Qu’est ce-qui motive les repreneurs d’entreprise ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre les organisateurs de Transfair, les rencontres de la transmission d’entreprise, organisées le 21 novembre 2019 au Palais des Congrès de Paris.

 


Le potentiel de croissance, “l’humain”, la dynamique du territoire… Plusieurs facteurs motivent les repreneurs d’entreprise à se lancer dans ces aventures entrepreneuriales. L’enjeu est de taille : près de 700 000 salariés sont concernés. 

La transmission d’entreprise est un enjeu majeur pour l’économie française et pour l’emploi. En 2016, en France, plus de 51 000 PME et ETI ont été cédées, avec plus de 770 000 salariés concernés selon la BPCE.

Mais la reprise patine. Malgré les opportunités, le nombre de transmissions-reprises a chuté d’un tiers entre 2013 et 2016 (de 76 000 à 51 000), tendance qui se poursuit sur 2017-2018. Pourtant, la transmission va concerner de plus en plus d’entreprises et d’emplois. L’âge moyen des dirigeants augmente et les chefs d’entreprise témoignent d’une envie de céder et reprendre plusieurs fois dans leur vie entrepreneuriale.

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Comment rendre attractives les entreprises aux yeux des repreneurs potentiels ? C’est pour mieux comprendre les facteurs déterminants de la cession-reprise que les partenaires co-fondateurs de Transfair ont mené une étude approfondie auprès d’un panel de chefs d’entreprise et repreneurs potentiels.

Parier sur la croissance

Le potentiel de croissance de l’entreprise est de loin le premier critère dans la reprise d’une entreprise. 55% des répondants estiment qu’il exerce une influence primordiale. Il est ainsi considéré comme plus important que la rentabilité, jugée primordiale par 37% des répondants, ou la valeur de l’entreprise, jugée primordiale par 25% des répondants.

« Présenter une vision à long terme, un plan de croissance, une évolution potentielle » est la méthode la plus souvent citée spontanément par les répondants pour améliorer l’attractivité d’une entreprise (à égalité avec l’amélioration de la rentabilité et du CA).

“Les chiffres montrent que, grâce aux investissements et à l’élan du nouveau dirigeant, une reprise permet bien souvent d’améliorer la croissance et l’emploi. Le rôle de l’expert-comptable est justement précieux pour aider les porteurs de projet à mesurer plus précisément ce potentiel… et à en faire une réalité », explique Laurent Benoudiz, Président de l’Ordre des Experts-Comptables de Paris Île-de-France

L’humain au centre des décisions de reprise
 
« L’équipe, les ressources humaines et le savoir-faire de l’entreprise » est le 3ème critère le plus souvent cité spontanément lorsqu’on pose la question « qu’est qui rend une entreprise attractive aux yeux des repreneurs ? ».
 
On remarque aussi que les talents internes à l’entreprise influencent la décision de reprise de 92% des répondants (dont 37% estiment qu’ils exercent une influence primordiale sur leur décision). 
 
“La principale richesse de l’entreprise est celle des collaborateurs qui la composent. C’est un lien de confiance qui entraîne le dynamisme entrepreneurial entre cédant, repreneur et collaborateurs”, analyse Dominique Restino, Vice-Président de la CCI Paris Ile-de-France.
 
L’attractivité du territoire reste fondamentale 
 
71% des répondants estiment que l’attractivité du territoire (accessibilité, bassin d’emplois, incitations fiscales…) influence davantage leur décision de reprise que l’attachement au territoire. Les repreneurs semblent donc mobiles et prêts à faire entrer les différents territoires en concurrence.
 
En revanche, l’attachement au territoire (l’attachement affectif ou personnel à la région, la localité dans laquelle est implanté le siège de l’entreprise ou ses succursales) est un critère rarement pris en compte dans la reprise d’une entreprise. Seuls 59% des répondants estiment que cet attachement a une influence sur leur décision et seuls 8% estiment que cette influence est primordiale.
 
Pour le plaisir
 
74% des répondants estiment que le plaisir entrepreneurial influence ou influencerait leur décision de reprendre une entrepriseNéanmoins, cette notion de plaisir est surtout importante pour ceux qui n’ont pas encore repris d’entreprise.
 
Ils sont 68% à considérer que cela a ou aurait une influence forte sur leur décision (vs. 53% pour ceux qui ont déjà repris une entreprise pour leur propre compte).
 
Même si le plaisir influe moins ceux qui sont déjà passés à l’acte, 50% des repreneurs pour leur propre compte ont repris plus d’une entreprise.