La compagnie aérienne allemande fait face, ce jeudi, à une nouvelle fronde de ses pilotes qui réclament une revalorisation salariale.

Du déjà vu…encore une fois. Une antienne qui doit résonner dans la tête de la direction de Lufthansa qui affronte sa quatorzième grève depuis le printemps 2014. Face à l’état-major de la compagnie, réputé inflexible, le puissant syndicat de pilotes Vereinigung Cockpit (VC), tout aussi déterminé. Ce dernier réclame une hausse des salaires de 3,7% en moyenne pour 5 400 pilotes sur une période de cinq ans rétroactive jusqu’en 2012.

Une doléance trop élevée pour la direction qui propose « seulement » 2,5% de revalorisation salariale sur six ans jusqu’en 2019. Une « pomme de discorde » qui a donc conduit les pilotes à cesser le travail depuis mercredi minuit. Un préavis de grève censé durer jusqu’à vendredi minuit et qui atteste de la dureté du conflit entre les deux parties. La direction de la compagnie a tenté de mettre en place une médiation, finalement avortée, les pilotes réclamant, avant toute discussion préalable, la prise en compte de leur réclamation initiale. Conséquence immédiate : la compagnie aérienne allemande a annulé 1 800 vols mercredi et jeudi, ce qui a pénalisé plus de 215 000 passagers.

Image dégradée

Outre la gêne « occasionnée » de circonstance pour les usagers, le directoire, par la voix de l’un de ses membres, Harry Hohmeister, a évalué l’impact de cette grève sur ses finances à 20 millions d’euros.  Pour rappel, les grèves des pilotes avaient coûté 222 millions d’euros à la compagnie aérienne en 2014, soit à peu près 21 millions par jour, selon l’institut d’études économiques IW de Cologne cité par Reuters. L’année suivante, les mouvements sociaux des pilotes et des personnels de bord ont impacté les comptes de Lufthansa à hauteur de 231 millions d’euros, soit l’équivalent, peu ou prou, de 30 millions d’euros par jour.

Des grèves successives et intempestives qui commencent à singulièrement courroucer les usagers, dont la direction semble avoir perçue un changement d’attitude. « Non seulement nous avons subi de graves dégâts (dus à la grève), mais nous remarquons également au niveau du nombre de réservations à moyen terme que le comportement des clients est en train de changer », tempête Harry Hohmeister.

Des pilotes pourtant « mieux lotis »

Celui-ci estime que les pilotes de la compagnie sont bien mieux lotis que la concurrence. En effet, selon les chiffres fournis par la direction, un co-pilote en début de carrière gagne 6 550 euros bruts par mois, un capitaine en fin de carrière émerge à plus de 22 000 euros. « Nous payons nos pilotes nettement mieux que la concurrence. Nous sommes responsables de plus de 120 000 employés en tout et voulons que Lufthansa ait un avenir », a déclaré le responsable.

En revanche, les autres compagnies du groupe Lufthansa, à savoir Eurowings, Swiss, Austrian Airlines, Air Dolomiti et Brussels Airlines ne sont, elles, pas concernées par ce mouvement de grève. De même que la low-cost Germanwings, et ce même si ses pilotes sont également partie prenante dans ce conflit salarial. La situation semble sans issue pour Lufthansa qui, malgré un bénéfice record en 2015, essaie, tant bien que mal, de réduire ses coûts face à la concurrence des compagnies à bas coût et des transporteurs du Golfe. La compagnie de référence allemande espère néanmoins trouver un terrain d’entente avec le syndicat et ne pas revivre le cauchemar de l’année 2015, où les pilotes, et le personnel navigant, avaient cesser le travail durant sept jours consécutifs, soit la plus longue grève de l’histoire du groupe.