Portés en partie par un marché des actions en bonne santé, les 400 Américains les plus riches ont de nouveau vécu une année sans précédent. L’actif net minimum pour rejoindre ce club très fermé a bondi à 2,1 milliards de dollars, soit 100 millions de plus que l’an dernier, et sa valeur la plus haute jamais atteinte. L’actif net total du groupe représente 2,9 billions de dollars soit une hausse de 7% depuis 2017 et un nouveau record. La moyenne du classement est de 7,2 milliards (comparé à 6,7 milliards en 2017), mais est tirée vers le haut par les premiers du classement : la moitié de la richesse totale est détenue par les 45 personnes les plus fortunées du pays.

Pour la première fois depuis 1994, le numéro 1 a changé : Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon.com a mis fin au règne de 24 ans de Bill Gates. Bezos est également le premier à figurer dans le classement avec une fortune de plus de 100 milliards de dollars (son actif net est actuellement de 160 milliards), et la personne s’étant le plus enrichie cette année : il a engrangé 78,5 milliards depuis l’an dernier, grâce à l’action Amazon dont la valeur a plus que doublé. Il s’agit du plus grand gain de richesse en un an depuis la création du classement Forbes. Bill Gates, quant à lui désormais à la deuxième place, obtient une valeur remarquable de 63 milliards. À eux seuls, les dix Américains les plus riches valent près de 730 milliards (contre 610 en 2017). À de telles hauteurs, la plupart des milliardaires du pays (204, encore un record) n’ont pas réussi à atteindre ce cercle encore plus fermé.

En termes de pourcentages, c’est Jack Dorsey, PDG de Twitter et de Square (une entreprise de paiement mobile), qui a fait le meilleur score : sa fortune a augmenté de 186 % depuis l’an dernier pour atteindre 6,3 milliards, une hausse soutenue principalement par l’augmentation de la valeur de l’action Square. En revanche, le plus grand perdant comparé à l’an dernier est George Soros, dont l’actif net est passé de 23 milliards à 8,3 milliards, car Forbes a appris fin 2017 qu’il avait transféré 18 milliards vers Open Society Foundations, sa fondation à but caritatif (Forbes ne prend pas en compte les actifs placés dans les organismes de charité lors du classement).

Donald Trump a lui aussi perdu plusieurs places, passant de numéro 248 à numéro 259, bien que sa fortune n’ait pas changé depuis l’an dernier et vaille toujours 3,1 milliards.

Malgré une valeur d’accès élevée de 2,1 milliards, 15 personnes ont rejoint les rangs du classement cette année, avec des fortunes bâties dans des domaines aussi variés que les appareils auditifs, l’e-commerce, et la logistique. Douze d’entre eux ont gagné leur place par leurs propres moyens, comme Drew Houston, PDG du service de partage Dropbox, Thai Lee, une immigrée sud-coréenne ayant créé un géant de la revente de matériel et logiciel informatique, ainsi que Ben Chestnut et Dan Kurzius, cofondateurs de Mailchimp, un service de marketing par e-mail. Chris Larsen rejoint également le classement Forbes 400, la première personne à le faire avec une fortune bâtie dans les cryptomonnaies.

Cette année, le nombre de femmes de la liste est passé à 57, dont deux ayant fondé leur entreprise avec leur mari et partageant donc leur fortune avec lui. L’an dernier, ce chiffre était de 55 dont 5 femmes dans la situation décrite précédemment. L’autre nouvelle arrivante, en plus de Thai Lee, est Lynsi Snyder, qui a hérité et dirige In N Out, une célèbre chaîne de fast-foods. À 36 ans, elle est le plus jeune membre féminin du classement.

Parmi les 400 membres de la liste, le plus vieux est Sumner Redstone, âgé de 95 ans et disposant d’une fortune de 4,8 milliards de dollars. Le plus jeune est Evan Spiegel, cofondateur et PDG de l’application Snapchat, âgé de 28 ans, et dont la fortune s’élève à 2,2 milliards. Il est l’un des 12 Américains de moins de 40 ans du classement.

Avec 269 personnes, les membres du classement ayant construit leur propre fortune dominent largement ceux ayant hérité (64 personnes), et ceux ayant hérité et fait fructifier leur fortune de façon significative par leurs efforts, ce que Forbes classe de façon différente (67 personnes).

Pour la première fois, chaque personne du classement a reçu une note correspondant à son investissement philanthropique allant de 1 à 5, 5 étant la note la plus haute. Pour des détails concernant la méthodologie de la notation, cliquez ici. La liste peut être ordonnée selon la note philanthropique ici.

Forbes a créé en 2014 une note d’accession à la fortune pour donner une idée des origines de chaque membre du classement, selon qu’ils sont nés dans une famille riche, ou, au contraire, dans un environnement très pauvre. Cliquez ici pour des détails sur cette note.

Ces estimations sont un aperçu des fortunes des Américains les plus riches, et se basent sur la valeur des actions le 7 septembre 2018. Certains membres du classement Forbes 400 gagnent ou perdent en richesse en quelques semaines, ou même en quelques jours, après sa publication. Ces changements sont recensés ici. Vous y trouverez également plus d’informations sur les membres de la liste, ainsi que des photos, les notes philanthropiques, les notes d’accession à la fortune, et les articles concernant ces milliardaires influents.

MÉTHODOLOGIE

Le classement Forbes 400 existe depuis 37 ans, mais représente toujours un défi. Nos journalistes réalisent de nombreuses recherches. Le classement de cette année a commencé sous forme d’une liste de 700 personnes considérées comme étant des candidats sérieux. Les candidats ont été interviewés en personne ou par téléphone quand cela était possible, et leurs employés, gardiens, rivaux, pairs, et avocats ont également été contactés. Établir leur richesse a demandé des heures incalculables passées à consulter des documents du gendarme des marchés financiers américains, des archives judiciaires, des documents de succession, et des articles de presse. Tous types d’actifs ont été pris en compte : parts dans des sociétés publiques et privées, immobilier, art, yachts, avions, ranchs, vignobles, bijoux, collections automobiles, et bien plus encore.

La dette a été prise en compte. Bien sûr, Forbes ne prétend pas savoir le contenu du bilan privé de chaque milliardaire, même si certains candidats ont fourni les papiers nécessaires. Certains milliardaires à la tête de sociétés privées ont choisi de partager leurs chiffres financiers, mais d’autres se sont montrés moins ouverts. Pour évaluer ces dettes, nous avons associé l’estimation des recettes ou des bénéfices avec les ratios cours-bénéfices pour des entreprises publiques similaires.

Les fortunes familiales dispersées n’ont pas été prises en compte, pas plus que les richesses appartenant à un membre de la famille proche d’une personne du classement si cette richesse pouvait être attribuée à un fondateur de la fortune encore vivant. Dans ce cas là, le classement indique « & family ». Les couples mariés ayant construit leur société et leur fortune ensemble ont été inclus si leur actif net dépassait les 4,2 milliards, puisque chacun atteint donc la barre d’entrée de 2,1 milliards. Dans ce cas là, les deux noms sont indiqués. Le classement Forbes 400 concerne les citoyens américains possédant des actifs dans le pays.

Remerciements

Nous remercions particulièrement FactSet, LW Hospitality Advisors, Orbis by Bureau Van Dijk, Pitchbook Data, PropertyShark, Real Capital Analytics, S&P Capital IQ et SHOOK Research. Tous ceux ayant fourni leur aide pour les rapports et estimations : Stephen Algermissen, Cushman & Wakefield, Eric Anton, Marcus & Millichap, Bernstein Research, David Burgher, Briggs Freeman Sotheby’s International Realty, Ronald Buss, Buss Shelger Associates, Charity Navigator, S. Craig Cognetti, Grail Partners, Credit Suisse Investment Research, Dun & Bradstreet, Euromonitor International, Gayle Harvey Real Estate, Anthony Graziano, Integra Realty Resources, William Hanson, NAI James E. Hanson, Hilda W. Allen Real Estate, Jim Koppenhaver, Pellucid Corp, Daniel Lesser, LW Hospitality Advisors, Gail Lissner, Integra Realty Resources, Jack McCabe, McCabe Research & Consulting, Michael Pachter, Wedbush Securities, Joel Paige, Lansdowne Resort & Spa, S&P Global Market Intelligence, Sara Senatore, AB Bernstein, Wood Mackenzie, Hugh Wynne, SSR LLC.   

Rédacteurs

Luisa Kroll et Kerry A. Dolan

Rédacteur supplémentaires

Abram Brown et Nathan Vardi

Journalistes

Angel  Au-Yeung, Madeline Berg, Deniz Cam, Kathleen Chaykowski, Alex Fang, Lauren Gensler, Max Jedeur-Palmgren, Madeline Kaufman, Noak Kirsch, Aislinn Murphy, Linh Nguyen, Chloe Sorvino, Jasmine Teng,  Jennifer Wang, Andrea Murphy, Christopher Helman

Journalistes supplémentaires

Dan Alexander, Kurt Badenhausen, Biz Carson, Carter Coudriet, Hayley Cuccinello, Michael del Castillo, Antoine Gara, Naazneen Karmali, Jeff Kauflin, Alex Konrad, Joann Muller, Chase Peterson-Withorn, Natalie Robehmed, Samantha Sharf, Michela Tindera

Recherche

Sue Radlauer

Gestion de base de donnée

Dmitri Slavinsky