Qu’est-ce que l’habitat participatif ? Depuis quelques années ce concept immobilier résidentiel avec des espaces extérieurs collectifs correspond à une demande croissante de personnes séduites par « un état d’esprit » où l’humain et l’écologie sont au coeur du logement. Avec son concept baptisé « My Wood Loft » de résidences 100 % bois à taille humaine, le fondateur de Valoptim* Edouard Pellerin souhaite décloisonner l’habitat.

 


Désirée de Lamarzelle : Quel est le profil type du client de l’habitat participatif ?

Edouard Pellerin : C’est d’abord un acquéreur désirant se loger dans un habitat sain et respectueux de l’environnement. Il n’achète pas un bien immobilier mais une qualité de vie ou chacun peut profiter collectivement d’espaces communs (jardins, potagers, aires de jeux etc..) avec le souci de respecter l’environnement (tri sélectif, mis en compost des déchets verts, gestion d’une faune et flore).  Il a également un espace extérieur – en moyenne 30% de surfaces extérieures individuelles- sous formes de balcons, jardins, terrasses et ce sans compter les espaces communs (jardins collectifs, potagers). Globalement le profil type est célibataire ou en couple avec enfants : notre « client participatif » recherche une nouvelle manière de « vivre l’immobilier », à taille humaine, à mi-chemin entre la maison individuelle et la grande résidence où les habitants ne se connaissent pas, n’échangent pas et ne « collaborent » pas à une cause commune.

 

 

Comment conduire avec les acquéreurs ce projet immobilier participatif ?

Les acquéreurs se rencontrent dès la phase conception au travers de réunions où ils font connaissance avec leurs futurs voisins et prennent une part active à l’élaboration ciblée des ouvrages de leur futur habitat. Ils veulent également comprendre les process de certification et de labellisation de leur futur bien commun. C’est utopique de penser que nous pouvons questionner chaque acquéreur à chaque étape du projet, mais nous concevons un lieu de vie et une qualité de vie pour que nos clients y adhèrent et ces derniers disposent de larges choix sur les matériaux privatifs jusqu’à celui de retenir des matériaux biosourcés afin de pouvoir personnaliser leurs lofts. Par exemple ils peuvent être conviés à terminer par exemple la construction d’ouvrage commun, comme celui d’un mur à microfaune au sein d’une flore spécifique avec l’accompagnement d’un médiateur.

 

 

 L’habitat participatif peut-il répondre à des demandes ciblées comme le co-living étudiant, ou même senior ?

Pour le moment non mais il est évident que nous sommes prêts à mettre à profit ce type de construction au profit de résidences de services qu’elles soient à destination des séniors ou des étudiants. Dans un cadre « d’habitat participatif », nous envisageons bien volontiers de faire des opérations de types rénovations jusqu’à une restructuration lourde avec un objectif environnemental fort et où l’économie circulaire prendrait une part importante dans le projet. Donner une seconde vie à un bâtiment existant, respectueux de l’environnement tout en accordant du bien-être à ses occupants est un de nos souhaits et une motivation certaine de notre organisation.

 

Y aura-t-il également des locaux professionnels  ?

C’est vrai qu’il y a de plus en plus d’autoentrepreneurs qui souhaitent recevoir des clients et des fournisseurs sur le lieu de travail au sein d’un « habitat participatif », donc nous prévoyons dans nos prochains programmes des lieux d’échanges couverts permettant aux acquéreurs d’échanger à l’instar des espaces extérieurs communs que nous prévoyons déjà. Les rez-de-chaussée pourront tout à fait être dédiées au monde professionnel afin de proposer cette mixité bureaux/habitations, nous l’avons du reste déjà fait dans nos lofts de Montreuil où ces parties sont dédiées à des locaux d’activités.

 

Comment se porte le marché immobilier post Covid ?

Le marché reste très demandeur de petites surfaces (moins de 40m2) tant pour les primo accédants que pour les investisseurs qui continuent à trouver dans Pierre la valeur refuge par excellence doublée de perspectives de belles plus-values à moyen terme . Cependant, nous sommes dans l’attente du mois de septembre car les taux bancaires ont augmenté de 0,60 %, les banques ont durci les conditions d’obtention de prêt et la confiance en l’avenir est plus incertaine. De plus les communes de la première couronne et notamment le 92 reste très tendu alors que Paris est plus modéré, sinon les demandes de biens avec terrasse et jardin explosent suite aux 2 mois de confinement

 

Et pour le groupe Valoptim ?

Le marché immobilier des VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) reste très tendu après la période de confinement mais il l’était déjà beaucoup avant, l’offre étant nettement inférieure à la demande. La délivrance de permis de construire ; les signatures de contrat de réservation et de VEFA non signés pendant la période de confinement se sont en fait reportés à l’après confinement, donc actuellement nous rattrapons le temps perdu. Mais notre démarche environnementale mettant l’humain au cœur de nos process de réalisation est très appréciée et fortement différenciante sur notre secteur d’activité.  La qualité de vie devient une préoccupation permanente, dont le critère d’« un extérieur prolongeant l’intérieur » qui est devenu prioritaire chez nos clients. La niche de marché sur laquelle nous sommes est très étroite et les acquéreurs sont très captifs.

 

Comment se construit un projet comme « My Wood Loft » ?

«My Wood Loft c’est d’abord une synergie de compétences d’une équipe engagée au sein d’une structure à taille humaine dont le management est « collaboratif ». Le choix de la construction 100% bois pour un impact carbone réduit, nous a mené à être plus exigeant envers nous-même sur le plan environnemental et humain. La prétention n’était pas de « sauver la planète », mais de participer à la prise de conscience sociétale de la préservation nécessaire de la biodiversité dans nos espaces naturels : « My Wood Loft » est modestement une solution locale pour un projet global. Et comme il ne s’agit pas que de bien faire, il faut le prouver, nos programmes sous la marque « My Wood Loft » sont réalisés dans un engagement de certification NF Habitat HQE niveau supérieur, de labellisation Energie Positive Bas Carbone et Biodiversité.

 

Vous inscrivez-vous dans les projets de rénovations thermiques de bâtiments prévus par le gouvernement dans le cadre de leur plan de transition écologique ?

Nous n’attendons pas celles-ci pour concevoir et mettre en œuvre des bâtiments bas carbone mais au contraire nous sommes plus qualitatifs et performants que les exigences. La labellisation Energie Positive bas Carbone (E3C2), est un niveau très performant en termes d’impact carbone réduit, par conséquent la quasi-totalité des matériaux sont écologiques comme le bois en structure et parement, les revêtements de sols en toile de jute imperméabilisée par application d’huile de lin et poudre de bois ou en liège. Nous utilisons également des matériaux biosourcés comme la laine de mouton pour l’isolation thermique des halls, par exemple.

 

Qui sont vos concurrents ?

Tous les promoteurs immobiliers sont des concurrents à notre activité, cependant très peu d’entre eux tournent leurs opérations résidentielles avec des exigences aussi performantes en termes thermiques, acoustiques et de conforts.

 

 

 

*Valoptim en chiffres ?

La société Valoptim est promoteur et transformateur de valeur immobilier, dont le siège est situé à Colombes. Crée en 2005 par Édouard Pellerin, la société promeut les habitations neuves.

  • Une quinzaine de collaborateurs
  • Un CA promotion d’opérations en cours d’environ 30 millions d’euros soit 200 logements environ
  • Un objectif de CA en promotion d’environ 100 millions d’euros sous 36 mois
  • Une foncière gérée en interne d’environ 30 millions d’euros