L’industriel Serge Dassault, propriétaire de la holding familiale Groupe Marcel Dassault, est décédé ce lundi vers 16h dans son bureau du Rond-point des Champs-Elysées, à l’âge de 93 ans.

Le géant de l’aéronautique et de l’armement « made in France » s’en est allé. Serge Dassault, ancien sénateur de l’Essonne – jusqu’en 2017 -et propriétaire du Figaro depuis 2004, est décédé ce lundi 28 mai, d’une insuffisance cardiaque, aux alentours de 16h alors qu’il travaillait dans son bureau du Rond-Point des Champs-Elysées, selon un porte-parole du groupe éponyme dont il avait repris les rênes après le décès de son père et fondateur Marcel Dassault. Ayant évolué dans l’ombre de celui-ci durant de nombreuses années, au regard de la confiance plus que moindre qu’il lui accordait, Serge Dassault, polytechnicien de formation et diplômé de l’école supérieure d’aéronautique, avait pris le relais de son père à la tête de l’empire familial en 1987 (alors encore appelé Dassault Industries), œuvrant à son rayonnement dans le monde entier.   « La famille et le groupe Dassault communiqueront ultérieurement les modalités de l’hommage qui sera rendu à Serge Dassault », souligne le communiqué de sa famille.

L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, fut l’une des toutes premières personnalités à rendre hommage au capitaine d’industrie qu’était Serge Dassault. « Avec la disparition de Serge Dassault, la France perd un très grand industriel, le monde de l’aviation un pionnier, l’opinion publique un grand patron de presse et moi, plus simplement, un ami ».  Pour Manuel Valls, c’est, au-delà de la figure industrielle, à l’homme politique de Corbeil-Essonne – terre d’élection de l’ancien Premier ministre – qu’il a voulu rendre hommage « malgré des oppositions parfois vigoureuses ». Ces dernières années, l’ancien sénateur-maire était dans le collimateur de la justice et devait justement être jugé la semaine prochaine en appel pour blanchiment de fraude fiscale, après une condamnation en février 2017 à cinq ans d’inéligibilité et deux millions d’euros d’amende. 

Le Rafale, cette réussite tardive

Outre ces turpitudes judiciaires, Serge Dassault, qui avait laissé les manettes du groupe à Charles Edelstenne en 2014, était (enfin) parvenu après l’élection de François Hollande à vendre ses fameux chasseurs Rafale hors de nos frontières, eux qui n’ont longtemps déployé leurs ailes que dans les cieux hexagonaux.   En décembre, le Qatar avait signé une pluie de contrats, principalement dans la Défense (12 Rafale notamment), avec plusieurs poids lourds de l’industrie française. Montant récolté : 12 milliards d’euros.  Un joli pécule pour Airbus, Dassault ou encore Safran. Premier de cordée : l’avionneur et ses Rafale qui semble avoir enfin trouvé la bonne carburation pour s’épanouir dans des contrées plus lointaines. Le Qatar avait, pour rappel, levé l’option d’achat sur 12 chasseurs Rafale, incluse dans l’achat de 24 appareils en 2015.

Souvent présent à l’avant-garde de notre classement des fortunes les plus importantes de France, le milliardaire était cependant « tombé » du podium lors de l’édition 2018, dépassé par la déferlante Kering,  mais le propriétaire du Figaro avait néanmoins vu sa fortune croître, passant, en une année, de 16,1 milliards de dollars à 22 milliards. Enfin, Serge Dassault avait quatre enfants : Olivier, député de l’Oise, Laurent, chargé des investissements de diversification du groupe familial, Thierry, spécialisé dans l’intelligence économique, et Marie-Hélène.