La multiplication des emails et des partages de documents sur un serveur de fichiers nous rend contre-productifs. Pour faciliter le travail collaboratif à distance, CEO-Vision propose une plateforme de digital workplace basée sur des technologies Open Source reconnues. Christopher Potter, président-fondateur, nous explique la force du concept.

 

Comment est née l’idée du GoFAST Digital Workplace ?

Christopher Potter : Les entreprises n’arrivent plus à travailler avec l’obsolète serveur de fichiers et des centaines de mails par jour. Ces habitudes qui perdurent depuis 30 ans sont désormais peu productives. Nous perdons des versions, nous prenons des risques en stockant des fichiers sensibles sur nos messageries… Alors nous avons souhaité apporter une solution intégrée, pensée “usages” et non une “suite d’applications hétérogènes”. La plateforme GoFAST est un environnement de travail qui unifie la gestion des documents, un chat de type Teams ou Slack, une webconférence, des workrooms, mais aussi un moteur de recherche efficace pour s’y retrouver parmi des centaines de milliers de documents. Nous proposons une dématérialisation des processus pour mieux collaborer grâce à un puissant moteur de workflow.

 

Votre technologie repose sur l’Open Source. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Christopher Potter : L’Open Source, ce sont des logiciels libres de droits, par exemple comme Android ou Firefox, dont les sources sont ouvertes à contribution. Nous avons regroupé le meilleur des technologies Open Source dans GoFAST pour proposer un produit très puissant. Sans ça, en Europe nous n’aurions pas pu financer une telle plateforme. Non seulement nous avons eu moins de capitaux consommés, mais ce concept nous permet de proposer des prix très compétitifs. La sécurité est aussi renforcée : nos clients peuvent auditer les fichiers sources, ce qui est impossible avec un logiciel sous licence propriétaire. L’Open Source est gage d’indépendance et de pérennité, contrairement aux grands éditeurs qui abandonnent régulièrement des produits.

 

 

Qu’est-ce qui fait votre force face aux GAFAM ?

Christopher Potter : D’abord, la confidentialité des données. Nos clients choisissent où ils souhaitent héberger leurs données, ils ont le contrôle. GoFAST est exploité soit dans leur propre data center, soit par du cloud souverain non soumis au « Cloud Act », c’est à dire hébergé en France par des entreprises aux capitaux français ou européens. Aussi, notre plateforme est dédiée à nos utilisateurs. Elle est intégrée, on ne jongle pas entre les applications, et elle répond à toutes les attentes, de la gestion des documents collaboratifs, les tâches, les visios, jusqu’à la signature dématérialisée.

 

Comment a évolué le marché du digital workplace depuis la crise sanitaire ?

Christopher Potter : La pandémie et la démocratisation du télétravail ont accéléré la croissance générale du secteur. Pour autant, 2020 a été pour nous une année classique de croissance (+ 45%)  parce que beaucoup d’entreprises ont cherché des outils en panique, plutôt qu’une plateforme complète. Quand on n’est pas préparé, on va à ce que l’on connaît et les GAFAM en ont tiré leur épingle du jeu. Nous devons entrer dans une seconde phase, de consolidation, et chercher à regrouper ces outils pour plus d’homogénéité et de sécurité.

 

Quels sont les autres défis du secteur ?

Christopher Potter : Peu de monde se rend compte des enjeux actuels. Par exemple, les gens ne savent pas forcément que Zoom a été mis sous surveillance pour 20 ans aux Etats-Unis par la Federal Trade Administration* à cause des problèmes de sécurité et de confidentialité rencontrés en avril 2020. Il y a un double langage, un manque d’éducation des utilisateurs. Les gens n’ont pas conscience que d’autres solutions, plus sûres, existent pour le travail collaboratif. Le secteur public est éclairant sur le sujet, il essaie d’engager une démarche souveraine, d’encourager des produits européens face aux GAFAM, mais dans le privé, c’est plus difficile. L’Europe doit maintenant réagir pour ne pas perdre la bataille du numérique face aux géants américains, chinois ou indiens.

Ref : Zoom lied to users about end-to-end encryption for years, FTC says | Ars Technica