L’Hexagone est de loin le premier marché pour l’approvisionnement viticole de la compagnie du Golfe. Un chiffre illustre cette relation ‘charnelle’ avec notre pays : 100 millions d’euros. C’est la somme dépensée chez nous en 2018 sur une enveloppe globale de 120 millions d’euros, soit 85% des fonds consacrés aux caves tricolores. Focus sur la stratégie œnophile (et francophile) d’Emirates.

La France, sa Tour Eiffel, son musée du Louvre, sa Côte d’Azur, et ses grands crus. En dépit d’une concurrence de plus en plus agressive, les vignobles français continuent de participer au rayonnement de notre pays. Consommés et désormais produits aux quatre coins du monde (on recense un peu plus de 100 pays producteurs aujourd’hui, contre 35 dans les années 80, d’après l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin dite ‘OIV’), les spiritueux sont de fait un produit particulièrement prisé des compagnies aériennes. Service minimum pour certaines ou véritable plan décennal pour d’autres, chacune y allant de sa stratégie. Dans l’écosystème, Emirates s’illustre par son approche très ambitieuse et son ancrage dans notre terroir savamment étudié. Une politique qui prend le contre-pied de consœurs encore nombreuses à privilégier les intermédiaires.

​« Alors que la plupart des compagnies aériennes achètent leur vin par l’intermédiaire de négociants ou dans le cadre d’appels d’offres, les équipes d’Emirates ont établi des relations directes et privilégiées avec certains des vignobles les plus prestigieux au monde – principalement implantés en France – afin de servir à nos passagers des vins rares et exclusifs. », expose Cédric Renard, directeur général France d’Emirates.  « La stratégie d’Emirates dans le domaine vinicole consiste à acheter des vins exceptionnels en primeur, des années avant leur mise sur le marché, et à les laisser arriver à maturité pour leur permettre d’exprimer tout leur potentiel avant de les servir à bord de ses appareils. », développe le dirigeant. Emirates détient ainsi la plus importante cave à l’échelle des grandes compagnies aériennes. Située en Bourgogne, cette dernière abrite actuellement près de 7 millions de bouteilles de grands crus, dont certaines ne seront proposées à la dégustation qu’à partir de 2035. 

©Emirates

L’avionneur émirati propose actuellement à bord de sa flotte 37 cépages différents de vins et champagnes tricolores. Les vins rouges de Bordeaux servis en classe affaires restent en moyenne 8 à 10 ans dans la cave d’Emirates, tandis que ceux réservés à la première classe sont débouchonnés en moyenne 12 à 15 ans après leur achat. Le groupe est par ailleurs le premier partenaire mondial de Dom Pérignon. L’expérience est réservée aux passagers voyageant en première classe. « Ces investissements importants et continus reflètent notre volonté de toujours offrir à nos clients des produits et services de qualité supérieure, tout en contribuant également à la croissance de notre entreprise et à l’économie des régions viticoles du pays. Cet engagement s’étend également à la cuisine que nous servons à bord, et qui met l’accent sur des menus d’inspiration régionale aux saveurs locales. », poursuit Cédric Renard.

Dans ce mix, il est aussi question de diversifier l’offre en référençant des nectars issus de marques artisanales de niche, ainsi que des breuvages populaires et appréciés tels que les cognacs Hennessy, servis dans toutes les classes. Quant au prestigieux cognac Paradis Hennessy, il est disponible en exclusivité en première classe, et pour une période limitée, et, sur certains vols, le très rare Paradis Impérial Hennessy. De quoi donner le vertige aux œnophiles les plus avertis !

Lune de miel réciproque

Cette année, la compagnie met à l’honneur trois grands crus :

le Château Margaux 2004, souvent appelé le Versailles du Médoc, ce 2004 présente des notes pures de framboise, de groseille et de boîte à cigares avec une nuance de graphite. Le Château Cos d’Estournel 2005​, une cuvée aux arômes de crème de cassis, cerise noire, violette et épices exotiques. Et le Château Montrose 2005, un cépage qui concentre des fruits rouges avec des notes de cèdre, de graphite et des notes florales.

Les Emirats arabes unis ont toujours affiché un intérêt marqué pour le patrimoine français, qu’il soit culturel ou académique avec l’ouverture du musée Louvre Abu Dhabi et la Sorbonne Abu Dhabi, ou gastronomique avec la passion des vins tricolores. Une lune de miel visiblement réciproque au regard des chiffres exponentiels de touristes français choisissant la destination. En 2018, ce sont près de 250 000 compatriotes qui ont posé leurs valises entre mer et désert aux Emirats. Pour soutenir la demande, la compagnie nationale programme 35 vols hebdomadaires au départ de Paris, Nice et Lyon.

2020 s’annonce déjà comme un cru exceptionnel en prévision de l’organisation de l’Exposition universelle à Dubaï.