Du 16 au 19 septembre, des dizaines de chefs, étoilés ou pas, proposeront aux visiteurs leurs meilleurs plats sous forme de tapas à bas prix dans le cadre somptueux du Grand Palais éphémère. Le Festival Taste of Paris, qui avait été suspendu en 2020 pour cause de Covid, reprend donc cette année avec plus de vigueur encore. Entretien avec sa principale responsable, Mathilde Delville, qui a déniché le concept à Londres en 2004.


 

Peut-on dire que Taste of Paris, c’est la haute gastronomie française accessible au plus grand nombre ?

Mathilde Delville : Tout à fait, c’est tout l’objectif de Taste of Paris que de démocratiser l’accès à la gastronomie en permettant à un plus grand nombre de goûter les plats signatures des chefs proposées entre 6 et 12 euros – là où les menus sont souvent proposés à plus de 100 euros dans les restaurants – et de donner la possibilité aux festivaliers d’accéder aux grandes tables étoilées et palaces parisiens de manière décontractée tout en étant en jean basket au sein du Grand Palais Ephémère.

Quelle sera la nouveauté de cette édition ?

M. D. : Nous avons fait évoluer notre format pour cette année pour permettre à un plus grand nombre de chefs de faire partie de l’aventure Taste of Paris en leur offrant la possibilité de venir sur une seule journée – au lieu de quatre jours habituellement – à l’image d’un line-up de festival de musique, rendant ainsi la production plus simple à gérer pour les équipes réduites. Cette nouvelle approche est notamment l’occasion pour nous d’accueillir pour la première fois autant de femmes cheffes. Taste of Paris met également l’accent sur la cuisine éco-responsable pour sensibiliser le public à ce qui va devenir la norme dans les années à venir. Ils pourront notamment s’y familiariser en se rendant au restaurant Ecotable où des duos de chefs de Paris et province cuisineront des plats à l’impact environnemental faible.

Pourquoi un tel succès selon vous ?

M. D. : Le succès s’explique avant tout par la présence indéfectible des chefs tout au long du festival qui ont à cœur d’aller à la rencontre du public et d’échanger avec les visiteurs et Taste of Paris est aujourd’hui l’un des seuls festivals en France où l’on peut faire le tour de toutes les adresses parisiennes du moment en une seule session et goûter la cuisine des plus grands chefs.

Mathilde Delville : Taste of Paris est l’un des derniers nés de la série des Taste Festival à travers le monde, dont la 1ere édition fut créée à Londres – Taste of London – en 2004

 

Comment avez-vous surmonté les contraintes liées à la situation sanitaire

M. D. : Pour les raisons que tout le monde connaît, nous avons dû annuler l’édition 2020 qui devait se tenir en mai pour finalement prendre la décision de se donner rendez-vous en septembre de cette année, en accord avec les décisions gouvernementale sur la réouverture des restaurants et des lieux de culture. L’année 2020 fut pour nous l’occasion de faire vivre le festival de manière digitale avec de nombreux rendez-vous sur nos réseaux sociaux pour continuer à soutenir les chefs dans leurs actions, durement touchés eux-aussi par la crise.   

 

Essuyez-vous des refus de certains grands chefs parisiens ?

M. D. : Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’accueillir tous les grands chefs parisiens, notamment à cause de soucis d’agenda ou de la difficulté pour certains restaurants de pouvoir déployer une équipe suffisamment conséquente pour assurer le bon déroulé de leur présence à Taste of Paris tout en répondant à une demande de production assez importante. Mais nous avons déjà des demandes pour l’édition 2022 qui reviendra au mois de mai.

Ce festival – qui est une formidable vitrine promotionnelle pour les chefs de la capitale – est-il aussi devenu un business rentable ?

M. D. : Taste of Paris est tout d’abord devenu un business très positif pour les restaurants et chefs qui font la promotion de leurs établissements et proposer ainsi leurs plats signature à la vente auprès de 30 000 visiteurs.  C’est un élément important de notre partenariat et de leur participation sur Taste of Paris ! Après 2 premières années d’investissement pour faire connaître l’événement et le développer, Taste of Paris est également devenu un business rentable pour son organisateur avec toutefois une limite de jauge sur nos site hôtes – le Grand Palais et le Grand Palais Ephémère – qui sont des écrins magnifiques pour notre événement mais qui ne nous permettent pas de continuer à grandir comme peuvent le faire d’autres événements Taste ailleurs dans le monde.

 

Taste of Paris reflète-t-il les tendances gastronomiques actuelles ? Si oui, lesquelles ?

M. D. : Au fur et à mesure des années, Taste of paris est devenu le poumon des tendances culinaires actuelles puisqu’il reflète à l’instant T ce qui se passe sur la scène culinaire parisienne et française. A l’image notamment d’une forte présence féminine que l’on retrouve au sein de la capitale, d’une cuisine de plus en plus internationale – qu’elle soit israélienne, indienne, italienne, etc – des chefs de plus en plus engagés comme le montre la présence du restaurant Ecotable, du rôle joué par les tables étoilées en province (L’Oustau de Baumanière, AM, Maison Aribert, Auberge La Fenière) et un engouement toujours marqué pour les émissions de télé dont Top Chef dont Matthias Marc, Mory Sacko ou encore Mohamed Cheikh en seront quelques exemples à Taste of Paris.

 

Comptez-vous exporter le concept dans d’autres villes de France, voire à l’étranger ?

M. D. : Taste of Paris est l’un des derniers nés de la série des Taste Festivals à travers le monde, dont la 1ere édition fut créée à Londres – Taste of London – en 2004. Nous sommes bien évidement toujours à l’écoute des opportunités sur le plan national et international, qui sont des sources de développement pour IMG.

 

Propos recueillis par Yves Derai

 

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