Doctolib, en levant plus de 150 millions d’euros, est entrée dans le club fermé des Licornes. Elle sont quatre en France à pouvoir revendiquer ce statut de mastodonte des start-up. 

150 millions d’euros de levée de fonds, ça vous place une jeune pousse. Doctolib fait désormais partie du haut du panier, et plus seulement des start-up de la French Tech, mais du monde entier. Le 20 mars, l’entreprise qui s’est fait connaître du grand public grâce à un service de prise de rendez-vous médical en ligne a annoncé  avoir réuni 150 millions d’euros afin de “poursuivre ses investissements en France et en Allemagne, accélérer le déploiement de son service de téléconsultation, améliorer encore ses produits et s’implanter dans de nouveaux pays.”


Doctolib est donc désormais une “licorne”, ces start-up dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Cette définition est née sous la plume de Aileen Lee, une spécialiste en capital-risque qui avait réalisé une étude démontrant que moins de 0,1% des entreprises dans lesquelles investissaient les fonds d’investissement atteignaient des valorisations supérieures à 1 milliard de dollars. Mme Lee aurait choisi ce terme parce qu’il renvoyait à quelque chose de rare, relié au rêve et à l’heroic fantasy, une culture totalement compatible avec celle des geeks, de la Silicon Valley, comme l’expliquait l’Expansion. Au départ, “a unicorn” était définie selon quatre critères : être installée sur le sol américain, être spécialisée dans les nouvelles technologies, avoir moins de dix années d’existence et être valorisée plus d’un milliard de dollars avant même d’être cotée en Bourse.

Quatre licornes françaises

Le cabinet d’étude CB Insight compile la liste de toutes ces licornes. A l’heure actuelle, 334 entreprises sont considérées comme tel. Evaluée à 75 milliards de dollars, la chinoise Toutiao, plate-forme de contenus qui a déjà levée plus de 3 milliards de dollars, est en tête de ce classement. Elle est suivie par deux plates-formes de VTC : l’américaine Uber (72 milliards de dollars), et la chinoise Didi Chuxing (56 milliards). 

Bien loin de ces valorisations astronomiques, on trouve tout de même quatre françaises dans ce classement. Doctolib, donc, valorisée à 1,14 milliards de dollars, qui a fait son entrée dans le club des start-up à corne au moment de l’annonce de sa levée de fonds. La plus ancienne des bêtes mythologiques tricolores est OVH, spécialisée dans les solutions d’hébergement et dans le Big Data, rentrée en mars 2015. Les deux autres sont Blablacar, le géant du covoiturage, considéré comme une licorne par CB Insight depuis septembre 2015, et Deezer, la plate-forme de streaming musical. 

En termes de rang, les Français n’ont pas de quoi fanfaronner : BlaBlaCar est 151e, Deezer 209e, Doctolib, 223e, et OVH 231e. Avec quatre licornes, la France est la 7e nation la plus représentée du classement à égalité avec Israël et l’Indonésie. Loin derrière les USA (165 licornes) et la Chine (90), les deux pays leaders. Mais surtout, l’Hexagone est à la traîne sur certains autres pays européens : le Royaume-Uni est le 3e pays le plus représenté avec 16 start-up. Nos voisins allemands sont quant à eux cinquièmes  avec 9 jeunes pousses dans le classement. 

En termes de valorisation totale, la France ne se classe que 11e avec des licornes valorisées à 4,37 milliards de dollars au total. Les Etats-Unis, premiers, sont à plus de 500 milliards de dollars. 

La France a donc encore fort à faire pour prendre en place parmi les nations les plus puissantes du monde en matière de Tech. Qui pourrait être sa prochaine licorne ? Peut-être ManoMano : la start-up spécialisée dans la vente en ligne d’articles de bricolage et de jardinage vient de lever 110 millions d’euros. Elle vise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 100 nouveaux collaborateurs d’ici 2020. Le marché européen du bricolage, dominé par les grandes enseignes physiques, est évalué à 26 milliards d’euros. De quoi rêver d’arc-en-ciel.