Le gouvernement Biden a réimposé lundi des sanctions contre le milliardaire israélien Dan Gertler pour ce que le Département d’État appelle « une corruption publique étendue » en République démocratique du Congo, annulant un sursis temporaire controversé que lui avait accordé le gouvernement Trump.

 

Faits marquants

  • En 2017 et 2018, les États-Unis ont sanctionné Dan Gertler pour avoir orchestré une série de « transactions minières et pétrolières opaques et corrompues » en République démocratique du Congo, a déclaré le département du Trésor à l’époque.
  • Cependant, dans les derniers jours du mandat de l’ancien président Donald Trump, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a accordé à l’homme d’affaires israélien une licence d’un an, lui permettant de faire des affaires avec des entités américaines et d’accéder à l’argent gelé sur les comptes américains, une mesure qui a suscité de vives critiques de la part des groupes de défense des droits de l’homme et des législateurs démocrates.
  • Dans un communiqué annulant cette licence, le Département d’État a déclaré lundi que l’assouplissement des sanctions contre Dan Gertler était « incompatible » avec « les efforts des États-Unis pour lutter contre la corruption et promouvoir la stabilité en République démocratique du Congo ».
  • Dan Gertler, qui a nié tout méfait, est accusé d’avoir utilisé son amitié avec l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, pour agir comme intermédiaire dans la vente d’actifs miniers, ce qui a fait perdre au pays 1,36 milliard de dollars (1,14 milliard d’euros) de revenus provenant d’actifs miniers sous-évalués vendus à des sociétés offshore liées à l’homme d’affaires israélien, a déclaré le département du Trésor.

 

Critique cruciale

Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard, qui représente Dan Gertler, a déclaré au New York Times que la décision de réimposer des sanctions était décevante et prise « sans que M. Gertler ait eu l’occasion de présenter des preuves qu’il s’est conformé à toutes les exigences et s’est conduit correctement ».

 

Contexte clé

Une enquête du New York Times a révélé le mois dernier que la décision du gouvernement Trump d’alléger les sanctions contre Dan Gertler a été prise en secret sans l’intervention de diplomates américains s’occupant directement de la corruption en Afrique. En plus d’Alan Dershowitz, l’équipe juridique de l’israélien comprenait l’ancien directeur du FBI Louis Freeh et l’éminent avocat israélien Boaz Ben Zur.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Rachel Sandler

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