Le marché de l’eSport est en pleine expansion. Grâce aux différentes sources de revenus que sont la publicité, le sponsoring, le ticketing, le merchandising ou encore les redevances aux éditeurs et les droits de diffusion… il représentera plus d’un milliard de dollars en 2019. Pour nous parler de ce phénomène, nous avons interrogé le Responsable des partenariats eSports de la franchise de NBA, les Orlando Magic.

Etant né et ayant grandi en France, Gabriel Causse était, selon ses dires, un élève correct avec un goût et des aptitudes pour le football. Si ses qualités ne lui ont pas permis de devenir joueur professionnel en France, il a su les utiliser pour obtenir des bourses d’études aux Etats-Unis et y lancer sa carrière. Passé par le comité olympique ainsi que par une équipe de football de seconde division, il est aujourd’hui en charge créer des partenariats rémunérateur pour l’équipe eSport des Orlando Magic et d’étendre la notoriété de la marque Magic Gaming.


 

 

Comment fonctionne l’équipe eSport ?

Gabriel Causse : Les joueurs jouent uniquement sur le jeu NBA 2K. Les équipes doivent acheter une franchises eSport auprès la ligue NBA. Il y en avait 17 la première année et déjà 21 la seconde. La ligue organise des détections. 72 000 gamers participent, seulement 102 sont sélectionnés. Cela donne donc six joueurs par équipe qui les “draft” (recrute) comme en NBA. Nos joueurs habitent et vivent ensemble à Orlando. Ils s’entrainent dans le gaming studio durant les 5 mois de la saison. Ils se rendent à New York tous les weekends pour affronter les autres équipes.

La NBA, qui est basée à NYC, souhaite que cela se passe en live dans une salle avec 200 spectateurs. Cela permet de recréer l’ambiance originale NBA et de retransmettre les directs dans les meilleurs conditions sur Twitch.

 

 

Il y a également des transferts. En fin de saison, chaque équipe peut garder 2 joueurs sur 6. Puis, les autres sont reversés dans la draft. Durant la “trade window” (période des transferts), chaque équipe a un round. Les équipes peuvent échanger leur round contre des joueurs. La NBA gère tout cela comme sa 4e ligue : 1/ la Men NBA, 2/ la Women, 3/ la G league pour les jeunes, et 4/ la eLeague, donc.

Il faut savoir qu’un joueur gagne environ 35 000$ pour la saison de 5/6 mois. Ce à quoi viennent s’ajouter des bonus selon performance. Au total, 1,5 million de dollars sont reversés en bonus.

Quel est l’importance de l’eSport aux Etats-Unis ?

GC : L’eSport explose au niveau mondial et les Etats-Unis sont en train de surfer sur la vague. Il y a une grande audience, ce qui représente une opportunité de séduire les jeunes. Ce n’est que le début. Il y a de plus en plus de partenaires qui investissent. Du fait du caractère digital, la croissance paraît illimitée. Pour un jeune c’est idéal, il peut voir le match live et le rejouer sur la console en ayant l’impression de vivre le moment et d’en être le protagoniste.

 

 

Comment les franchises US voient-elles l’Europe ?

GC : Toutes les franchises établissent une stratégie internationale en se concentrant sur des marchés bien précis, pour les Magic qui sont mondialement connu, l’Europe est un marché important avec l’Amérique du Sud. Des joueurs français, tel qu’Evan Fournier, permettent d’ouvrir des portes en France par exemple. Je portais moi-même la casquette des Magic à 7 ou 8 ans.

Lorsque nous avons réalisé un partenariat avec l’AS Monaco c’était pour chercher l’innovation et la rentabilité. C’était un échange de visibilité dans les pays mutuels. L’AS Monaco a ses joueurs de NBA 2k donc on a tout naturellement organisé des matchs. Les partenariats profitent aux sponsors également. Nous sommes d’ailleurs les seuls en NBA à avoir réalisé un partenariat international à travers NBA 2k. Cela prouve encore la fibre créative des Magic.

 

 

Quelle est la tendance actuelle en eSports ?

GC : La création de content sur les réseaux sociaux pour faire grandir la fan base. Cette audience d’eSport aime que les marques soient authentiques et qu’elles aient un vrai but. Cela permet d’attirer les jeunes fans d’eSport vers leur marque historique. Ces jeunes sont appelés les “unreachable“, c’est de plus en plus difficile de les toucher car ils se désintéressent de la publicité classique. Ils utilisent les adblocks pour les masquer, ils ne regardent pas beaucoup la télévision, non plus… En terme marketing, il faut les approcher différemment. C’est une conquête, comme dans un nouveau pays. La création de contenus originaux sur les réseaux sociaux permet cela.