Le digital prend de plus en plus de place dans nos vies. Il est même stratégique au sein des entreprises. De nouveaux enjeux se dessinent pour le marché de solutions de gestion de contenu. L’éditeur Alfresco, fort de 7 millions d’utilisateurs et de plus de 2 500 entreprises, réparties sur 180 pays, souhaite apporter des réponses novatrices et concrètes. Nous avons interrogé William Bailhache, vice-président régional pour la zone EMEA Sud.

 

Pouvez-vous nous expliquer quels sont les services proposés par Alfresco ?

Alfresco est une société qui commercialise une plateforme de gestion de Content Services (CSP). La Gestion électronique de documents (ou autre plateforme ECM) existent depuis les années 80, mais cette vision historique ne permet plus aux entreprises de répondre à leurs enjeux transformationnels. Un grand nombre de solutions Cloud, accessibles sur le marché, a profondément transformé l’entreprise. Les acteurs tels qu’Amazon, Microsoft, Salesforce ou SAP — pour n’en citer que quelques-uns — ont contribué à accompagner les entreprises dans leur mutation digitale, sans pour autant repenser leur manière de gérer les documents. Aujourd’hui, Alfresco outille les entreprises d’un socle commun à toutes ces solutions digitales.

 

Quelle est votre actualité ?

L’éditeur Hyland a racheté Alfresco. C’est une grande nouvelle sur ce marché des plateformes CSP ! D’un côté, Alfresco va pouvoir poursuivre son développement en proposant de nouveaux services issus du monde Hyland, avec notamment des services de RPA (Robotic Platform Automation), d’extraction et de traitement de données documentaires. De l’autre, Hyland va pouvoir enrichir son offre et capitaliser sur l’architecture de référence Cloud qu’Alfresco a pu mettre en œuvre. Cela renforce le positionnement d’Alfresco, mais aussi celui d’Hyland, dont la réputation dans l’élaboration de solutions métiers documentaires n’est plus à faire.

Ce mois-ci, Alfresco a été désigné leader aux côtés d’Hyland par le Gartner Group dans le rapport Magic Quadrant for Content Services Platforms 2020. Votre nouvelle plateforme de service a ainsi été saluée.

C’est une première pour Alfresco ! Voilà le fruit d’une transformation engagée il y a 3 ans. Notre plateforme Open Source est déjà connue depuis longtemps. De grands noms de spécialistes du digital et de l’informatique avaient, en effet, besoin de répondre à de nouveaux enjeux de transformation. Il était important de repenser le monde du document au travers de ce nouveau paradigme. 

Gartner a également dévoilé en cette fin d’année ses prédictions 2021 en matière de tendances technologiques. Comment vous positionnez-vous par rapport à cela ?

Dans ce rapport, on distingue trois axes majeurs. D’abord, la notion de People Centricity, qui remet l’utilisateur au cœur du système. Les critères et les exigences varient selon les clients. Nous abordons  cette thématique sous plusieurs angles. D’abord, avec le développement d’une application “low code”, grâce au Framework de développement Alfresco, qui expose des services Alfresco au format Angular. Cette approche permet de répondre rapidement et à moindre coût à des exigences techniques, fonctionnelles et ergonomiques fortes. Il arrive que des clients souhaitent privilégier des interfaces existantes comme Salesforce, SAP, ou autre. L’enjeu est de garantir une interopérabilité entre ces différents silos, afin d’assurer une expérience sans couture et en évitant la redondance de documents. Cette dernière est rendue possible grâce aux connecteurs disponibles et certifiés. Enfin, la plateforme Alfresco est la plus ouverte du marché. Le champ du possible en matière d’interface permet d’imaginer des nouveaux modes d’exploration de fichiers ou de services de nouvelles générations.  

 

Quelle est la deuxième tendance suivie ?

La Location Independence, la problématique d’accès au document. Parfois, les entreprises ont déployé plusieurs entrepôts documentaires : dans certains cas, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines. Le potentiel de transformation est impacté. La complexité de gestion de ces environnements disparates pose un certain nombre de problèmes : celui de la conformité, de la recherche et de la sécurité… Alfresco a lancé l’an passé une solution de fédération d’entrepôt documentaire. L’objectif est multiple : rationnaliser le patrimoine documentaire à l’échelle de l’entreprise, renforcer la gouvernance documentaire à l’échelle du groupe et permettre la transformation. Sur le plan technologique, Alfresco a lancé en 2019 sa plateforme Cloud, qui complète la version « On-Premise ». Très attendue par le marché, cette offre a rencontré un grand succès, à l’heure où le besoin de travailler en mode déporté n’est plus une option. Les spécificités de la plateforme, et surtout de son architecture, permettent de déployer la solution Alfresco sur n’importe quel environnement AWS, AZUR, HEROKU et d’autres Clouds Souverains. L’hybridation des architectures pose un nouvel enjeu. Afin d’y répondre, Alfresco possède une réponse de référence : les architectures conteneurisées.

 

Et la troisième ?

Le troisième axe tracé par Gartner s’appelle Resilience Delivery. Cela permet de garder une forme de résilience dans l’usage des données. S’y trouvent les moteurs d’intelligence artificielle et l’hyperautomatisation. À ce titre, Alfresco extrait les données et métadonnées des documents, ainsi que les événements des processus. Elle les consolide et les formate ensuite pour alimenter des plateformes d’intelligence artificielle extérieures. C’est une première ! Quant au processus, l’objectif n’est plus de le gérer à un endroit donné, mais de gérer une transversabilité du processus dans l’entreprise, et à l’extérieur. Alfresco est capable d’orchestrer ces différentes étapes.

De quelle manière innovez-vous pour proposer une plateforme toujours plus performante ? 

Alfresco s’appuie sur une communauté Open Source. Il s’agit d’un ensemble de contributeurs : on en compte environ 70 000 dans le monde. Nos équipes de développement tirent bénéfice des recherches et des évolutions apportées par cette communauté. Elle transmet un certain nombre de demandes et d’évolutions naturelles portées par le marché. D’ailleurs, nous sommes le seul éditeur dans sa catégorie à disposer d’une communauté aussi large. Voilà pourquoi la transformation est si rapide !

 

Comment la sécurité est-elle assurée sur Alfresco ?

Le niveau de sécurité n’est pas seulement porté au niveau de l’accès à la plateforme : nous avons recours à une technologie de chiffrement des documents. Les capacités d’encryptions sont très évoluées et peuvent même être spécifiques à une entreprise. C’est encore plus vrai pour tout ce qui concerne les services gouvernementaux, qui spécialisent les couches de sécurisation.

 

La pandémie de Covid-19 a relancé le télétravail. Cela a-t-il eu un impact sur votre activité ?

Oui, les entreprises ont repensé leurs services par rapport aux utilisateurs. Nous l’avons remarqué via la plateforme PaaS d’Alfresco, qui offre un espace d’échanges de partage et de gestion de contenus hébergés sur le Cloud. Beaucoup de grosses sociétés se sont intéressées à Alfresco, même celles qui n’étaient pas outillées. Il y a aussi une recrudescence des projets Cloud d’envergure.

 

Selon vous, quels pourraient être les prochains challenges du marché ?

Je pense que les plus gros enjeux sont encore dans la tête des clients. Transformer des habitudes héritées du passé pour repenser un modèle digital, c’est quelque chose d’extrêmement perturbant. Les entreprises ne peuvent plus raisonner par contrainte. Ces dernières années, elles ont affecté en moyenne 88 % de leurs dépenses à la maintenance d’applications en obsolescence programmée. Aujourd’hui, il est temps de revoir les stratégies.