La holding familiale Groupe Arnault a fait part de son intention de lancer une OPA à 12 milliards d’euros pour notamment racheter les 27% du capital de Christian Dior Couture que le groupe ne possède pas encore. Objectif pour la famille Arnault : renforcer son assise sur LVMH.

Les grandes manœuvres commencent chez LVMH et les investisseurs se frottent déjà les mains. En effet, le leader mondial du luxe – via la holding familial Groupe Arnault qui possède directement ou indirectement près de 30% de son capital –  a annoncé ce mardi matin un « coup » en deux temps : un rachat total du « solde » du capital de la marque Christian Dior Couture – dont il possède actuellement 73% -, pour une valeur d’entreprise de 6,5 milliards d’euros, couplé à une offre du groupe familial Arnault sur les minoritaires de la holding Christian Dior. Coût total de l’opération : environ 12 milliards d’euros. « Cette sortie (des minoritaires de Christian Dior) permettrait au groupe familial Arnault de renforcer son engagement dans le groupe LVMH, suivant en cela une politique constante depuis 25 ans », a expliqué au cours d’une téléconférence Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe de luxe. « Il renforce son engagement ici par cette opération de grande ampleur », poursuit-il.  


Dans le détail, comme évoqué par Reuters, la simplification de la structure passera par une offre publique simplifiée du groupe familial Arnault sur les actions Christian Dior qu’il ne détient pas encore, comme évoqué en préambule. L’offre rémunérée de façon mixte – 172 euros en numéraire et 0,192 action Hermès International par action Christian Dior – reflète une prime de 14,7% par rapport au cours de clôture d’hier soir. Principal enseignement de ce « deal » : LVMH est prêt à se délester d’Hermès. Ainsi, la famille Arnault qui détient depuis 2014 – année de « l’armistice » entre LVMH et le sellier – 8,5% du capital d’Hermès, est donc enclin à se désengager, au grand soulagement des actionnaires familiaux de ce dernier.  

La bourse valide

« Ces opérations « permettent […] une simplification des structures, depuis longtemps demandées par le marché et le renforcement du pôle Mode et Maroquinerie de LVMH » a abondé, de son côté, Bernard Arnault, PDG du groupe de Luxe. En effet, une fois le « deal » entériné, la marque Christian Dior Couture, forte d’un chiffre d’affaires frisant les 2 milliards d’euros, viendra compléter l’offre Mode et Maroquinerie de LVMH.

En Bourse, la nouvelle de cette réorganisation a suscité l’enthousiasme des investisseurs qui ont porté au pinacle le titre LVMH. En effet, à 13H, l’action du leader mondial du luxe caracolait en tête du CAC 40, en progression de 4,33%, entraînant notamment dans son sillage son concurrent Kering, dont le titre s’appréciait de 1,62%. Les deux « locomotives » surperformant allégrement un CAC 40 (+0,37%), toujours « en marche » après la qualification d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle.

« Une bonne acquisition pour LVMH »

L’opération a, de facto, également été saluée par les analystes, qui mettent en exergue la « vista » de LVMH. « C’est à nos yeux une bonne acquisition pour LVMH vu la solidité de la marque Christian Dior, le bon usage du bilan et la réunification de la marque avec les activités parfum très profitables qu’opère LVMH », souligne Barclays dans une note citée par Reuters. En outre, L’acquisition sera relutive (+2,7% sur une base pro forma) dès la première année pour le résultat net par action de LVMH. A la suite de l’acquisition, le gearing de LVMH passera de 12% au 31 décembre 2016 à 35% sur une base pro forma.

Pour rappel, les ventes de LVMH (groupe aux quelques 70 marques, dont Louis Vuitton, Guerlain, Hennessy ou Sephora) ont grimpé de 15 % au premier trimestre à près de 10 milliards d’euros. En dépit de cette solide performance, le numéro mondial du luxe privilégie la prudence en 2017 après des résultats record pour l’exercice 2016. Ainsi, sur la période, son bénéfice net a progressé de 11 % l’an dernier, à 3,98 milliards d’euros, tandis que ses ventes ont totalisé 37,6 milliards d’euros (+6 % en données organiques).