Le marché du livre et les libraires sont en souffrance depuis le confinement. On parle dans le milieu de l’édition d’« une vague de faillites » si « un dispositif de soutien fort »* de l’État n’est pas mis en place rapidement.

Parmi les premières victimes de la chute des ventes de livres, on suit une certaine logique avec les guides touristiques (-97 %), les livres d’art (-90 %) et ceux de sciences humaines (-84 %)… devant la littérature générale qui enregistre tout de même une baisse de 59 %. Seul secteur échappe à la catastrophe en cette période de confinement : le parascolaire dont les ventes ont baissé de seulement 1 % par rapport à l’an dernier et qui sont devenus les livres de chevet de tous les parents transformés en enseignants à domicile.  


Des chiffres révélés par le palmarès hebdomadaire des meilleures ventes de livres publié dans Livres Hebdo, GFK. Un effondrement de l’activité enregistré dès la « semaine 12 » (du 16 au 22 mars), première semaine du confinement général, donc de la fermeture des librairies physiques, décidée par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Une baisse historique confirmée par Antoine Gallimard, PDG de Madrigall, troisième groupe éditorial français qui révélait au quotidien Ouest France avoir « perdu presque 90% de [son] chiffre d’affaires ». De la fermeture des librairies aux petites maisons d’éditions qui en dépendent entièrement et qui sont menacées de mettre la clé sous la porte, certains secteurs du livre sont particulièrement impactés par la paralysie économique. Si le ministre de la culture Franck Riester a assuré sur France Inter avoir mis  en place « des dispositifs pour ne pas obliger les libraires à payer ce qu’ils doivent à leurs éditeurs », les éditeurs doivent en revanche se contenter de mesures (report des charges et des impôts, indemnité de 1500 euros pour ceux qui ont perdu leur chiffre d’affaires, fonds d’aide et facilités de trésorerie…) encore insuffisantes pour les maisons qui n’éditent que 5 et 10 livres par an et sont plus fragilisées par la privation de vitrine (ou dernièrement l’annulation du Salon du livre).

Pour tenter de maintenir le secteur qui emploie environ 50 000 personnes, le Centre national du livre a adopté un fonds exceptionnel de 5 millions d’euros pour l’édition. Une première enveloppe de 500 000 euros est destinée aux maisons d’édition dont le chiffre d’affaires est inférieur à 500 000 euros. Si les téléchargements de e-books se sont multipliés ces dernières semaines, la majorité des lecteurs semble encore allergique à ce dispositif et lui préfère le traditionnel format papier. Pour pallier l’interdiction d’ouvrir les librairies, la plateforme « Je soutiens ma librairie » dresse la liste de celles qui ont mis en place des actions de soutien pendant la période de confinement, et qui proposent par exemple des services de livraison ou de retrait.

*quotidien Ouest France “Edition et librairie, Antoine Gallimard met en garde”

 

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