META | Les procureurs généraux d’au moins 11 États américains ont annoncé jeudi 18 novembre qu’ils ouvraient une enquête sur Instagram et ses effets néfastes sur les enfants et les adolescents. Les enquêteurs cherchent à savoir si Meta, la société mère d’Instagram et Facebook, a enfreint la loi en ignorant des rapports internes qui suggéraient que l’application était dangereuse.

 

Les procureurs généraux de New York, du Connecticut, de Californie, de Floride, du Kentucky, du Massachusetts, du Nebraska, du New Jersey, de Pennsylvanie, du Tennessee et du Vermont ont déclaré que l’enquête visera à déterminer si Meta (anciennement Facebook) a « violé les lois de l’État sur la protection des consommateurs ». Par ailleurs, les enquêteurs chercheront à établir si le réseau social a « mis le public en danger » en faisant la promotion de l’application Instagram et en la rendant disponible aux moins de 18 ans, alors que le groupe était conscient de ses effets négatifs sur les jeunes utilisateurs.

Un rapport interne de Meta concernant les effets d’Instagram sur la santé mentale des adolescents a révélé que l’application aggravait les « problèmes d’image corporelle » pour « une adolescente sur trois ». En outre, ce même rapport indiquait que 20 % des adolescents reprochaient à l’application de les faire se sentir moins bien dans leur peau et que 6 % des adolescents attribuaient leurs pensées suicidaires à l’application.

Selon les procureurs généraux, l’enquête se concentrera sur les « techniques » que Meta aurait utilisées pour « augmenter la fréquence et la durée » d’utilisation de l’application par les enfants et les adolescents ainsi que sur la manière dont ces derniers sont affectés par l’utilisation fréquente de l’application.

Le groupe Meta a déclaré dans un communiqué que l’enquête témoignait d’une « profonde incompréhension des faits » et que l’entreprise mettait en place de nouvelles fonctionnalités pour aider les utilisateurs à faire face aux « comparaisons sociales négatives ou aux problèmes d’image corporelle » ainsi que des « contrôles de supervision parentale. »

Le groupe Meta a également déclaré être en train « d’explorer les moyens » d’offrir aux adolescents « des expériences encore plus adaptées à leur âge. »

« Notre coalition n’hésitera pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants et les jeunes adultes des méfaits qu’Instagram et d’autres plateformes de réseaux sociaux risquent de causer à tant de personnes », a ainsi déclaré Leticia James, procureure générale de l’État de New York, dans un communiqué de presse.

Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a déclaré que les rapports sur les enquêtes concernant les effets d’Instagram sur les adolescents étaient « mal interprétés » et que les recherches « démontraient en fait » que l’application aidait les adolescents lorsqu’ils « luttent pour surmonter des moments difficiles. » Mark Zuckerberg a affirmé que ces recherches avaient montré que davantage d’adolescentes présentant des problèmes d’alimentation avaient déclaré que l’application « améliorait ces moments difficiles au lieu de les aggraver. » Un article du blog d’Instagram indique également que les effets de l’application sur les adolescents étaient « mitigés » et qu’Instagram pouvait être négatif ou positif en fonction de l’« état d’esprit des adolescents lorsqu’ils l’utilisent. »

À la suite de la publication des recherches concernant l’effet d’Instagram sur la santé mentale des adolescents dans un rapport retentissant du Wall Street Journal, les législateurs américains ont renouvelé leurs appels pour que Meta abandonne son projet de lancer un Instagram destiné aux enfants. Instagram a indiqué mettre en pause ce projet, mais a réaffirmé sa conviction que les parents devraient avoir la possibilité de permettre à « leurs enfants (d’)accéder à une version d’Instagram qui leur est destinée. » Dans son témoignage face au Congrès des États-Unis en octobre dernier, la lanceuse d’alerte Frances Haugen a affirmé que Meta avait ignoré les rapports internes concernant l’effet d’Instagram sur les adolescents et avait placé ses « profits avant les gens. » Meta a démenti cette affirmation et a indiqué que ces rapports seraient utilisés pour améliorer Instagram.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Kimberlee Speakman

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