Ce mercredi, Facebook a déclaré que les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs auraient été obtenues frauduleusement par la société d’analyse de données Cambridge Analytica, pour mener à bien la campagne présidentielle de Donald Trump. Ce nombre est plus important que ceux précédemment mentionnés. L’entreprise affirme que la plupart des utilisateurs touchés se trouvent aux États-Unis et qu’il leur sera bientôt possible de voir si leurs données ont été communiquées à Cambridge Analytica.

Facebook a fait cette révélation en même temps que la présentation d’une série de mises à jour de la plate-forme visant à renforcer sa sécurité et à redonner confiance à ses utilisateurs, aux investisseurs ainsi qu’aux législateurs. Aujourd’hui, l’entreprise est confrontée au scepticisme de l’opinion public quant à ses capacités à protéger les données collectées contre l’ingérence électorale ou leur usage abusif. Mercredi, Facebook a également annoncé que son cofondateur et PDG, Mark Zuckerberg, avait prévu de témoigner devant le congrès américain le 11 avril, à propos de la manière dont l’entreprise gère cette crise. L’audition devant être menée par le Comité américain de l’énergie et du commerce devrait se focaliser sur « l’utilisation et la protection des données par l’entreprise ». Un peu plus tôt, Mark Zuckerberg avait refusé de se présenter devant le parlement britannique, en envoyant un député à sa place.


Le mois dernier, il avait été rapporté que les informations personnelles de 50 millions d’utilisateurs avaient été partagées de manière inappropriée avec Cambridge Analytica. Cette révélation a eu l’effet d’une bombe au sein de Facebook, en plus d’avoir déclenché une enquête de la Commission américaine du commerce fédéral concernant la manière dont Facebook gère les données de ses utilisateurs. Ces évènements ont eu un impact direct sur l’action Facebook, en plus de provoquer l’inquiétude des utilisateurs. La fuite de données a été rendue publique à un moment où le réseau social était déjà impliqué dans une crise plus large, concernant la confiance de l’opinion publique, mettant avant tout en cause la propagation de fake news et la désinformation sur sa plate-forme, ainsi que l’utilisation de ses services par des personnes mal intentionnées. Fin 2017, Facebook avait annonçait que sa suite d’applications avait été utilisée par des entités appuyées par la Russie, en vue de créer une division politique au sein des États-Unis avant les élections présidentielles. 


Facebook a également annoncé mercredi que grâce aux nouvelles mises à jour, il ne sera plus possible de retrouver un utilisateur en tapant son numéro de téléphone ou son adresse email dans la barre de recherche de la plate-forme. « Étant donné l’échelle et la sophistication des activités que nous avons constatées, nous pensons que la plupart des profils d’utilisateurs de Facebook ont été copiés de cette manière, explique Facebook. Nous avons donc désactivé cette fonctionnalité ».