Une fois n’est pas coutume, LVMH a fait état de résultats semestriels particulièrement solides ce mardi soir, permettant à la première capitalisation boursière du CAC 40 de renforcer son leadership sur le marché mondial du luxe. Toujours tirée par son navire amiral Louis Vuitton.

Des publications qui se suivent et se ressemblent mais toujours aussi riches en enseignements. Comme escompté, après un premier trimestre de haute voltige, LVMH a fait état de résultats tout aussi solides pour clôturer cette première partie de l’année 2018, après un exercice 2017 rondement mené. La belle mécanique du groupe de l’avenue Montaigne  ne s’enraye pas comme en atteste une croissance organique de 12% sur les six premiers mois de l’année. Un indicateur qui grimpe à 14%,  en excluant l’impact de l’arrêt fin 2017 de la concession de l’aéroport de Hong Kong. Ce qui permet ainsi au joyau de Bernard Arnault de surperformer (allègrement) le marché dont la progression est peu ou prou estimée à 6-8% par le cabinet Bain & Co. Sur le front des ventes, LVMH est resté en ligne avec le consensus Inquiry Financial pour Reuters, avec un chiffre d’affaires de 21,75 milliards d’euros, en hausse de 10%. A taux de change constants, les ventes ont augmenté de 12%, dont une progression de 11% sur le seul deuxième trimestre. Si la performance mérite un satisfecit, elle demeure néanmoins légèrement en deçà des 13% enregistrés au premier trimestre. Signe des standards particulièrement exigeants du groupe aux 70 marques.  


Particulièrement scrutée et décortiquée chaque trimestre, la division mode-maroquinerie, qui abrite en son sein la pépite Louis Vuitton, voit sa croissance organique croître de 13% au deuxième trimestre. Pour rappel, ce seul « pôle » assure près de 60% des bénéfices du groupe pour cette première moitié 2018.  « La rentabilité de Louis Vuitton se maintient à un niveau exceptionnel », souligne LVMH. Si la marge de la marque demeure un secret jalousement gardé, les analystes estiment néanmoins qu’elle dépasse aisément les 40%. Une progression notable de la division phare du groupe… qui demeure néanmoins, à l’instar du chiffre d’affaires global, en deçà de la hausse enregistrée entre janvier et mars, période où la division affichait une croissance encore plus soutenue, à 16%. De son côté, le résultat opérationnel courant s’établit, pour l’ensemble du semestre, à 4,64 milliards d’euros, grimpant de 28% sur la période. La marge opérationnelle courante ressort à 21,4% soit une hausse de 2,9 points, tandis que le résultat net part du groupe s’élève à 3 milliards d’euros, explosant les compteurs puisqu’il s’envole de 41% par rapport à l’an passé à pareille époque.

“Nous avons fait en un semestre ce que nous faisions en une année en 2010”

Toujours (très) prudent au moment de commenter les résultats de son groupe tentaculaire (70 marques parmi lesquelles, outre Louis Vuitton, Céline, Guerlain, Sephora, Tag Heuer ou encore Hennessy), Bernard Arnault a néanmoins salué une « performance d’autant plus remarquable que l’environnement monétaire est défavorable ». Avant néanmoins de renouer avec son flegme et sa prudence légendaires, incitant les investisseurs à ne pas « extrapoler les tendances de ce premier semestre » pour la seconde moitié de l’année. Mais le bilan est particulièrement flatteur pour la quasi-totalité des « étoiles » de la constellation LVMH puisque les divisions mode et maroquinerie (Louis Vuitton, Dior), parfums et cosmétiques (Givenchy, Dior, Guerlain) ou encore montre et joaillerie (Tag Heuer, Hublot, Zenith) ont crevé le plafond avec une croissance supérieure à 15%. En revanche, la distribution sélective (Sephora, Le Bon Marché) n’atteint pas ces standards, avec une croissance organique avoisinant les 10%.

Enfin, la division vins et spiritueux – la deuxième division la plus rentable du groupe – a vu sa croissance tomber à 3% sur le seul deuxième trimestre (après 10% au premier grâce notamment aux ventes de cognac pour le nouvel an chinois). Une baisse qui intervient alors que certaines inquiétudes ont émergé concernant l’évolution de la demande chinoise, liées notamment à la baisse de la Bourse de Shanghai, du rénminbi et des prix de l’immobilier, le groupe a vu sa croissance décélérer en Asie, hors Japon (+15% au deuxième trimestre après +21% au 1er). Une « petite » désillusion qui n’altère en rien l’éclatante santé financière de LVMH et ce tableau de marche particulièrement impressionnant. « Nous avons fait en un semestre ce que nous faisions en une année en 2010 », a noté Jean-Jacques Guiony, directeur financier de LVMH.  Sans commentaires.