Présidant aux destinées de BMW France depuis maintenant près d’une année, Vincent Salimon détaille la feuille de route du constructeur munichois qui mue pour devenir un « fournisseur de solutions et de services de mobilité ».

Plus propre, plus sûr, plus connecté ?

VINCENT SALIMON. Ce triptyque est indissociable de la stratégie de BMW. Mais pas demain. Aujourd’hui. La gamme BMW dans son ensemble regorge de véhicules déjà plus propres, plus sûrs et plus connectés. Cette stratégie a pris corps il y a déjà une dizaine d’années. En effet, dès 2007, via notre plan « Number One », nous avions la volonté chevillée au corps de positionner BMW non plus comme un constructeur automobile mais comme un fournisseur de solutions de mobilité premium.

Un dernier aspect qui fait partie intégrante de la force et de l’ADN de notre marque. J’irai même plus loin en disant que l’avenir appartient aux fournisseurs de solutions et de services de mobilité. Cette approche était, à l’époque, particulièrement visionnaire de l’évolution du marché automobile. Nous ne pouvions pas nous limiter à la structure actuelle de l’automobile. Les problèmes d’émission de CO2 , par exemple, ne datent pas d’hier. Et nous, chez BMW, nous travaillions déjà, au sortir des années 2000, sur des modèles à l’hydrogène.

Commençons par les véhicules propres 

V.S. A court terme, tout passe par l’électrique. Nous avons lancé, il y a plus de dix ans, le projet« BMW i » et présenté, en octobre 2013, BMW i3 : une voiture électrique conçue ex nihilo pour les centres urbains. Nous n’avons pas fait le choix, à l’instar d’autres constructeurs, de démarrer cette aventure avec un châssis et une coque déjà existants. Ce modèle est sorti de terre sans idées préconçues, avec deux contraintes seulement, mais pas des moindres. Il lui fallait préserver le plaisir de la conduite, indissociable de BMW, et s’inscrire dans un écosystème de développement durable. Nous avons ainsi créé une usine équipée de quatre éoliennes, autonome en termes d’énergie. Au total, nous avons livré l’année dernière 100 000 véhicules « électrifiés », pleinement électriques ou hybrides rechargeables.

Notre gamme comprend 10 modèles électriques, dont le scooter C-Evolution, lancé en 2014, que les Français s’arrachent : l’Hexagone représente 50% du volume mondial de ce modèle. Cela s’explique notamment par le fait que la France est l’un des rares pays où un deux-roues est considéré comme un outil de travail. Le « tout électrique » est une solution de mobilité pour les centres urbains tandis que l’hybride rechargeable permet un complément d’utilisation autour de ces mêmes centres urbains. Et il y a encore beaucoup de place pour les motorisations traditionnelles. D’où cette approche globale. Pour l’utilisateur urbain qui roule 20 à 30 kilomètres par jour, la voiture électrique, comme l’i3, est parfaite. Pour ceux qui vivent en banlieue et roulent plus de 50 kilomètres quotidiennement mais qui s’éloignent davantage le week-end, l’hybride rechargeable est parfaite. Enfin, nous continuons donc de croire à l’essence et au diesel, pour ceux qui font plus de 15 000 kilomètres par an.

Plus autonomes? 

V.S. Quatre modèles dans notre gamme, les séries 5, 7 et 6 Gran Turismo, ainsi que la X3, peuvent attester de nos avancées en la matière. Avec la capacité de faire se mouvoir la voiture à distance ou encore une facilité pour se garer dans un endroit un petit peu serré. Cela rejoint d’ailleurs, d’une certaine façon, la notion de sécurité de votre question inaugurale. Par exemple, l’assistant d’embouteillage présent dans les véhicules ou encore une autonomie totale sur l’autoroute, en Allemagne, jusqu’à 200 km/h.

Plus connectés ? 

V.S. Nous avons une application baptisée BMW Connected qui permet de prolonger l’expérience de la voiture sur son smartphone et d’avoir toute une série d’informations sur l’autonomie de la voiture : savoir, par exemple, si le rechargement s’effectue dans de bonnes conditions, la préchauffer, l’ouvrir à distance mais également surveiller l’environnement de la voiture. Nous souhaitons ardemment que l’expérience BMW du conducteur dans sa voiture aille plus loin, même en étant physiquement à distance de son véhicule. Une manière, en somme, de « prolonger le plaisir ». Nous voulons clairement continuer à tracer ce sillon et poursuivre la stratégie de notre groupe. BMW a déjà dépassé sa condition de constructeur automobile…

Plus partagés ? 

V.S. Nous croyons fortement et fermement en cette alternative. Il s’agit d’une solution de mobilité complémentaire au véhicule individuel. Pour vous présenter la structure stricto sensu, vous avez, via un abonnement, la possibilité de partager l’utilisation d’un véhicule. La spécificité de ce service est qu’il repose sur le principe du free floating. Contrairement à Autolib où vous êtes obligés de prendre une voiture à un endroit, et de garer la voiture à une même borne, le « free floating », comme son nom l’indique, vous permet de prendre un véhicule où vous voulez, dans une zone bien définie de la ville, et de le déposer ensuite où vous le souhaitez dans la même zone.

Le succès a rapidement été au rendez-vous puisque nous sommes présents dans 13 villes, avec 6 000 véhicules en parc, et nous avons plus d’un million d’abonnés. Vous pouvez l’utiliser à Munich ou à Berlin mais, malheureusement, à ce jour, vous ne pouvez pas l’utiliser à Paris. Nous réfléchissons néanmoins à un déploiement plus large en Europe. En outre, le parking, l’essence et la location de la voiture sont compris dans le tarif de location du véhicule. La mobilité ne repose pas non plus uniquement sur le fait de louer une voiture mais davantage de partager l’utilisation d’une voiture tout en ayant accès à des solutions de recharge et à des parkings.

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