Richard Branson, célèbre milliardaire britannique, est actuellement confiné sur son île dans les Caraïbes et demande aux gouvernements de soutenir son groupe Virgin, dont la compagnie aérienne Virgin Atlantic. Pourquoi ? Il semblerait que son empire meure à petit feu.

Malgré le glamour apparent et la publicité, la compagnie aérienne de Richard Branson semble être un mauvais investissement. En effet, Virgin Atlantic a enregistré des pertes sur cinq des sept dernières années. Son concurrent British Airways surpasse ses performances de loin. Malgré tout, l’entrepreneur n’est pas disposé à financer Virgin Atlantic à perte, ni à lui accorder un prêt qui pourrait ne jamais être remboursé.


À 69 ans, Richard Branson vise de nouveaux projets. Il est plus intéressé par l’exploration de l’espace et la protection des océans. Si sa contribution au voyage aérien ne peut être niée, le milliardaire cherche aujourd’hui à changer les choses durablement. Et pour ce faire, il cherche à investir plus judicieusement et à faire des dons plus intelligents.

Les compagnies aériennes fondées par Richard Branson perdent peu à peu en influence et en recettes. Par exemple, Virgin America a disparu après avoir été rachetée par Alaska Airlines. L’entrepreneur a déjà renoncé au contrôle total de Virgin Atlantic, en formant une co-entreprise avec Delta Air Lines.

Dans les faits, le gouvernement britannique a consenti à prêter 600 millions de livres sterling à EasyJet, mais a rejeté la demande de Virgin Atlantic. Certains disent que ce refus est lié au fait que Richard Branson n’est pas un contribuable britannique, puisqu’il vit dans l’archipel des îles Vierges britanniques.

La fortune nette de Richard Branson est estimée à 4,2 milliards de dollars, sur la base de la valeur de ses entreprises. Mais ses liquidités disponibles sont bien moindres, avec 520 millions de livres sterling. Il a déjà promis 250 millions de dollars pour aider ses entreprises et offre son île, Necker, en garantie de prêts.

Quoi qu’il en soit, le milliardaire a fait tout son possible pour aider Virgin Atlantic, dont il possède 51 % des parts. Delta Air Lines possède les 49 % restants. Il a déclaré cette semaine : « Nos entreprises basées au Royaume-Uni paient des impôts au Royaume-Uni ». Virgin Atlantic a cependant reçu un crédit d’impôt de 22 millions de livres sterling en 2018, et de 14 millions en 2017.

Malgré ces aides, l’entrepreneur demande toujours plus pour sauver Virgin Atlantic. Il a ainsi déclaré : « Nous aurons besoin de l’aide du gouvernement. Ce serait sous la forme d’un prêt commercial, ce ne serait pas de l’argent gratuit, et la compagnie aérienne le rembourserait ».

En 2018, Virgin Atlantic a enregistré une perte d’exploitation de 45 millions de livres sterling. La marge négative de Virgin Atlantic est de 1,6 %, contre 15,6 % pour British Airways. Pourtant, même lorsque l’époque était plus clémente, les résultats n’étaient pas suffisants. Les faibles marges bénéficiaires de Virgin dans les années 2000 ne lui ont pas permis d’obtenir un retour sur capital.

Il faut savoir que les créneaux des aéroports de Londres Heathrow et de Sydney sont pleins. Si Virgin Atlantic et Virgin Australia faisaient faillite, d’autres compagnies aériennes prendraient leur place, remplaçant les vols et les emplois. Mais pour éviter de subir un nouveau choc économique, les actionnaires font pression auprès du gouvernement pour obtenir des prêts.

Chez Virgin Australia, Richard Branson a fait baisser sa participation à seulement 10 %, car d’autres actionnaires ont injecté des capitaux au fil des ans. Mais aucun des autres actionnaires de Virgin Australia (dont Singapore Airlines) n’a souhaité apporter de fonds ou prêter de l’argent à la compagnie britannique, alors que la situation se détériore de jour en jour.

Le gouvernement australien a refusé un prêt, qui aurait pu être converti en actions Virgin Australia, alors que la compagnie connaît une situation complexe. Richard Branson a annoncé : « Dans la plupart des pays, les gouvernements fédéraux sont intervenus […] pour aider leurs compagnies aériennes. Malheureusement, cela n’a pas été le cas en Australie ». Le soutien des gouvernements est allé en priorité aux compagnies aériennes ayant fait des bénéfices : EasyJet, Singapore Airlines, et des compagnies américaines.

Selon les gouvernements, le coronavirus ne devrait pas mettre en faillite les entreprises qui sont habituellement rentables. Malheureusement, les compagnies aériennes de Richard Branson étaient déjà déficitaires avant la pandémie, alors que leurs concurrents réalisaient des bénéfices records.

Le milliardaire a déclaré : « Nous sommes résolus à voir Virgin Australia se remettre en marche rapidement. Nous travaillerons avec le gouvernement et l’équipe de direction de Virgin Australia, avec les investisseurs et avec le gouvernement pour que cela se réalise ». Il n’a néanmoins pas précisé comment sa participation dans le groupe Virgin pourrait y contribuer.

Il est important de noter que les autres entreprises aéronautiques de Richard Branson ont disparu depuis longtemps : Little Red, Virgin Nigeria et Virgin Sun.

 

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