Le fournisseur d’articles de luxe LVMH a déclaré jeudi qu’il allait poursuivre le joaillier Tiffany & Co. pour mauvaise gestion et violation des termes de leur accord pour le reprendre, selon un communiqué, juste un jour après que LVMH a déclaré qu’il se retirait de l’accord et que Tiffany & Co. a déposé une plainte pour forcer l’accord.

 


Principaux faits

  • Selon le New York Times, la contre-plainte de LVMH est attendue d’ici quelques jours.
  • Dans un communiqué publié jeudi, LVMH s’est dit « surpris par la poursuite intentée par Tiffany » qui a été « clairement » préparée « il y a longtemps » et « communiquée de manière trompeuse aux actionnaires et est diffamatoire ».
  • Le propriétaire de Louis Vuitton a déclaré qu’il allait déposer sa plainte dans le Delaware – où Tiffany & Co. a poursuivi LVMH mercredi – pour la prétendue mauvaise gestion de l’activité du joaillier cette année, notamment le versement de dividendes alors qu’il affichait des pertes.
  • LVMH soutient qu’il ne peut pas mener à bien le rachat en raison des ordres du gouvernement français, qui voulait que la société attende jusqu’en janvier pour rendre l’accord définitif, au lieu de l’échéance initiale de novembre.
  • Le gouvernement français s’inquiète de la menace d’éventuels droits de douane américaines sur les produits de luxe français, selon le Times.
  • Tiffany& Co. n’a pas répondu à la contre-plainte prévue par LVMH depuis jeudi matin.

Citation essentielle

« LVMH se défendra vigoureusement », a déclaré la société dans son communiqué. « La longue préparation [du procès de Tiffany & Co.] démontre la malhonnêteté de Tiffany & Co. dans ses relations avec LVMH. Cette action est essentiellement fondée sur l’accusation de Tiffany & Co. selon laquelle LVMH n’a pas pris les mesures raisonnablement nécessaires pour obtenir en temps voulu les autorisations des différentes autorités réglementaires. Cette accusation est sans fondement et LVMH en fera la preuve devant le tribunal du Delaware ».

Chiffre important

0,68%. Les actions de LVMH et de Tiffany & Co. étaient légèrement en hausse malgré la nouvelle de la contre-plainte.

Le contexte

En novembre 2019, LVMH a déclaré qu’il achèterait la légendaire entreprise Tiffany & Co. pour un montant record de 16,2 milliards de dollars. Depuis lors, LVMH doute que l’opération ait été trop onéreuse pour la marque patrimoniale, et le propriétaire milliardaire Bernard Arnault négociait avec Tiffany & Co. pour réduire le prix de 135 dollars par action convenu. Cette tentative a été abandonnée, mais LVMH a continué à chercher d’autres moyens de renégocier l’accord dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Dans son procès de mercredi, Tiffany & Co. fait valoir que LVMH n’a pas respecté ses obligations en demandant l’autorisation antitrust et ne peut donc pas prétendre que Tiffany & Co. a violé l’accord de fusion. Tiffany & Co. a également porté une autre accusation contre LVMH dans un communiqué de mercredi : « Ce dernier développement ne représente rien d’autre que la dernière tentative de LVMH pour se soustraire à son obligation de réaliser la transaction aux conditions convenues, ce qui n’est pas sans rappeler les tentatives infondées et opportunistes de LVMH d’utiliser les manifestations américaines pour la justice sociale et la pandémie de Covid-19 pour éviter de payer le prix convenu pour les actions Tiffany ».

L’accord entre LVMH et Tiffany & Co. fait partie des nombreuses fusions et acquisitions qui ont déraillé dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Lisette Voytko

 

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