La société de livraison de repas Deliveroo publie ses résultats. Selon le cabinet Capital Economics, 200 millions d’euros de revenu additionnel ont été générés par les commandes réalisées par ses clients et pour ses restaurateurs partenaires. L’entreprise se targue de créer de l’activité pour les restaurateurs alors même qu’elle n’emploie pas ses livreurs.

200 millions d’euros. C’est le revenu additionnel, pour les 3 334 restaurateurs partenaires en France (35 000 au total), généré par les commandes des clients Deliveroo. Le chiffre a été calculé par Capital Economics, un cabinet d’études mandaté par Deliveroo qui publie ses résultats le 27 novembre, sur la période comprise entre juin 2016 et juin 2017. « Nous voulions réaliser une étude afin d’avoir une sanction officielle de l’impact que l’on a sur l’économie française », indique Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo en France.


Implantée en France depuis deux ans et demi, la société de livraison de repas récolte régulièrement les retours des restaurateurs partenaires. Avec cette nouvelle étude, la jeune entreprise comptait chiffrer son impact. « C’est un revenu supplémentaire sans coût fixe pour les restaurateurs », puisqu’ils n’ont pas besoin d’embaucher des livreurs, remarque Hugues Decosse.

14,38 euros de l’heure, moins les charges

7 500 livreurs qui ne sont pas non plus employés par Deliveroo, puisqu’ils collaborent avec l’entreprise anglaise sous le statut d’auto-entrepreneur. Mais Deliveroo additionne : 7 500 livreurs, plus 111 salariés entre Paris, Lyon et Bordeaux pour les fonctions commerciales, opérationnelles, marketing et relations clients. A cela s’ajoute, selon l’étude, 2 400 personnes embauchées par les restaurateurs partenaires, pour s’adapter spécifiquement aux nouvelles demandes (notamment en terme de contrainte horaires) issues de la livraison de repas à domicile. Total : 10 011 personnes travaillant grâce à Deliveroo. Selon l’étude, « un restaurateur sur cinq a étoffé son menu et a adapté ses horaires d’ouverture pour faire face à la demande de livraison ». Un surplus d’activité qui débouche donc sur 200 millions d’euros de revenu additionnel. « Nous sommes très fiers de notre impact économique sur les restaurants dont le secteur a beaucoup souffert en 2015 et 2016 », appuie Hugues Decosse.

Pour les livreurs, les choses évoluent chez Deliveroo. « Tout le monde est payé à la course, soit 5,75 euros à Paris et 5 euros en région », indique Hugues Decosse. L’entreprise a en effet été taclée par certains de ses livreurs en raison du changement de mode de rémunération. A l’origine, les coursiers étaient payés 7,5 euros de l’heure, auxquels s’ajoutaient 2,5 euros par course. En août 2016, l’entreprise informe que ses nouveaux livreurs seront rémunérés uniquement à la course. Depuis fin août 2017, non sans contestation, les livreurs sont tous payés de la même manière. « Auparavant, la moyenne était de 1,5 course réalisée par heure, désormais, avec l’augmentation de la demande et l’amélioration des algorithmes qui répartissent les course, les livreurs font en moyenne 2,5 courses par heure », détaille Hugues Decosse. A 5,75 par course, un livreur gagnerait donc en moyenne 14,38 euros de l’heure. En heure de pointe, c’est 3,2 courses par heure et par livreur, selon un sondage Harris Interactive réalisé en mars 2017. Soit 18,4 euros de l’heure. Ce de quoi il faut déduire les charges liées au statut d’auto entrepreneur qui peuvent s’élever à 23%.  

Casque et lumières

En moyenne, toujours selon le sondage, les livreurs collaborent avec Deliveroo 22 heures par semaine, avec une médiane à 18 heures. « Nous avons des profils très variés : des étudiants qui vont faire religieusement 10 heures par semaine, des personnes en reconversion qui vont travailler presque à temps plein pendant six mois et qu’on ne revoit plus, des intermittents qui effectuent deux mois à fonds puis plus rien pendant plusieurs mois… », se félicite Hugues Decosse, ravi de contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat des étudiants et de permettre à des personnes peu qualifiées de trouver un emploi d’appoint.

Qui dit rémunération à la course, dit augmentation de la prise de risques pour gagner plus ? Pas forcément rétorque Hugues Decosse faisant le parallèle avec les taxis. Mais l’entreprise, critiquée sur le manque de sécurité de ses livreurs, fait des efforts dans ce domaine, avec pour questionnement principal : « comment inciter des indépendant à faire plus attention ? ». Depuis janvier, une responsabilité civile gratuite leur est proposée, depuis septembre une assurance prévoyance accident. « Elle n’est valable que si le coursier portait un casque, des lumières et respectait le code de la route », souligne Hugues Decosse. Sacrée incitation. « Dans le contrat de prestation que nous signons avec chaque livreur, est inscrit un rappel de la nécessité de respecter le code de la route. » Nouveauté, l’entreprise va proposer – car elle ne peut l’imposer à des indépendants – de leur offrir un casque et des lumières. En plus du t-shirt et du sac qu’ils reçoivent déjà.