La plateforme de gestion de travail en équipe Asana évoque les résultats de « L’anatomie du travail 2021 ». Une étude riche de nombreux enseignements quant à nos habitudes au travail. Interview avec Simon O’Kane, Directeur Général EMEA d’Asana.

 

Vous avez récemment reçu les résultats de l’étude « L’anatomie du travail 2021 ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Simon O’Kane : L’étude Anatomie du Travail est une analyse détaillée de la manière dont les employés utilisent leur temps de travail et des facteurs qui façonnent leurs habitudes, publiée par Asana, l’une des principales plateformes de gestion du travail en équipe. Pour l’édition 2021 de cette étude, nous avons interrogés plus de 13 000 travailleurs qualifiés à travers différents pays et notamment la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon, Singapour, l’Australie et la Nouvelle Zélande afin d’en savoir plus sur leur état d’esprit et leurs comportements dans le monde du travail. Cette étude dévoile de quelle manière les individus, équipes et entreprises peuvent restructurer ce monde du travail bouleversé et être plus productif pour mieux aller de l’avant. Cette année, elle souligne les difficultés des individus à être productif et l’importante surcharge de travail qu’ils ont dû surmonter pour s’adapter à une nouvelle façon de travailler, créant des troubles au sein des entreprises et dans la vie de leurs employés, avec pour conséquence des échéances manquées et une augmentation du nombre de burn-out. 

 

Quels sont les grands enseignements de ce rapport annuel sur le travail ?

Simon O’Kane : L’étude Anatomy of Work 2021 révèle que les salariés français ont éprouvé des difficultés à s’adapter à la transition rapide vers le télétravail et que leur productivité en a souffert. Il y a plusieurs explications à cela : tout d’abord, en France la culture du travail au bureau est omniprésente et l’année dernière de nombreux employés ont été confrontés pour la première fois au travail à distance. De plus, les entreprises n’étaient pas préparées au télétravail et ont essayé de transposer les processus de bureau à ce nouvel environnement de travail, ce qui a fait perdre aux travailleurs français 66 % de leur temps à coordonner des tâches plutôt que de se concentrer sur le travail qualifié pour lequel ils ont été embauchés. Chez Asana, nous appelons cela le “work about work” : ces activités qui nous empêchent de nous concentrer sur les tâches qualifiées et qui incluent la recherche d’informations, le fait de passer d’une application à l’autre, de gérer des priorités changeantes ou de vérifier le statut d’un projet. Les travailleurs Français sont ainsi les travailleurs qualifiés qui perdent le plus de temps sur ces tâches dans le monde. 

Entre les journées de travail plus chargées et le manque de clarté sur les tâches, les salariés français se sentent surchargés. En effet, notre étude démontre que 82 % des travailleurs français ont du mal à se déconnecter du travail, en seconde place comparé aux autres pays étudiés, et que sept Français sur dix ont connu un épisode de burn-out en 2020. En outre, 61 % d’entre eux ont souffert du syndrome de l’imposteur, c’est-à-dire d’un sentiment de doute quant à leurs réalisations et à leur expertise. 

Enfin, l’étude souligne que les travailleurs français sont conscients du temps qu’ils perdent au travail et veulent du changement pour 2021, d’autant plus que cette année sera très semblable à 2020 avec de nombreux travailleurs français toujours en télétravail, au moins à temps partiel. En 2021, près d’un tiers (29 %) des salariés français interrogés souhaitent que le nombre de réunions et d’appels vidéo soit réduit et que des lignes directrices soient élaborées pour les rendre plus efficaces dans l’année à venir. Ils notent également la nécessité d’un outil de collaboration comme l’une de leurs principales priorités pour améliorer les performances en télétravail. En France, les employés pensent que si les processus étaient améliorés, ils pourraient gagner 5 heures et 51 minutes de travail par semaine, ce qui se traduirait par une meilleure efficacité en entreprise et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. 

L’année 2020 a donc marqué un véritable tournant dans notre façon de travailler. Plus précisément, quels sont les nouveaux défis auxquels le monde du travail doit faire face ?

Simon O’Kane : Cette année a été marquée par de nombreuses distractions et interruptions et par un manque de clarté sur les rôles de chacun, ainsi que par davantage de messages, de réunions et l’adoption de plus d’outils pour gérer les équipes à distance. Cela a alimenté des tendances troublantes, ainsi, en France, une échéance sur trois a été manquée chaque semaine en raison d’attentes irréalistes et de processus flous. De plus, les travailleurs français passent du temps à accomplir des tâches déjà accomplies par d’autres par manque de clarté et passent plus de 3 heures par semaine dans des réunions qui ne les concernent pas. Avec seulement 17 % de salariés français qui se disent entendus par leur entreprise, les sociétés ont du travail cette année. Tout d’abord, ils doivent adopter une approche « less is more » pour soutenir les employés, ce qui les aidera à être plus efficaces : moins de réunions, plus de travail asynchrone. Ils devraient également se concentrer sur la réduction des silos d’informations et sur le fait d’apporter plus de clarté à leurs équipes pour les aider à comprendre les objectifs globaux de l’entreprise. Il est aussi important que les entreprises reconnaissent que les défis pré-pandémie sont différents des défis actuels et qu’il faut modifier leurs pratiques en fonction de l’évolution des situations. Il leur faudra également offrir une plus grande flexibilité en matière d’horaires de travail. Ainsi, plus d’un tiers des travailleurs interrogés en France affirment que des horaires flexibles amélioreraient le travail à distance. À l’aube de 2021, il est essentiel que les entreprises s’attaquent aux challenges du télétravail en adoptant des processus clairs, afin de prospérer dans l’année à venir et en sortir plus résistantes et mieux alignées qu’auparavant. 

Concrètement, face aux enjeux soulevés par cette étude, quels avantages ont les entreprises à utiliser Asana aujourd’hui ?

Simon O’Kane : Les entreprises et leurs employés sont aujourd’hui confrontés à un important manque de clarté et Asana a un rôle important à jouer pour apporter cette clarté aux équipes, quel que soit l’endroit où elles travaillent. Chez Asana, nous avons pour objectif de devenir le système de navigation des entreprises en aidant les équipes à orchestrer leur travail, des tâches quotidiennes aux initiatives stratégiques transversales. Avec Asana, les entreprises peuvent planifier chaque étape d’un projet et organiser tous les détails du travail en un seul endroit, vérifier où en sont les tâches, identifier les prochaines étapes et prendre rapidement des décisions pour rester sur la bonne voie, simplifier les flux de travail, réduire les erreurs et gagner du temps, suivre en temps réel l’état d’avancement des principales initiatives afin de traiter les risques de manière proactive et communiquer les mises à jour aux responsables et suivre les objectifs et les évènements majeurs au sein l’entreprise pour s’assurer que chacun comprend comment son travail s’inscrit dans la vision d’ensemble de l’entreprise.

Asana s’intègre également à plus de 200 outils, notamment à certains des plus demandés au monde tels que Microsoft Teams, Slack, Zoom et Salesforce. Nous avons récemment annoncé de nouvelles intégrations, notamment avec Figma, Loom, Miro, Vimeo, Whimsical, Wistia et Youtube, pour développer des processus créatifs directement sur Asana, de l’idéation à l’exécution. De plus, nous avons récemment annoncé l’Aperçu de projet, pour offrir aux équipes une vue d’ensemble claire de chaque projet et un accès immédiat au contexte nécessaire.