Passionné par la vie politique et citoyenne depuis ses 14 ans, Maxime Peyret Lacombe, maître d’œuvre de la CivicTech « ParlonsPo », mobilise son énergie pour renouer le fil trop souvent distendu unissant les citoyens et leurs élus. Pour mener à bien ce projet – dont il espère faire bénéficier les collectivités locales dès la rentrée prochaine -, le jeune homme lance sa première campagne de levée de fonds.

« J’ai eu l’idée de ParlonsPo en 2014, lors des municipales, après la lecture d’un sondage qui révélait que seulement 25% des Français faisaient confiance au président de la République alors que le maire obtenait une cote de confiance de 75 % ». Fort de ce postulat, Maxime Peyret Lacombe, bachelier en 2016, peaufine et cisèle les contours de son projet… tant que la défiance des Français à l’encontre de la vie politique n’est pas aussi importante à l’échelle locale que nationale. Son ambition : recréer les conditions de l’échange entre l’édile et ses administrés. Une vraie démocratie participative, en somme, loin des slogans et des effets d’annonce. Au-delà du dialogue, les Français – et cela a été particulièrement criant lors des dernières échéances électorales – réclament de plus en plus de transparence à ceux à qui ils offrent leurs suffrages. Une opacité désormais révolue, aux dires du jeune entrepreneur. « Il n’est pas bon d’avoir des documents cachés dans des centaines de classeurs et des rapports imprimés sur des imprimantes matricielles. Les citoyens exigent de plus en plus de transparence de la part de leurs élus et, trop souvent, les gouvernements n’ont aucun moyen de fournir une explication suffisamment claire et précise sur la manière dont l’argent des contribuables est utilisé », explique le jeune homme. Un diagnostic empreint de lucidité mais qui, comme toute analyse, ne résout pas les problématiques susnommées. Mais Maxime Peyret Lacombe pense avoir trouvé la parade.

Dans le détail, ParlonsPo a vocation à mettre à disposition des citoyens et des élus locaux une application mobile et une interface web qui permettront aux deux parties d’entrer directement en relation. Cette application et cette interface donneront la possibilité aux citoyens de dialoguer directement avec le maire, et de proposer des projets locaux. Pour les collectivités, ces outils possèdent également une réelle utilité puisqu’ils leur permettront de recueillir plus facilement les doléances des citoyens et y répondre de manière la plus efficiente possible et en parfaite adéquation avec les données récoltées. Bien conscient du fait que chaque commune est différente par essence, le jeune entrepreneur prévoit d’insérer, au sein de ladite interface, des fonctionnalités spécifiques à chaque territoire. « A terme, ParlonsPo pourrait également mettre en place des bornes numériques, afin de permettre à un encore plus grand nombre de citoyens de s’exprimer », souligne l’ambitieux jeune homme qui n’a pas encore soufflé ses vingt bougies.

« Trois piliers »                       

Désireux de réconcilier les Français et la démocratie – tout un programme ! -, Maxime Peyret Lacombe déroule ainsi son « offre » et nous fait pénétrer dans les tréfonds de son application qui repose sur trois piliers bien distincts :

  • Un réseau citoyen indépendant sur application mobile qui stimule la participation citoyenne à l’échelle locale.
  • Une plateforme de stockage, de gestion et de protection de données qui organise l’intelligence collective sur les thèmes propres au vivre-ensemble.
  • Une interface de gestion et d’aide à la décision pour les élus souhaitant améliorer leur agilité et leur efficacité au sein des territoires.

But ultime : insuffler une nouvelle dynamique à la démocratie locale, en y intégrant de manière plus systématique le citoyen. « ParlonsPo est un outil d’utilité publique qui permet d’agir facilement et concrètement contre la crise majeure qui frappe toutes les démocraties. Il est important de s’appuyer sur le capital confiance dont bénéficie le maire pour réengager les citoyens au niveau local afin qu’ils développent leur ville avec leurs élus », déroule Maxime Peyret Lacombe. Mais ce dispositif « gagnant-gagnant » permet également aux citoyens, via cette interface, de suivre toute l’actualité de leur commune, et d’être également « force de propositions ». Citons pêle-mêle la possibilité de proposer des projets à leurs élus locaux, de signaler un dysfonctionnement au service approprié afin que celui-ci soit traité dans les meilleurs délai,s ou encore être alerté – via un push sur son smartphone – en cas de grève de cantine ou de travaux de voirie par exemple. 

Crowdfunding et école d’entreprenariat

L’initiative est développée en partenariat avec le Vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux, Vice-président de la Région Aquitaine Délégué aux relations internationales entre 2008 et 2016. Autres soutiens : OpenData France, Civic Tech France, Smartcity France, BigData France, SmartData France et Peyret Lacombe Innovation. Mais le jeune homme a également posé les jalons d’une campagne de crowdfunding pour accélérer le développement de son interface avec pour objectif de toucher 1000 communes en 3 ans. Après un bac scientifique obtenu en 2016, Maxime Peyret Lacombe a délaissé les travées de l’université pour se lancer corps et âme dans ce projet. Il se donne désormais une année pour relever le défi et va, en ce sens, suivre une formation dans une école d’entrepreneuriat et bénéficier ainsi du statut d’étudiant-entrepreneur. « Cela va me permettre de continuer à développer ma solution technologique qui peut transformer en profondeur la façon dont les communes fonctionnent. Elles vont en effet pouvoir mieux servir leurs citoyens et prendre des décisions fondées sur des données concrètes ! ».

Un statut « magique » ? Le jeune homme garde la tête froide « Je pense que le statut d’étudiant-entrepreneur n’ouvre pas autant de portes que ce que l’on dit mais il permet d’être encadré pour mener un projet en même temps que ses études dans les meilleures conditions possibles. Le plus important c’est que ce statut me permettra d’être reconnu et m’offrira davantage de crédibilité face aux banques, aux fournisseurs ou aux clients potentiels ». Mais n’en oublie pas de rêver plus grand. « J’ai aussi candidaté à Station F, le plus grand incubateur de start-up du monde. Si je suis pris, je mettrais tout de côté pour m’investir à 100 % dans cet incubateur de rêve ! ». C’est tout le mal qu’on lui souhaite.