Depuis 1988, la société française Érélia est spécialisée dans la fabrication et la commercialisation des outils de pesage industriel. Philippe Lhoste en est à la tête depuis 2016, et lui construit peu à peu une nouvelle identité. Entre industrie et technologies innovantes, l’entreprise propose entre autres la digitalisation du contrôle statistique des poids des produits préemballés. Elle est aujourd’hui le leader des logiciels compatibles à toutes les marques de balances pour le contrôle des poids nets des produits préemballés, remarquable par le signe (e) sur les étiquettes des produits. De son parcours atypique, Philippe Lhoste en a tiré une force et souhaite la transmettre autour de lui.

 

Quelle est votre histoire ?

Philippe Lhoste : Petit, j’ai été trouvé dans la rue en Corée du Sud, puis j’ai été pris en charge par un orphelinat. Une famille française m’a adopté, et je suis arrivé en France à 5 ans, où j’ai grandi dans le Sud-Ouest. Mes parents m’ont apporté tout leur soutien lors de mes études supérieures, et j’ai obtenu mon diplôme Ingénieur Arts et Métiers ParisTech, qui forme des ingénieurs généralistes de haut niveau dans les domaines du génie mécanique, du génie industriel et du génie énergétique. Travailler dans l’industrie me tient à cœur depuis toujours. D’abord parce que mon père l’a fait avant moi, mais aussi car j’en partage la culture et les valeurs.

J’avais envie d’entreprendre dès la sortie de l’école, quand d’autres trouvaient une place en entreprise. J’ai alors créé ma première start-up avec des amis de ParisTech. Elle n’a pas eu le succès escompté, mais je considère qu’un échec est toujours utile, car il nous permet d’apprendre de nos erreurs. Je me suis ensuite lancé comme salarié dans le monde de l’informatique, puis j’ai fait mon entrée à Érélia en 2012, en tant qu’associé et futur repreneur. J’ai su provoquer ma chance, comme je l’ai fait durant toute ma vie. Érélia aborde les nouvelles technologies sur un marché en pleine transformation et surtout en lien avec le secteur industriel, et c’est ce qui m’a séduit.

 

« L’industrie a besoin de tout le monde, et il est important que les jeunes le sachent ! »

 

La solidarité et la bienveillance est une notion acquise lors de votre parcours de vie, et que vous vous employez à retransmettre au travail.

Philippe Lhoste : L’industrie française est en pleine évolution aujourd’hui, il est temps qu’elle entre dans le XXIe siècle et réponde aux enjeux de mondialisation. Elle peut ou doit être une solution pour embarquer un maximum de jeunes dans sa diversité, même s’ils n’ont pas de diplôme. C’est d’ailleurs ce que j’ai appliqué au sein d’Érélia, en ne tolérant aucune discrimination. J’emploie des femmes, des personnes issues de différentes origines, et l’un de mes techniciens est en situation de handicap. L’industrie doit montrer qu’elle est riche de diversité, tout comme la société. Une forme d’inclusion est également nécessaire pour que les personnes (jeunes ou non) aux parcours atypiques puissent s’y retrouver et s’y faire une place. L’industrie a besoin de tout le monde, et il est important que les jeunes le sachent au maximum !

 

Est-ce pour cela que vous êtes ambassadeur de la French Fab ?

Philippe Lhoste : J’ai toujours défendu l’industrie de façon presque « militante » depuis tout jeune. Un pays comme la France ne peut pas rester sur un abandon inexorable de l’industrie, comme c’est le cas depuis plus de 30 ans. Il est urgent de réagir et de se réveiller tous ensemble ! À mes yeux, la révolution n’est pas seulement technologique, mais aussi culturelle. La French Fab est une solution intéressante afin de proposer un écosystème technique, technologique et d’entraide pour un maximum de PME industrielles, souvent isolées des différents dispositifs et organisations. Lorsque Bruno Le Maire a lancé la French Fab en octobre 2017, changer l’image de l’industrie m’a paru être une formidable idée, et surtout bienvenue.

Par conséquent, je me suis vite mobilisé en faveur de la French Fab, poussé par ma passion pour l’industrie. La spécificité d’Érélia est une convergence entre l’IT et le Hardware, et c’est bien ce même phénomène que j’espère voir dans le secteur industriel. La France regorge de très bons ingénieurs et d’informaticiens. Ces savoir-faire doivent être associés pour apporter une valeur ajoutée à notre industrie.

 

Cette convergence correspond notamment au nouveau tournant pris par Érélia. Quels ont été les changements de la société ?

Philippe Lhoste : Nous avons souhaité accélérer et changer d’échelle, car « Ensemble on va plus loin ». Nous pouvons vous annoncer un rapprochement industriel avec une ETI spécialisée dans le logiciel industriel : BASSETTI. Cette alliance nous permettra d’avoir une vision plus globale et d’imposer davantage nos produits sur le marché mondial du pesage industriel. Depuis mon arrivée à la tête d’Érélia, j’y ai apporté en priorité des transformations internes pour préparer l’entreprise à cette nouvelle étape de son histoire, qui restera toujours française ! À suivre donc…