L’entreprise a développé une technologie blockchain dédiée et adaptée à l’internet des objets industriels afin de sécuriser les échanges et de permettre la restitution de l’intégralité des données qui transitent par le système. Les explications d’André Legendre, PDG de Kalima.


 

Comment les mondes de la blockchain et de l’internet des objets se rencontrent-ils ?

Ces deux mondes se connectent naturellement. Avec l’internet des objets, se posent d’importants enjeux en termes de sécurité et de confiance dans les données. Grâce à la blockchain, ces dernières sont sécurisées et restituées dans leur intégralité. De plus, l’avantage du système élaboré par Kalima, c’est qu’il fonctionne sur la base du temps réel. Cela nous permet donc d’offrir des solutions de type préventif.

 

Quelles sont vos ambitions dans le domaine de l’industrie du futur ?

Pour Kalima, il s’agit d’un réel objectif. Notre solution contribue à couvrir les besoins de l’industrie 4.0., que ce soit avec Enedis pour les infrastructures, ou dans les domaines de l’aviation ou de l’automobile. Un autre exemple est celui des Smart Cities. Nous avons répondu à un appel à proposition fait par Eiffage dans le cadre du concours d’innovation « Drim’in Saclay » concernant un projet de plateforme numérique pour éco-quartiers. Ces derniers doivent apporter des solutions dans le domaine des nouvelles mobilités, mais aussi dans le domaine de l’énergie, de la nouvelle agriculture urbaine, de la nouvelle économie de proximité (aide à domicile…), et des nouveaux lieux communs (magasins coopératifs, salles de coworking) qui ont en commun la notion de partage. Tous ces éléments vont nécessiter des capteurs de tous genres – qualité de l’air, volume d’énergie produite/consommée, etc. – pour répondre aux problèmes de maintenance de l’ensemble de ces installations. Mais ces capteurs vont aussi permettre d’optimiser les remontées d’information au niveau des usagers. Ces derniers, pourront, par exemple, comprendre à quoi correspond exactement leur facture d’électricité. Cela signifie qu’une plateforme numérique pour éco-quartiers va bien au-delà de la simple collecte de l’information et du seul stockage des données pour traçabilité et exploitation avec des algorithmes d’intelligence artificielle. Elle permet aussi de gérer les échanges de valeurs en proposant jusqu’à une monnaie locale digitale afin de diminuer les coûts de transaction et faciliter l’émergence de cette nouvelle économie locale et circulaire.

 

Quels vont être vos principaux axes de développement ?

Nous sommes, en phase de création d’une nouvelle société en collaboration avec un ancien salarié, Hamadi Camara. Ce dernier a conçu un moyen de paiement électronique (WariPay) qui viendra s’interconnecter avec Kalima pour offrir des solutions à bas coûts à destination de l’Europe et de l’Afrique. De manière plus générale, nous allons renforcer notre présence à l’international puisque le marché mondial de la blockchain pour l’internet des objets devrait peser 5 milliards d’euros à l’horizon 2025, somme qui à 85 % devrait être réalisée aux Etats-Unis, en Asie, et au Moyen-Orient. C’est d’ailleurs tout l’objet de la levée de fonds (STO) d’un montant de 10 millions d’euros que nous lançons via la blockchain.