Les candidats aux offres d’emploi ont bien changé. Aujourd’hui, avant d’accepter d’envoyer son C.V en ligne, l’entreprise qui est à l’origine de l’offre doit remplir quelques critères bien particuliers. Exit les clichés sur la rémunération et le lieu de travail, le chercheur d’emploi 2019 a besoin de donner plus de sens à sa carrière en intégrant une entreprise qui lui corresponde en tout point.

Bonjour Charles Chantala, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis directeur commercial d’Indeed en France. Je gère des équipes en charge d’aller conseiller les plus grandes entreprises françaises, pour leur recrutement et leur expliquer comment fonctionnent les produits Indeed afin de les aider à trouver leurs candidats.

A combien s’élèvent vos effectifs en France ?

A date, nous sommes 46 précisément en France.  Mais il y a également des Français qui travaillent pour Indeed, un peu au 4 coins du monde, comme aux États-Unis par exemple.

Indeed actuellement, qu’est ce que c’est ?

Indeed est un site d’emploi qui a été créé en 2004, il y a déjà 15 ans. Le site français a été lancé en 2008, sur un modèle très différent de ce qui existait par le passé dans le domaine des sites d’emplois. Nous sommes un moteur de recherche donc très concrètement cela veut  dire qu’Indeed a été le premier site, et demeure encore aujourd’hui un des seuls sites où l’on peut trouver toutes les offres d’emploi réunies gratuitement au même endroit. La gratuité pour les candidats est ce qui nous différencie en premier lieu. Nous sommes rapidement devenus le site d’emploi le plus visité dans le monde avec 250 millions d’utilisateurs tous les mois et c’est également le site d’emploi le plus utilisé en France avec 7 millions d’utilisateurs mensuels.

Dans quels pays êtes-vous présents ? 

On a des sites Indeed qui sont actifs dans plus de 60 pays dans le monde, soit plus de 24 langues. Nous avons une présence physique dans douze pays. 

Vous vous situez comment parmi tous les sites d’emplois  ?

Le nombre très important de sites d’emplois qui existent en France ou ailleurs c’est presque la raison d’être d’Indeed. On estime qu’il y a entre 200 et 300 sites d’emplois rien qu’en France et c’est justement pour ça que les fondateurs d’Indeed avaient décelé l’intérêt pour le candidat de créer un moteur de recherche.

De la même manière que c’est trop compliqué pour moi d’aller sur les sites de toutes les compagnies aériennes lorsque je recherche un billet d’avion. Je vais utiliser un moteur de recherche qui les agrège tous. Indeed applique cela à la recherche d’emploi, c’est grâce à ce positionnement de moteur de recherche qui fait une plateforme d’entrée unique pour toutes les offres qu’on a eu ce succès côté candidats et puis côté recruteurs. La grosse différence ça va être la manière dont on va proposer l’accès à ces candidats, pour les entreprises qui souhaitent recruter.

Historiquement tous les autres sites d’emplois proposaient un système qui était finalement un système de petites annonces héritées de la presse : je paye pour mettre mon offre d’emploi dans tel journal sur tel site d’emploi.  Indeed par défaut à déjà repris votre annonce, ce que l’on va vous proposer c’est de la mettre en avant pendant une durée de votre choix.

Et surtout on va vous proposer de ne vous facturer que si un candidat a véritablement cliqué sur cette offre. Donc le gros point différenciant pour les recruteurs c’est un modèle au coup par clic et à la performance.

Vous pouvez nous parler de la nouvelle fonctionnalité intégré au site ?

On constatait de plus en plus qu’avant de candidater à une offre on avait 83% de nos candidats qui voulaient se renseigner sur l’entreprise. Donc de plus en plus d’aller-retour sur l’offre d’emploi et une source d’information sur cette entreprise, qui était l’espace carrières ou bien d’autres sites spécialisés .

Depuis 6 ans déjà, on avait mis en place des pages entreprises qui permettaient à nos recruteurs de mettre en lumière l’état d’esprit de leur boîte et aussi de permettre aux candidats de déposer des avis et des évaluations sur ces entreprises. On en a recueilli plus de 100 millions aujourd’hui.

Ce que l’on propose depuis le 1er février c’est une version premium de ces pages entreprises qui vont avoir beaucoup plus de fonctionnalités et qui va permettre vraiment de transformer cet espace qui est très visité en vitrine des recruteurs qui souhaitent attirer davantage de candidats.

Comment avez-vous pu déceler cette demande ?

De deux manières, quantitatives et qualitatives. L’aspect quantitatif c’est que l’on avait sur nos 250 millions de visiteurs uniques, 83% des gens qui cliquaient sur le nom de l’entreprise pour voir s’il y avait déjà des avis déposées, et puis par ailleurs on a mené de nombreuses études. On a un institut d’études qui s’appelle le Hiring lab en interne chez Indeed qui va faire des études notamment comportementales et des sondages sur le comportement des candidats.

Ce qui ressort très nettement des études sur la réputation des boîtes c’est que la réputation de l’entreprise va très grandement impacter les chances qu’un candidat aille au bout d’un acte de candidature sur un site internet donc on va avoir plus de candidatures par offres déposées et plus de chance d’aller au bout du process lorsqu’une entreprise à non seulement des infos accessibles mais à spontanément accepter de jouer le jeu de cette transparence et d’authenticité dans la manière de présenter les informations sur la qualité de vie au sein de leur entreprise.

Vous pensez que les demandeurs d’emplois ont évolué ? 

Ils se renseignent beaucoup plus sur les boîtes avant de candidater. Mais il y a aussi une évolution dans le type d’information qu’ils cherchent auprès de ces entreprises.

Je ne veux pas tomber non plus dans des clichés, mais parmi les informations qui intéressent les candidats, on trouve le plus souvent le lieu de travail et la rémunération. En revanche les critères qui ont le plus progressé ces dernières années, ce sont des critères d’autonomie, de sens dans le travail.

La mission de l’entreprise, son impact dans la société, les candidats demandent davantage d’autonomie et de flexibilité. Ce sont les critères qui ont le plus augmenté ces dernières années.

Et à l’inverse vous pensez que les entreprises ont changé leurs manières de recruter ?

Oui pour certaines en tout cas. Les plus attentives à ce changement de comportement ont un peu changer leur manière de recruter. Elles savent déjà qu’il va falloir répondre à ces nouvelles demandes des candidats pour avoir une chance de toucher les meilleurs, ce sont les candidats les plus courus qui peuvent le plus facilement imposer ces nouveaux questionnements, ces nouveaux désirs. Les entreprises ont changé dans le sens où elles ne vont plus simplement se contenter de diffuser les offres d’emploi en espérant avoir des retours, elles vont finalement de plus en plus avoir une approche marketing dans le recrutement.

Par exemple elles vont travailler sur la marque employeur pour ensuite essayer de créer un lien entre l’entreprise et les candidats potentiels pour enfin augmenter en toute fin les chances d’obtenir une candidature c’est à dire en marketing, une conversion.

La deuxième manière en tout cas parmi les plus importantes, c’est dans le type d’outil que l’on utilise et c’est là où Indeed s’était détaché également, le fait d’utiliser de plus en plus d’outils à la performance c’est à dire avec une notion de retour sur investissement.

Historiquement les ressources humaines avaient assez peu d’indicateurs chiffrés sur la performance de leurs actions. Aujourd’hui beaucoup d’indicateurs sont à leur disposition pour leur permettre de choisir les meilleurs outils pour recruter.

Et depuis le lancement de cette nouvelle fonctionnalité, vous avez eu quelques retours ?

On a quelques retours intéressant puisque les entreprises qui ont activé des pages entreprises premium ont un avantage concurrentiel par rapport aux entreprises similaires. Elles touchent plus de candidats sur Indeed mais surtout ça a un impact sur le pourcentage de candidats qui voient leur annonce et qui vont candidater. 

Dans l’avenir, vous aimeriez développer d’autres fonctionnalités de ce type ?

Indeed est toujours à la recherche de nouvelles idées, on teste en permanence des dizaines de nouvelles fonctionnalités pour améliorer à la fois l’expérience des candidats sur le site pour continuer à s’assurer qu’Indeed soit leur site préféré. Mais nous essayons aussi d’améliorer l’expérience des recruteurs afin de leur proposer des outils qui fonctionnent mieux.

Nous allons accentuer notre travail sur la page entreprise premium, la question de la marque employeur et notamment rajouter une brique qui permettrait d’attirer en amont davantage de gens vers ces pages entreprises. Ça sera un outil très puissant pour toucher des gens qui ne pensent pas à telle entreprise comme étant leur futur employeur.

Au delà de cet axe marque employeur nous aimerions pousser encore plus loin les outils de recrutement à la performance et proposer des solutions aux recruteurs qui ne soient basé non plus seulement sur le nombre de personnes qui ont vu leur annonce ou qui ont cliqué sur l’annonce mais véritablement sur le nombre de personne qui ont candidaté à vos annonces.

On a un premier produit qui permet de tester ça qui s’appelle ITA, qui est un logiciel, un premier produit qui facture le recruteur sur la base des candidatures déposées.

Qu’est-ce que vous aimeriez dire aux chercheurs d’emplois démotivés ?

Je porterais un message d’espoir, sur Indeed les chiffres montrent que sur les trois dernières années de manière régulière, les postes qui sont référencés en France sur Indeed restent de plus en plus longtemps en ligne C’est un indicateur qui est surpuissant puisqu’à l’échelle de l’ensemble de l’économie, ne serait ce qu’un poste qui reste ouvert un jour de plus sur le marché c’est le signal que l’équilibre entre le nombre de postes ouverts et le nombre de candidats disponible, est en train de basculer davantage en faveur des candidats.

Quel est le pays qui propose le plus de postes ? 

Sans surprise ce  sont les pays où l’on voit le taux de chômage le plus faible. On constate dans les pays comme les États Unis, le Royaume Uni et l’Allemagne où les taux de chômage sont entre 4 et 5,5%, quasiment un chiffre de plein emploi. Puisque ces 4% par exemple aux États Unis représentent les gens qui sont actuellement en train de changer d’emploi. Ce qu’on constate là bas c’est que les postes restent en ligne extrêmement longtemps, les recruteurs sont véritablement en difficulté et par ricochet ça veut dire qu’ils sont prêts à payer beaucoup plus cher pour chaque CV et chaque embauche. C’est également le cas au Royaume Uni ou en Allemagne.