Menée du 18 novembre au 5 décembre, l’enquête YPO Global Pulse Survey a interrogé 1 700 chefs d’entreprise issus de 101 pays, sur les opportunités et difficultés attendues en 2022. Près de deux ans après le début de la pandémie, la sortie de crise semble se confirmer. En effet, la majorité des dirigeants interrogés (47%) ont déclaré que leurs perspectives commerciales étaient plutôt favorables pour 2022. Deux facteurs expliquent cette anticipation positive : la croissance des revenus est au rendez-vous (37 % ont fait état d’une augmentation de 20 % ou plus de leur chiffre d’affaires depuis le début de l’année 2021) et la dynamique des embauches se poursuit (38 % des répondants ont connu une augmentation de 10 % ou plus du nombre d’employés depuis le début de 2021). Si le contexte est globalement favorable, les dirigeants d’entreprise se montrent préoccupés (71%) par l’impact de l’inflation sur leur business pour 2022. Autre ombre au tableau, les tensions sur la chaîne d’approvisionnement, qui vont perdurer en 2022, puisque seuls 2% des répondants croient qu’ils seront résolus au début de 2022. En exclusivité pour Forbes France, Pauline Duval, PDG du groupe immobilier Duval et membre du réseau YPO, apporte un éclairage sur les challenges que s’apprêtent à relever les chefs d’entreprise l’année prochaine.


 

Avec quel état d’esprit les dirigeants abordent-ils 2022 ?

Pauline Duval : L’étude réalisée par YPO montre clairement deux choses. La première, c’est que les difficultés à venir sont anticipées par les dirigeants de manière précise. L’inflation, les difficultés d’approvisionnement et les recrutements préoccupent les dirigeants dans tous les pays sondés. Dans le même temps, et c’est un point que je partage également, on peut se réjouir du fait que l’activité économique reprend, que les chiffres d’affaires augmentent depuis le début de l’année 2021 et ce, pour de nombreuses entreprises dans le monde. Autant d’éléments qui favoriseront sans doute un rebond d’activité. Il y a de la part des dirigeants aucune naïveté sur les difficultés à venir, et dans le même temps, un certain optimisme.

 

Dans ce contexte, peut-on espérer de bonnes nouvelles, notamment en matière d’emploi ou d’investissement ? 

Pauline Duval : Quand on regarde dans le détail, la situation s’améliore effectivement pour de nombreuses entreprises sur deux facteurs commerciaux essentiels : la croissance des revenus, que je viens d’évoquer, et l’embauche. Il ressort de cette étude qu’une large partie des entreprises ont recruté, même si bien évidemment, tous les territoires et tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière. En France par exemple, l’étalement des PGE et le chômage partiel ont permis d’amortir l’impact de la crise. 

 

Même si le climat est jugé plutôt favorable, les chefs d’entreprise anticipent des difficultés sur certains fronts.  Pouvez-vous nous en dire plus? 

Pauline Duval : Le point le plus problématique pour la majorité des dirigeants sondés, est les difficultés sur la chaine d’approvisionnement. Presque la moitié des membres du réseau considèrent que la situation ne sera pas rétablie avant 2023. C’est un sujet qui revient souvent dans nos discussions. A cela s’ajoute l’inflation qui inquiète tous les chefs d’entreprises car elle pourrait, par le mécanisme de répercussion sur le prix de vente final, pénaliser les consommateurs en diminuant leur pouvoir d’achat. Je pense notamment au secteur de l’alimentation, de l’industrie et des matières premières.  

 

Sur le front de l’emploi, si les embauches se poursuivent, les entreprises font face à une pénurie de main d’œuvre. Quels sont les secteurs les plus sous tensions ?

Pauline Duval : La pénurie mondiale de main-d’œuvre continue de poser des problèmes à de nombreuses entreprises, tous niveaux de qualification confondus. Nous l’avons bien vu en France, les difficultés à recruter dans le secteur de la restauration par exemple posent de sérieux problèmes aux gérants d’établissements.

 

Deux après, quel bilan tirent les chefs d’entreprise du télétravail ?

Pauline Duval : Leur retour est ambivalent. D’un côté, les dirigeants interrogés n’estiment pas réellement que la productivité est supérieure grâce au télétravail. De l’autre, la plupart des membres du réseau YPO estiment que ces modalités de travail flexibles deviendront plus permanentes. Cela me parait logique, car au-delà des implications sanitaires, la question du temps, des coûts de transports, et de l’impact écologique positif du télétravail sont des arguments forts pour aller vers des modes de travail hybrides. 

 

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