On compte en France 850 000 freelances en 2019 et le million devrait être dépassé en 2020. L’indépendance séduit chaque année des milliers de salariés : flexibilité des horaires, challenge, travail à distance, choix des missions,… le web regorge de témoignages tous plus élogieux les uns que les autres sur la douce vie d’indépendant. Pourtant tous les indépendants n’ont pas la même facilité pour trouver des missions. Ni la même capacité à répondre aux besoins des clients. Que vous ayez décidé de vous lancer ou que vous hésitiez encore, voici 3 conseils pour réussir en tant que consultant indépendant. Par Alessandra Le Roux, COO chez Bloomco .

1/ Une expertise bien définie


 
De nombreux freelances ont peur de se fermer des portes s’ils se spécialisent, ils se présentent donc comme des “couteaux suisses”. Ils proposent d’intervenir à la fois en marketing, en stratégie et en finance, parce qu’ils ont beaucoup d’expérience dans un domaine et un peu dans les deux autres. Or les clients privilégient généralement les consultants experts aux consultants généralistes. Par ailleurs plus vous êtes expert, plus votre profil est rare et donc plus vous pouvez fixer des taux journaliers élevés. Définir votre expertise signifie trouver un équilibre entre vos compétences, votre secteur d’intervention, le type d’entreprise et votre zone géographique.
 

Un bon équilibre c’est par exemple un consultant CRM qui intervient en région parisienne principalement dans le secteur retail et pour des entreprises de toute taille. Si l’on ajoute un paramètre, la recherche de missions sera plus difficile, si l’on en retire un l’expertise sera moins pointue. Si votre expertise est trop généraliste, vos prospects, vos clients ou les intermédiaires avec lesquels vous travaillez auront du mal à identifier précisément pour quelle mission vous contacter. Dans un deuxième temps il est nécessaire de suivre sa feuille de route pour construire une carrière d’indépendant cohérente. Ce qui peut signifier refuser des missions si elles s’éloignent trop de son expertise principale.

2/ Un CV qui reflète son niveau d’expertise

 
Savez-vous que 70% des recruteurs interrompent la lecture d’un CV si celui-ci est mal organisé et difficile à lire ? Pour un consultant indépendant le CV c’est sa proposition commerciale, impensable donc qu’il ne fasse qu’une seule page. Une bonne pratique : une première page qui reprend l’ensemble du parcours, des formations et des compétences et indiquer dans les pages suivantes le détail de ses expériences professionnelles. Mon conseil : réalisez un CV exhaustif et retirez au besoin les expériences non pertinentes par rapport à une mission avant de l’envoyer à un client.
Concernant le détail des expériences il est essentiel de mettre en avant 3 éléments : le contexte​ (par exemple : mission ou poste, situation de l’entreprise, CA, nombre de salariés, objectifs de votre intervention…), les ​actions​ mises en oeuvre et les ​résultats​ obtenus (chiffrés de préférence).

Pensez également à bien spécifier les outils que vous maîtrisez, notamment si vous intervenez sur des sujets data, marketing ou supply chain.

3/ Une excellente maîtrise des entretiens

 
Trop souvent j’ai vu d’excellents freelances échouer à convaincre le client en entretien. Globalement vous pouvez être confronté à 2 types de clients : un client expert de votre domaine, qui sera facilement capable de déceler des éléments bancals dans votre discours. Un client non expert, auprès duquel un effort de simplification de vos expériences sera nécessaire. Dans les deux cas avoir un discours structuré sera votre meilleur allié.
Pour cela le mieux est de répondre aux questions que l’on vous pose en utilisant la méthode STAR (Situation, Tâches, Activités et Résultats). Par exemple à la question “Êtes-vous déjà intervenu dans des contextes similaires au nôtre ?” plutôt qu’un simple “Oui”, une réponse STAR est tout à fait appropriée :
“(Situation) Ma dernière mission consistait à accompagner un leader du e-commerce en fort développement. (Tâches) La rétention client représentait un très faible pourcentage du chiffre d’affaires, alors que les résultats sur l’acquisition étaient excellents. (Activités) J’ai mis en place une nouvelle segmentation client et un plan d’emailing incluant des triggers de réachat et de l’anti churn. J’ai également testé de nouveaux leviers en intégrant des SMS et des messages sur les réseaux sociaux. (Résultats) 2 mois après la mise en place de ces leviers, la contribution de la rétention client au chiffre d’affaire était passée de 10% à 20%, avec une croissance globale maintenue.”
Et ce qui fait vraiment la différence… les freelances qui réussissent le mieux sont ceux qui aiment leur métier. Devenir consultant indépendant ne doit pas être un choix par défaut. Avant de vous lancer posez-vous la question de votre motivation !
Par Alessandra Le Roux, COO chez Bloomco , startup qui permet à ses clients d’accéder à des experts et consultants indépendants pour accélérer un projet ou transmettre une expertise. De la sélection des consultants jusqu’à la mise en relation avec le client, elle accompagne au quotidien la communauté de plus de 500 consultants indépendants. Alessandra propose également une formation en ligne gratuite à destination des nouveaux et futurs consultants indépendants, et des indécis, pour les aider à se lancer.