Au terme d’un festival qui, pour la première fois, se déroulait en plein mois de juillet, le jury a tenu à récompenser des talents pas encore primés lors d’une cérémonie abracadabrantesque. Notre reporter Théodore Laurent, qui a couvert le Festival pour Forbes, revient sur ce palmarès.


Le suspens n’a pas tenu longtemps lors de la cérémonie de remise de prix de la 74e édition du festival de Cannes. Invité par la maîtresse de cérémonie Doria Tillier à révéler le premier gagnant de la soirée, le président du jury a dévoilé dès le début de celle-ci le vainqueur de la Palme d’or. Malgré l’intervention de sa jurée Mélanie Laurent, le mal était fait.

C’est donc le très subversif Titane de Julia Ducournau qui a reçu la distinction suprême. Deuxième femme à remporter la palme après Jane Campion en 1993 avec La leçon de Piano, la réalisatrice se démarque également par son âge : 37 ans. Julia Ducournau avait déjà frappé fort en 2016 avec son premier long-métrage Grave. Présenté à la Semaine de la Critique, le film racontait l’histoire d’une jeune femme végétarienne se découvrant des pulsions cannibales.

Le grand prix, sorte de médaille d’argent, a été remis à l’Iranien Asghar Farhadi pour Un héros et au Finlandais Juho Komen pour Compartiment n°6. Le premier cité était même un temps pressenti pour la palme d’or avec le portrait d’une société iranienne rongée par la méfiance, la manipulation et la brutalité du système judiciaire.

Un seul cinéaste déjà primé

La 3e fois fut la bonne pour Léos Carax qui a remporté son premier trophée cannois, avec le prix de la mise en scène pour Annette. Le cinéaste, habitué de la Croisette, avait déjà présent en compétition officielle Pola X en 1999 et Holy Motors en 2012.

Drive My Car de Ryusuke Hamaguchi s’est vu récompensé du prix du meilleur scénario alors que beaucoup d’observateurs le voyaient plus haut. Ce voyage dans les méandres intérieurs d’un metteur en scène et de sa chauffeuse a envouté la presse internationale grâce à de longues scènes de dialogues prenantes et des silences qui le sont tout aussi.

Seul réalisateur à avoir déjà été primé à Cannes, Apichatpong Weerasethakul a reçu pour Memoria, le prix du jury ex aequo avec Nadav Lapid pour Le genou d’Ahed.

L’acteur Caleb Landry Jones est apparu dépassé par les émotions au moment où son nom a été appelé pour venir récupérer le  prix d’interprétation masculine. Une décision qui fait consensus tant Nitrate tient en équilibre grâce au talent du jeune acteur. La Norvégienne Renate Reinsve, éblouissante dans le portrait tout en ambivalence d’une femme au XXIe siècle, s’est vu décerner le prix d’interprétation féminine.

Le jury a réussi à insuffler un vent de fraîcheur dans un secteur où il est de plus en plus difficile de sortir d’une certaine forme de conformisme.

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