Le succès populaire, et de facto financier, de la primaire de la droite et du centre va permettre au candidat Fillon de partir à la conquête de l’Elysée avec une manne de 8 millions d’euros. Mais il n’est pas le seul « grand vainqueur » du scrutin.

L’entrée en campagne de François Fillon s’annonce sous les meilleurs auspices…financiers. Celui qui portera l’étendard des Républicains à la présidentielle dispose, d’ores et déjà, alors que la campagne officielle n’est pas encore ouverte, d’une manne de 8 millions d’euros. Et ce n’est qu’un début. A titre de comparaison, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont chacun dépensé, sur l’ensemble de la campagne en 2012, 9 millions d’euros. Un plafond de dépenses que vise d’ailleurs un autre aspirant à la magistrature suprême, Emmanuel Macron.

Un seuil « suffisant », selon ses propres termes, pour mener campagne… jusqu’au premier tour. Aux dernières nouvelles, il aurait dépassé les 3 millions d’euros collectés. D’une manière générale, l’ordre des dépenses a, peu ou prou, reflété le classement final des candidats en 2012, François Hollande étant celui qui avait le plus dépensé, en l’occurrence 21,8 millions d’euros (dans l’attente de la fin de l’enquête sur les dépenses du candidat Sarkozy). Des chiffres vertigineux mais, encore, à des années lumières des dépenses des prétendants à la Maison blanche. Hillary Clinton a ainsi levé près de 500 millions d’euros, quand son rival, Donald Trump, a levé pour moitié moins, soit environ 247 millions d’euros…ce qui ne l’a pas empêché de remporter la victoire.

Négociations « serrées »

Mais François Fillon, dont les dépenses pour 2017 ont été plafonnées à 22,5 millions d’euros, et les Républicains, parti lourdement endetté, ne sont pas les seuls vainqueurs de la primaire de la droite et du centre. En effet, une autre entité peut s’enorgueillir d’avoir réussi un « joli coup financier » durant ce scrutin, à savoir La Poste. En effet cette dernière, via sa filiale la Banque postale, par laquelle ont transité les sommes récoltées auprès des électeurs des deux tours de la primaire, touchera une commission de 750 000 euros.

Ainsi, la Haute Autorité et La Poste ont signé un contrat accordant une commission de 8% à La banque postale, avec un plafonnement de 750 000 euros, a indiqué à l’AFP Anne Levade, présidente de cette Haute Autorité chargée de l’organisation de la primaire. Mais les pourparlers n’ont pas été de tout repos, La Poste se montrant particulièrement gourmande lors des discussions. « Les négociations avec La Poste, qui voulait au départ 10% sans plafonnement, ont duré plusieurs semaines et ont été rudes » confirme Anne Levade.

Une somme confirmée par La Poste… qui espère transformer l’essai et, pourquoi pas, jouer un rôle similaire dans le cadre de la primaire socialiste ou plutôt « de la belle alliance populaire » prévue au mois de janvier. « Pour nous, les partis politiques sont des clients que nous traitons avec la même équité », précise la direction du groupe. Forte de cette expérience, et au regard de la généralisation des primaires dans la vie politique française, La Poste pourrait s’offrir, à moindre frais, une manière non négligeable de diversifier ses sources de revenus.