Alors que les start-up en Europe et aux États-Unis développent leurs business models autour d’idées pour révolutionner le marché, les start-up brésiliennes grandissent en résolvant des inefficacités. La population importante fait du pays une destination attractive pour les entrepreneurs qui veulent se faire une place parmi les licornes vert et jaune. Pour rappel, les licornes sont des start-up qui ont dépassé une valorisation d’un milliard de dollars. 

Le Brésil a ainsi gagné ses trois premières licornes cette année : l’application de transport « 99 », achetée en janvier dernier par la plate-forme de transport chinoise Didi ChuXing, est évaluée à $ 1 milliard ; Nubank, une start-up qui gère des services financiers en ligne, dépasse les 2 milliards de dollars ; PagSeguros, une société de paiement en ligne, est également devenue une licorne après une introduction au Nasdaq.

Le Brésil compte environ 62 000 entrepreneurs et 5 100 start-up, soit plus du double qu’en 2012, selon l’Association des Start-up brésiliennes (ABStartups). Ces nouvelles start-up ont reçu 45,4% des investissements en capital-risque en Amérique latine en 2017. 

L’Association latino-américaine de Private Equity & Venture (Lavca) estime que 859 millions de dollars ont été investis dans 133 opérations. Sur ce total, 20% ont été destinés au secteur des technologies financières qui, au Brésil, travaille souvent dans des zones non desservies par des institutions traditionnelles, souligne un article du journal « Valor Economico ».

Les sociétés qui répondent aux problèmes structurels et sociaux, tels que l’inclusion financière ou l’amélioration des systèmes de transport et de logement, gagnent du terrain. L’application 99, par exemple, est apparue en 2012 pour connecter les chauffeurs de taxi avec les passagers. Nubank a créé une carte 100% numérique sans frais annuels et avec des tarifs réduits par rapport aux cartes de crédit traditionnelles.

Les entrepreneurs au Brésil restent cependant confrontés à des obstacles comme la régulation fiscale qui diffère entre les États, ou encore le manque de synergies entre les universités et les sociétés. À São Paulo, où se trouvent environ 40% des start-up du pays, le délai moyen pour créer une entreprise est de 74 jours.  

Le sentiment général pour les entrepreneurs est donc de voir le verre à moitié plein. Le pays a ses premières licornes, attire l’attention des investisseurs et des grandes entreprises et est en pleine croissance. 

Si au début des années 2000 l’Argentine était l’épicentre pour la création de start-up technologiques en Amérique latine, aujourd’hui le scénario est très différent. « Lorsque nous avons démarré l’entreprise il y a 20 ans, l’écosystème technologique le plus dynamique d’Amérique latine se trouvait à Buenos Aires. Aujourd’hui, c’est à São Paulo» a déclaré Hernan Kazah, l’un des fondateurs de Mercado Libre, la plus puissante start-up de la région, au journal « Folha de S. Paulo ».