nouveau concept de mini coffrets, la gamme « HAPPY », à partir de 10 € : soit les moins chers du marché ! Nous faisons en sorte de toujours garder une longueur d’avance en matière d’innovation sur nos concurrents pour conserver notre leadership. 

En 2018, vous avez enregistré un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros dans l’Hexagone et atteint 225 millions d’euros à l’échelle de vos autres marchés (Espagne, Italie, Belgique,  Suisse, Pays-Bas et Portugal). Où sont vos prochains relais de croissance et « Blue Ocean » ?


B.B : Notre levier, c’est l’innovation ! Aujourd’hui, Wonderbox est un groupe spécialiste du marché du loisirs et pas uniquement un acteur du marché du coffret cadeau. Nous avons lancé en 2016 le site wonderweekend.com qui propose des week-end associés à une activité de loisirs à prix attractif, nous venons d’élargir l’offre du site pour nous déployer sur les séjours d’une semaine à l’étranger.

En parallèle, notre stratégie de croissance est également externe avec la diversification sur des marchés connexes dans les pays dans lesquels nous sommes déjà présents, avec par exemple l’acquisition de la marque de coffrets cadeaux belge Vivabox, la négociation de partenariats noués avec la société OThéatro et la conquête sur des métiers identiques aux nôtres sur les territoires dans lesquels nous ne sommes pas présents. Je peux citer le rachat en 2017 de la société hollandaise Gift For You, qui nous a permis de mettre un pied dans le marché de la carte cadeau, puis en 2018, le rachat de la société portugaise Lifecooler pour toucher à la vente flash d’activités.

Le marché du coffret cadeau s’analyse principalement en termes de saisonnalité (fêtes de fin d’année, Saint-Valentin, fêtes de mères…), quelle est votre stratégie pour séduire le public en dehors de ces temps forts ? 

B.B : Il est vrai que notre premier temps fort commercial est Noël qui représente 50% de notre chiffre d’affaires annuel, toutefois, la seconde occasion d’offrir, ce sont les anniversaires, en fil rouge tout au long de l’année donc ; nous avons d’ailleurs créé une gamme baptisée « Joyeux anniversaire » pour répondre aux attentes de nos clients. Nous avons également identifié d’autres périodes clés pour sortir de nos trois temps forts Noël-Fête des mères/pères, comme par exemple la période juin-juillet, propice aux remerciements pour le corps enseignant, aux départs en retraite, aux mutations…Et enfin, nous ciblons également d’autres occasions d’offrir pour sortir des marronniers traditionnels (Noël, St Valentin, Fête des mères…), notre gamme de coffrets HAPPY à prix doux (de 10 à 25 €) nous permet de cibler les petites occasions du quotidien (invitation à un dîner, remerciements, achat d’impulsion…) 

Quelle est votre journée type d’entrepreneure ? 

B.B : En ce moment, ma journée type est très inhabituelle… puisque nous sommes en plein tour du monde en famille pour six mois ! C’est un peu un retour au source qui nous rappelle la création de Wonderbox il y a 15 ans.

Mais ma journée type habituelle commence vers 9h30 par des points rapides avec mes proches collaborateurs. Le créneau du déjeuner me permet de sortir des murs pour des rendez-vous de relations publiques ou alors personnels. J’apprécie également d’aller à la rencontre de jeunes entrepreneurs en quête d’investisseurs, cela fait partie de mon emploi du temps. Quoiqu’il en soit, j’essaie au maximum de conserver du temps pour la réflexion afin de ne pas avoir toujours la tête dans le guidon, tout en me ménageant un moment en fin de journée pour mes activités de loisirs : la sculpture ou le karaté. La soirée est consacrée à ma famille ou mes amis. 

“Notre levier, c’est l’innovation !”, répète l’entrepreneure Bertile Burel

Derrière Wonderbox, il y a un tandem marital. Comment vous répartissez-vous les rôles avec votre conjoint James Blouzard ?  

B.B : James se concentre plus particulièrement sur la stratégie et la partie commerciale, quant à moi, je suis plus impliquée sur l’opérationnel et l’encadrement des équipes Marketing/Digital, toutefois nous restons ‘interchangeables’ et souhaitons conserver cette flexibilité qui est un atout, à mon sens.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs désireux de se lancer en couple dans l’aventure entrepreneuriale ? 

B.B : Qu’il faut oser se lancer et se dire que le bon moment, c’est maintenant ! Beaucoup de personnes rêvent d’être entrepreneur mais peu osent franchir le pas. Il faut également parler de son idée autour de soi pour recueillir des commentaires positifs ou négatifs sur son projet, ils permettent d’affiner le concept.

Enfin, le fait de travailler avec son conjoint a un avantage énorme, lorsque la charge de travail est trop lourde, on peut compter sur l’autre pour en prendre une partie !