Fondée et dirigée depuis 2009 par Alice Guilhon – l’une des très rares femmes à incarner cette fonction –  Skema (School of Knowledge Economy and Management) s’est imposée en quelques années dans le Top Ten des meilleurs écoles de commerce en France et à l’international. Une école basée sur la globalisation, la créativité et l’innovation, en relation étroite avec les entreprises. Avec comme président de son CA, Jean Philippe Courtois, Vice-président de Microsoft.

 

Qu’est ce qui vous a conduit à créer SKEMA et dans quelle optique?

SKEMA est née en 2009 de la fusion de deux écoles : l’ESC de Lille et le CERAM Business School de Sophia Antipolis que j’ai dirigé un temps. Enseignante et chercheuse en intelligence économique, j’ai constaté via des audits que l’enseignement dans la majorité des écoles de commerce n’était plus en adéquation avec une économie qui se globalise et va vers la Connaissance. J’ai analysé ce dont avaient besoin les entreprises internationales en matière de talents et de savoirs et j’ai dessiné le concept de SKEMA : comment faire pour que  nos étudiants soient prêts à l’emploi partout dans le monde et répondre à  cette problématique de la globalisation de l’économie et de la connaissance ?

Cette économie de la connaissance se caractérise par l’effet globalisé de son produit, par un fort multiculturalisme, et l’innovation et la créativité deviennent des prérequis pour les entreprises. Nous avons ainsi trois concepts clés : la globalisation et le multiculturalisme, la performance durable, l’entreprenariat et l’innovation. C’est dans cette optique que SKEMA veut former des managers et dirigeants mobiles et adaptables, aptes à évoluer dans l’économie de la connaissance, capables d’engendrer de la performance durable en respectant les enjeux sociaux, environnementaux et financiers, désireux de créer de la valeur en innovant constamment, et respectueux de la diversité multiculturelle et sociale.

 

Comment se traduit la dimension « globalisation et multiculturalisme » ?

Plus on vit dans la globalisation, plus les spécificités locales (culturelles) sont fortes. Le management ou la finance ne sont pas les mêmes en Chine, qu’au Brésil, qu’aux Etats Unis… Comprendre ces spécificités régionales au sein de la globalisation est notre enjeu majeur.

Pour cela, nous avons 6 campus dont 3 à l’étranger (d‘autres sont en projet) et les étudiants peuvent poursuivre leur cursus en changeant  de site tous les six mois avec un  programme commun à tous nos sites, plus les spécificités de l’environnement économique du pays d’implantation. A Sophia Antipolis, on  insiste sur l’international, à Lille, sur le commerce, en Chine, sur l’entreprenariat et la digitalisation de la finance….les entreprises qui ont des filiales à l’international ont besoin de profils qui pensent « global »et sachent s’adapter et agir dans un contexte local.

Alice Guilhon

 

Le Management des connaissances est au cœur de votre programme : quelles notions recouvre-t-il ?

On est passé d’une économie industrielle à une économie de la connaissance où l’actif stratégique est devenu le savoir, la connaissance, et le partage de l’information. Avec le constat que la connaissance est un bien qui se développe quand on l‘utilise (contrairement à la technologie qui se déprécie) : plus on partage l’information et le savoir, plus cela croit et s’étend. Cette économie de l’information et de la connaissance est l’ADN de SKEMA.

Tous nos enseignements sont traversés par les caractéristiques de l’économie de la connaissance : innovation, multiculturalisme, globalisation… tout ce qui permet de transversaliser les processus des entreprises aujourd’hui.

 

Innovation et créativité sont un pilier de SKEMA qui travaille très étroitement avec les entreprises et a lancé la Global Entrepreneurship Initiative : pouvez-vous développer ?

La créativité et l’innovation sont des talents que recherchent les entreprises, plus qu’un contenu ou une expertise et le profil de nos étudiants y répond. Ce sont des jeunes qui veulent créer leur propre boîte plutôt que de se conformer à des parcours classiques. Quand ils intègrent SKEMA, ils présentent un projet de création d’entreprise lors de challenges où ils sont en présence de professionnels : créateurs d’entreprise et de start-up, incubateurs, financeurs, conseillers… Nous retenons les projets viables et  sur tous nos sites, nous sommes en partenariat avec ces professionnels pour permettre un processus d‘accompagnement et d’incubation de A à Z des projets quelque soit le campus sur lequel les élèves sont. 

A SKEMA, il y a une implication systématique des entreprises globales dans l’école (gouvernance, programmes, incubateurs, recherche, étudiants), des valeurs d’excellence, d’humanisme, de diversité et d’innovation dans le management de l’école. Et une contribution à la communauté et aux territoires dans lesquels l’école est implantée.

 

Le dernier campus de Skema a été ouvert au Brésil : pourquoi ce choix ?

L’Amérique latine est un pays où l’on peut innover, créer et aider les entreprises et où il n’y avait aucune offre d’écoles internationales. Il y a d‘énormes besoins en management pour accompagner  l’évolution des marchés émergents et nous voulons nous implanter dans des pays où nous pouvons contribuer à un meilleur management des sociétés. Pour l’heure nous avons 200 élèves. Nous en aurons 600 l’an prochain et en attendons 1000 en 2018. Nous travaillons avec la Fondation Dom Cabral avec qui nous partageons les mêmes valeurs, avec des incubateurs locaux ainsi qu’avec la Chambre de Commerce du Minas Gerais.

 

Quels sont vos axes stratégiques d’ici 2020 ?

Nous voulons consolider notre image d’école globale reconnue pour sa stratégie internationale unique, devenir l’école de l’économie de la connaissance et l’école engagée dans ses territoires d’implantation. Nous visons de devenir l’école de management de référence dans les technopoles. SKEMA va investir 15 millions d’euros sur 5 ans autour de l’innovation technologique, et va ouvrir un programme Big Data avec Microsoft. L’idée est de cerner vers quels types de métiers on est en train d‘aller pour que ce programme nous permette d‘anticiper la création des métiers de la digitalisation dans les 20 prochaines années.

 

Le CA de SKEMA compte 9 grands diplômés et chefs d’entreprise, dont son président Jean Philippe Courtois, Vice-président exécutif et Président Monde des Ventes, du Marketing et des Opérations de Microsoft: que dénote ce choix ?

Il est le reflet de notre ADN : globalisation, entrepreneuriat, digital. Dans les écoles de commerce, la plupart des CA sont composés d’académiques. A SKEMA, ce qu’attendent les grandes entreprises est notre première préoccupation. C’est pourquoi j’ai voulu avoir un CA de dirigeants de haut niveau dans les entreprises globalisées et pour la plupart diplômés de l’école. Nous avons entre autres Frédéric Allard (Directeur Technique Europe & Directeur d’établissement, IBM), Edouard Roquette (Président du CA de Roquette SA),Didier Bonnet (Executive Vice President & Global Practice Leader, Capgemini consulting), Pierre-Antoine Dusoulier (PDG d’Ibanfirst), Véronique Gautier (Directrice Générale  de Giorgio Armani Parfums et Beauté, L’Oréal), Géraldine Le Meur (Associée & Fondatrice de The Refiners) et notre président Jean-Philippe Courtois.