Selon l’étude annuelle publiée par le cabinet Ernst Young, la France est le plus d’Europe le plus attractif sur le plan des investissements en 2020. Après avoir décroché la première place du classement en 2019, le pays conserve la tête du classement pour une seconde année, se plaçant ainsi devant l’Allemagne et le Royaume Unis. Cette attractivité se traduit par des réussites concrètes puisqu’une entreprise sur cinq envisage de rapatrier son activité sur le territoire français.

 

L’étude publiée par le cabinet d’audit fait montre d’une baisse globale des investissements au niveau européen de 13% et 18% en France en raison de l’épidémie de la Covid-19. En dépit de ces chiffres, les investisseurs jugent que l’hexagone a « relativement bien défendu son attractivité ». Ce maintien en première place résulte notamment de la politique étatique et du plan de relance proposé, jugé plus performant que ceux de ses pairs européens.

De manière plus générale, cette première place peut être expliquée par plusieurs politiques économiques, politiques et sociales :
D’une part, Bruno Le Maire s’est lancé dans une politique fiscale particulièrement attractive. La loi Pacte de 2019 a ainsi permis une baisse de l’impôt sur les sociétés, entrainant une réduction du taux de 33% à 25%. De même, depuis janvier 2021, Bercy s’est engagé dans la réduction des impôts de production dans le but de créer « une nouvelle fiscalité stable et attractive pour les entreprises ». La problématique de la fiscalité est, par ailleurs, en plein mouvement actuellement avec des réformes sur le plan international, notamment au G7 et au G20. Selon Marc Lhermitte, associé de la société Ernst Young, ces prochaines réformes vont être amenées à « bouger les lignes » et auront un impact indéniable sur la localisation des sièges sociaux des entreprises. Ces réformes se joueraient en faveur de pays à fiscalité forte comme la France.
D’autre part, la France s’engage également dans une politique novatrice en favorisant de nouveaux secteurs de l’économie. En effet, la digitalisation reste en tête des secteurs ayant reçu le plus d’investissements étrangers. Selon les dirigeants ayant participé à l’étude Ernst Young, le passage à la numérisation des services est l’une évolution actuelle et qui va s’accélérer dans les prochaines années. Les trois secteurs clé (aéronautique, automobile, tourisme), bénéficiant traditionnellement des investissements, ont particulièrement souffert de la pandémie de la Covid-19 et se trouvent donc écarter au profit de nouveaux domaines tels que les nouvelles technologies et l’information. A titre d’exemple, Emmanuel Macron a annoncé le 21 janvier dernier son intention de dynamiser les technologies quantiques. Ces dernières, tout droit sortie des laboratoires, font partie des technologies les plus innovantes appelés à bouleverser l’informatique et l’industrie.

C’est pour ces raisons que le gouvernement a annoncé un plan à hauteur de 1.8 milliard d’euros, dans le but de faire de la France un pays pionner en la matière. Ces indicateurs démontrent une volonté forte et affirmée de faire de l’hexagone un pays innovant et axé sur les nouvelles technologies, ce qui favorise grandement les investissements.

Malgré cette excellente nouvelle, qui a un impact de marketing indéniable, Marc Lhermitte souligne plusieurs points négatifs sur lesquels la France mériterait d’axer ses efforts. Le premier point est celui de la recherche et développement qui reste globalement un secteur en souffrance en France. Certes, l’épidémie de la Covid-19 n’est pas sans conséquence sur la politique menée en matière mais des efforts mériteraient d’être faits. La seconde interrogation porte sur l’évolution du droit du travail avec les incertitudes engendrées par les nouvelles formes de travail telles que le télétravail.

La France incarne pour les investisseurs « la constance et la stabilité ». Il devient impératif de soutenir cette image et ce rang notamment lors de l’événement « choose France », le 28 juin prochain, où plus de 200 patrons étrangers sont attendus à Versailles pour promouvoir l’attractivité de la France. De même, il est nécessaire de réussir le pari de la relocalisation des secteurs clés tels que l’industrie pharmaceutique ou l’électricité. Ces projets pourront être facilités par cette première place détenue par l’Hexagone au classement européen de l’attractivité.

 

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