Basé sur le Design Thinking, les méthodes agiles, le Lean UX et l’intelligence collective, le Design Sprint structure le processus de création et d’innovation au sein des entreprises et des organisations.  Il permet de mobiliser des équipes pluridisciplinaires autour de défis stratégiques partagés, de générer, organiser et concrétiser rapidement des idées et de les évaluer. Dans un contexte de course à l’innovation, c’est une méthode puissante pour concevoir et repenser des services numériques innovants ou des processus organisationnels, sur un court délai. Eclairages avec Sébastien Bordeau et Lauren Azzis, co-fondateurs et dirigeants de LAB’S 214, studio de design stratégique et de conseil en innovation produit.

 


Pourriez-vous nous définir le Design Sprint et revenir sur ses finalités ?

Le Design Sprint est un processus de design et d’aide à la décision qui permet d’accélérer des projets souvent stratégiques en quelques jours. L’idée consiste à aligner les membres d’une équipe pour résoudre une problématique complexe ou déployer un projet en utilisant l’intelligence collaborative et collective. Ce processus permet de prototyper une solution ou un nouveau concept, d’obtenir un livrable très rapidement et le tester en temps réel avec les utilisateurs finaux. Le retour sur investissement est immédiat. C’est un framework efficace, rapide, agile et complet.

Il est important de différencier le Design Thinking du Design Sprint dont on fait bien souvent l’amalgame. Le Design Thinking est une boite à outils comprenant diverses méthodes. Le Design Sprint est un processus très structuré, cadré dans le temps qui prend notamment appui sur les méthodes du Design Thinking. Pour faire une analogie, on pourrait dire que le Design Thinking est une liste d’ingrédients et que le Design Sprint est une recette.

Le Design Sprint accélère le processus d’innovation et de conception en réunissant une équipe de travail pluridisciplinaire. L’équipe mobilisée rassemble des profils très diversifiés – stratégiques, commerciaux, RH, clients, fournisseurs… – qui travaillent bien souvent de manière cloisonnée et qui sont rarement amenés à collaborer ensemble et à croiser les tenants et aboutissants de leurs fonctions respectives. Il s’agit de réfléchir ensemble, de s’écouter, de trouver des solutions collectivement alors que les personnes réunies ont des activités et des objectifs métiers très différents dans leurs quotidiens. La nouveauté avec le Design Sprint, c’est notamment d’intégrer des clients ou des partenaires à la démarche de prise de décision ou de création de services, de concepts ou de produits.

 

En quoi le Design Sprint contribue à booster les projets et le potentiel d’innovation au sein des entreprises et des organisations, tous secteurs et toutes tailles confondus ? 

La grande force du Design Sprint, c’est de structurer la créativité pour concrétiser l’innovation. La créativité et l’innovation ne débouchent pas sur grand-chose si elles ne sont pas cadrées et structurées. La plupart des entreprises sont bien souvent dans une recherche immédiate de solution sans prendre en compte les obstacles à lever avant d’y accéder. Le Design Sprint permet de lever les obstacles, un à un et collectivement, pour aboutir au meilleur livrable dans un délai optimal. Le Design Sprint est une démarche d’innovation frugale, agile et pragmatique.

 

Pour quels types de problématiques ou de projets le Design Sprint est-il le pus utilisé ?

Le Design Sprint est principalement utilisé pour déployer des services et produits numériques innovants. Il y a tellement de possibilités et de fonctionnalités digitales qu’il est important de se poser les bonnes questions en amont et de cibler parfaitement les besoins des utilisateurs pour qui on crée.

Refondre rapidement un outil métier ou une plateforme numérique, imaginer un beta-business, tester des hypothèses ou l’accès au marché, (re)challenger l’expérience autour des services numériques en poussant la réflexion afin de les rendre plus adaptés et utiles aux attentes utilisateurs… Les défis à relever sont variés et ont quasi-systématiquement une dimension stratégique donc transverse. D’où l’intérêt du Design Sprint avec sa démarche collective et impliquant toutes les parties prenantes.

Midi Libre a fait par exemple appel à LAB’S 214 sur un projet de création et de construction d’un nouveau média pour adresser une autre cible. Ce projet n’arrivait pas à émerger depuis un moment. Grâce au Sprint, nous sommes passé d’une idée à un produit concret en moins d’un mois. Autre exemple avec Vino Vibes qui nous a consulté pour créer une application sur l’apprentissage du vin. Un projet très ambitieux pour lequel, en moins d’une semaine nous avons complètement repensé la stratégie produit et accéléré sa conception en construisant une roadmap efficace.

Nous sommes somme également intervenus pour Rakuten Aquafadas, entreprise éditrice de logiciels et créatrice de solutions mobiles pour les entreprises, afin de concrétiser sa vision stratégique.

Nous intervenons pour des entreprises et des organisations de tous les secteurs et de toutes les tailles car le Design Sprint s’adapte à tous les types de structures.

Toutes les entreprises qui ont recours à nos compétences ont envie de se (re)challenger dans un processus d’innovation très efficace particulièrement approprié au contexte actuel qui exige d’évoluer vite et de résoudre des défis très rapidement. On challenge, on bouscule et c’est essentiel dans un monde qui bouge tout le temps tant technologiquement qu’économiquement.

 

Parlez-nous de l’offre de LAB’S 214 en matière de Design Sprint ? Comment accompagnez-vous les entreprises et quelles méthodes proposez-vous ? 

Tout d’abord, il y a un réel avantage à faire appel à un facilitateur extérieur comme LAB’S 214 en terme de neutralité. Quand les entreprises veulent utiliser le Design Sprint en interne, ça fonctionne beaucoup moins bien. Le facilitateur externe n’a pas un rapport émotionnel avec l’entreprise. De plus, il peut avoir une autre vision du défi à relever ou, en tout cas, ouvrir des perspectives.

Notre offre globale s’appuie sur le Design Sprint, c’est notre fil rouge et notre valeur ajoutée. Le Design Sprint est un cadre et surtout un état d’esprit pour aborder un challenge dans le monde d’aujourd’hui.

En amont, nous réalisons un gros travail de préparation avec les parties prenantes, de benchmark, d’enquêtes utilisateurs, de prospective marché afin de prendre en compte l’écosystème de l’entreprise. C’est une étape essentielle pour cadrer le challenge de l’entreprise et imaginer ensuite la meilleure solution.

Nous proposons des ateliers d’alignement stratégique afin de cibler les bonnes problématiques et prendre des décisions qui vont structurer la mise en oeuvre d’un projet.

Nous organisons également des ateliers qui permettent aux entreprises de générer et surtout organiser des idées toujours plus audacieuses, innovantes et adaptées à leur environnement et à leur organisation. Notre valeur ajoutée consiste à les accompagner pour construire des stratégies d’innovation exploitables et trouver des opportunités de croissance en naviguant à travers les nouvelles technologies, les nouveaux usages. Avec LAB’S 214, il y a toujours un élément exploitable à l’issue d’un atelier pour passer de l’idée, du challenge à la réalisation d’un livrable testable sur des utilisateurs potentiels.

Avec la crise sanitaire liée à la COVID-19, le télétravail et le distanciel prévalent. Est-ce un frein d’intervention auprès des entreprises pour LAB’S 214 ?

Au contraire, nous avons mis en place des cadres méthodologies et outils collaboratifs en ligne très performants pour exploiter le Design Sprint à distance. De plus, le distanciel oblige à structurer encore plus le processus et demande d’autant plus d’attention de la part des participants. En distanciel, les temps de travail en équipe sont néanmoins plus réduits pour gagner encore en efficacité.

Le distanciel permet aussi à des équipes dispatchées dans le monde entier de participer et de travailler ensemble sur un projet. Le choix des « testeurs » est aussi plus large et plus ouvert, sans barrière de distance géographique.

 

Propos recueillis par Laurent Jacotey