Pour accélérer son développement, le leader mondial des crèches privées, Babilou Family, vient de nommer Sridevi Raghavan au poste de Vice-Présidente Monde Education, Qualité et RSE. D’origine indienne, elle a créé en 2008 en Inde le réseau de crèche Amelio Early Education, intégré en 2018 dans la Babilou Family. Elle donne sa première interview à Forbes France.

En moins de 20 ans, l’entreprise Babilou Family, fondée par les frères Rodolphe et Edouard Carle est devenue un des leaders mondiaux de l’éducation préscolaire et de la petite enfance. Profitant en France, du conventionnement par l’Etat des crèches privées en 2004, la startup a progressivement consolidé le secteur en rachetant des dizaines d’établissements en France mais aussi à l’étranger. Résultats : Babilou Family, c’est aujourd’hui 2 200 établissements Babilou Family, clubs enfants, écoles, et 10 000 professionnels de l’enfance qui accueillent près de 50 000 familles.

L’entreprise est désormais présente dans plus de 12 pays dans le monde avec une présence significative en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Inde et en Asie du Sud-Est. Pour accélérer le développement de Babilou Family, l’entreprise vient de nommer Sridevi Raghavan au poste de Vice-Présidente Monde Education, Qualité et RSE. D’origine indienne, elle a créé en 2008 en Inde le réseau de crèche Amelio Early Education, intégré en 2018 dans la Babilou Family.

Diplômée d’économie de Commerce de l’Université de Madras et d’un MBA, vous avez pourtant très vite rejoint une ONG.

Sridevi Raghavan : Après mes études, j’ai débuté ma carrière au sein de l’agence Ogilvy and Mather Advertising à Chennai en 2000. Mais très vite, en 2003, j’ai eu envie de contribuer de façon positive et j’ai rejoint l’ONG CRY – Child Rights and You qui œuvre pour assurer une enfance plus heureuse aux enfants. J’ai pu continuer ma formation grâce à un MBA au sein de Harvard Business School pour ensuite fonder Amelio Early Education, premier réseau de crèches de l’état du Tamil Nadu en Inde, afin d’aider les femmes à trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Ce réseau a été intégré dans Babilou Family en 2008.

La mondialisation d’une entreprise comme Babilou Family semble indiquer que nous allons vers un modèle d’éducation unique ?

Sridevi Raghavan : Je ne crois pas que l’on se dirige, ni que ce soit souhaitable d’aller vers un monde avec un modèle d’éducation unique. Mais l’idée est de pouvoir s’inspirer des pratiques pédagogiques du monde entier pour s’enrichir des apports internationaux tout en gardant les traditions locales.

Nous sommes plus connectés que jamais et cela représente l’opportunité pour nos professionnels d’apprendre en temps réel des équipes présentes dans les différents pays constituant la Babilou Family. Ils peuvent découvrir, partager, et se nourrir de leurs expériences mutuelles pour créer une communauté d’experts de la petite enfance « sans frontières ». Les enfants vont ainsi pouvoir bénéficier de ce partage de connaissances sous la forme de nouvelles activités, d’expériences enrichies et d’environnements toujours plus adaptés à leurs besoins d’apprentissage, notamment concernant le langage.

En permettant à nos professionnels de s’ouvrir aux pratiques pédagogiques du monde entier, nous accompagnons aussi les enfants à devenir des citoyens du monde éclairés, épanouis et ouverts aux autres.

Sur le terrain, ces échanges de bonnes pratiques se concrétisent comment ?

Sridevi Raghavan : Nous lançons, par exemple, une expérimentation de jumelage entre deux crèches : la première en France et la deuxième à Dubaï.  Les équipes se découvrent progressivement et à leur rythme. Elles projettent de développer des activités en commun, d’échanger leurs idées pédagogiques et enrichir leurs projets éducatifs respectifs en se nourrissant de leurs apports respectifs. Nous espérons pouvoir déployer cette initiative plus largement. 

Au sein de Babilou Family, nous souhaitons créer un curriculum éducatif innovant combinant l’apport des neurosciences aux grandes pédagogies du XXIème siècle pour que nos enfants apprennent en s’amusant, à leur rythme, sachent apprécier le monde qui les entoure et deviennent des citoyens responsables. Nous avons le privilège unique d’être un groupe d’éducation de la petite enfance mondial avec une présence dans 12 pays. Notre mission est de faire de ce privilège une opportunité de créer un programme unique, offrant aux enfants les moyens de développer leur plein potentiel.

Comment allez-vous participer à l’amélioration de la qualité de l’accueil des enfants dans le réseau Babilou Family ?

Sridevi Raghavan : Depuis toujours, nous exerçons notre métier avec un attachement particulier à offrir un service de haute qualité à tous ceux que nous accueillons ou avec qui nous travaillons. Cette démarche s’appuie en France, sur le Référentiel ELSA (Environnement Sécurisé Ludique et Apprenant) qui décrit précisément la qualité des accueils Babilou et leurs spécificités et qui va bien au-delà des standards du secteur avec des engagements vérifiés tout au long de l’année dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue. A l’étranger, en plus de respecter rigoureusement les réglementations locales, nous avons également mis en place des processus similaires de sorte que dans n’importe quelle partie du monde, nous accueillons les enfants avec la même qualité élevée de sécurité, de soins et d’éducation.

Je me réjouis de prendre part au développement d’un référentiel qualité basé sur ELSA, qui puisse être homogène et transversal à tous les pays de la Babilou Family. Je suis convaincue que la qualité doit être un cycle d’amélioration continue en se donnant les moyens de créer des projets toujours plus respectueux de nos engagements.

Vous dites que les crèches peuvent jouer dans le développement d’une éducation durable. Lequel ?

Sridevi Raghavan : Plus qu’une approche pédagogique, l’éducation durable est un système de valeurs. Nous mettons en place dans nos crèches un grand nombre d’initiatives, grandes et petites, qui accompagnent l’enfant dans sa compréhension plus profonde du monde, de notre planète et de notre interconnexion avec la nature. Par exemple, amener la nature à l’intérieur des crèches, créer une économie circulaire dans les crèches, donner une deuxième vie aux objets avant de penser à les jeter et aider les enfants à passer plus de temps au contact de la nature, sont des moyens que nous souhaitons déployer pour créer un sentiment d’émerveillement et un lien plus étroit avec notre planète chez les tout-petits.

Je suis convaincue que les crèches ont un rôle déterminant à jouer car nous sommes les co-éducateurs, aux côtés des familles, des futurs citoyens de la planète. Nos valeurs, notre langage et nos comportements impactent la manière dont nos enfants verront le monde de demain.

Plus que jamais, chaque action que nous réalisons individuellement ou collectivement peut faire une énorme différence dans la qualité de vie dont nos enfants jouiront au cours des 20 à 30 prochaines années et au-delà.

Je considère l’éducation durable comme une transformation révolutionnaire et dont le besoin se fait cruellement sentir. J’espère voir évoluer les attentes des familles vers ce désir de formation de citoyens du monde responsables et informés.

 

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