Le plus grand plan de réduction des effectifs de l’histoire de l’entreprise Tesla n’affectera pas les postes des chaînes de montage. Mais il a été élaboré afin de remplir les objectifs de rentabilité fixés par son PDG, Elon Musk, pour le second semestre, démontrant au passage que la start-up de l’automobile est fin prête à devenir ce qu’il appelle « une vraie entreprise ».

Mardi, Elon Musk expliquait sur Twitter qu’environ 9% des effectifs de Palo Alto seraient remerciés, et que cette décision s’inscrit dans le plan « exhaustif de restructuration » de l’entreprise. Ces réductions d’effectif n’affecteront donc pas les ouvriers dédiés à la production qui sont indispensables pour aider à atteindre et dépasser l’objectif de Tesla qui est de construire 5 000 berlines électriques Model 3 par semaine, avant la fin du mois.

« Ces réductions de personnel ont presque entièrement été réalisées parmi notre population de salariés, et non parmi les ouvriers, donc notre capacité à atteindre nos objectifs de production ne sera pas impactée dans les mois à venir », expliquait le PDG dans un courriel destiné aux employés. L’objectif de longue date de Tesla de construire un véhicule propre alimenté par des énergies propres ne pourra être atteint qu’à condition que « nous démontrions que nous pouvons être rentables sur le long terme ».

Avant le mois dernier, l’action Tesla déclinait à cause des inquiétudes concernant la santé financière de l’entreprise à long terme et les problèmes récurrents inhérents à la production de la Model 3, sa voiture la plus abordable pour le moment. Bien que depuis son introduction en bourse il y a maintenant dix ans l’entreprise n’ait jamais été rentable sur une année complète, le mois dernier, Elon Musk s’est fixé l’objectif ambitieux de ne plus être dans le rouge au second semestre. Ce mois-ci, lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires, il a affirmé que les problèmes d’assemblage de la Model 3 étaient réparés et que les objectifs de production hebdomadaire seraient remplis à temps.

L’action a immédiatement repris du poil de la bête avec une croissance de 19 % cette semaine, passant ainsi de 287$ le 5 juin à 342,77$ mardi soir. En plus des réductions de personnel, Tesla met un terme à un programme de vente de ses panneaux solaires, en partenariat avec Home Depot, qui avait débuté l’an dernier. « La plupart » des effectifs de vente participant à ce programme travailleront désormais dans les points de vente Tesla, a précisé Elon Musk.

Étant donné que ces réductions de personnel n’affecteront pas les ouvriers de la production et la forte probabilité que la décision concernant Home Depot soit bénéfique pour la partie « énergie solaire » de l’entreprise, les décisions de PDG sont « bénéfiques, car elles aideront Tesla à contrôler sa productivité dans le cours de l’année », explique James Albertine, un analyste spécialiste des fonds de capitaux pour Consumer Edge Research, dans un rapport ce mardi. Néanmoins, « de notre point de vue, la production de la Model 3 reste le premier facteur qui permettra d’inverser la tendance en matière d’attentes et de cours de l’action en 2018 ».

Tesla compte actuellement plus de 40 000 employés dans le monde entier. La réduction de personnel concernera 4000 postes. Cependant, l’entreprise recrute sur ses lignes d’assemblage et recherche toujours des « génies » pour les postes importants, affirme Elon Musk sans ajouter de précisions.

En 2008, lors des débuts de l’entreprise, avant même son introduction en bourse et la livraison de son premier roadster, une pénurie de liquidité et la récession ont forcé Tesla à licencier plus de 100 personnes et à fermer un centre d’ingénierie dans le Michigan. L’entreprise avait fini par s’en sortir à l’époque. Dix ans plus tard, avec des enjeux bien plus importants, Elon Musk essaie de montrer à Wall Street que Tesla est prête pour écrire une nouvelle page de son histoire.

« Les critiques externes affirment souvent que l’on n’est pas une entreprise tant que l’on ne génère pas de bénéfices », avait expliqué Elon Musk dans un mémo en avril dernier. « Cela n’avait aucun sens pour nous d’être rentable avant de pouvoir produire en masse, et maintenant, nous y sommes ».