Mercredi 18 août, les responsables des agences des Nations unies pour les enfants, les réfugiés et l’aide alimentaire en Afghanistan ont déclaré que les talibans n’avaient pour l’instant pas entravé la poursuite du travail de l’ONU.

 

Le coordinateur humanitaire de l’ONU pour l’Afghanistan « a été en contact avec de hauts responsables talibans » à Kaboul, a déclaré Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général António Guterres, lors d’un point-presse, sans préciser la teneur de la discussion.
Dans certaines villes, les talibans ont autorisé les jeunes filles en âge d’aller à l’école à retourner en classe, a déclaré Hervé Ludovic De Lys, le responsable du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) en Afghanistan. Toutefois, l’on ignore si les filles fréquentant des classes supérieures ou l’université ont été autorisées à reprendre les cours.
Selon Caroline Van Buren, responsable du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Afghanistan, les rapports indiquant que certaines femmes subissent des restrictions importantes de leurs libertés sont « très préoccupants » (dans certaines régions, les talibans ont interdit aux femmes de travailler à l’extérieur ou de quitter leur domicile sans être accompagnées par un homme de leur entourage).

Si de nombreux Afghans tentent de quitter le pays, la principale crise migratoire concerne les millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays (à ce jour, 550 000 déplacés), selon Caroline Van Buren. Chaque semaine, environ 20 000 à 30 000 personnes quittent le pays ou y entrent par des points de passage informels (peu d’Afghans possèdent les documents de voyage ou les visas nécessaires pour franchir les points de passage officiels). Ce chiffre n’a pas évolué depuis le début de l’offensive des talibans au printemps.
Actuellement, l’ONU transfère une centaine d’employés dans un bureau au Kazakhstan a déclaré Stéphane Dujarric, mais aucun n’est de nationalité afghane. « Les femmes sont très inquiètes et ignorent si elles pourront continuer à travailler », a indiqué Caroline Van Buren. « La majorité des femmes, si elles pouvaient partir, le feraient. »
Nombreux sont ceux qui tentent de quitter le pays : plus de 18 000 personnes attendent que les États-Unis se prononcent sur leur demande de visa spécial. Pour autant, la principale crise migratoire à laquelle l’Afghanistan est confronté concerne les déplacés internes. Selon le HCR, 550 000 Afghans ont dû fuir leur maison. Les déplacés internes manquent souvent de denrées alimentaires et de produits de première nécessité, notamment d’abris et de soins de santé, selon le commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU. En Afghanistan, 14 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Graison Dangor

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