Selon Syntec Conseil, le marché du conseil en stratégie et management poursuit la croissance spectaculaire engagée depuis plus de 6 ans avec une progression de 12 % en 2018. La transformation digitale s’impose comme le principal levier de progression du marché avec un total de 35% de missions à forte composante numérique (+29,5 % en 2017). Paul-André Rabate, fondateur de CVA, cabinet de conseil en stratégie, nous livre son point de vue.

 


La crise sanitaire a-t-elle impacté la nature des missions de conseil ?

Effectivement, avec la crise du Covid-19, les missions changent de nature. Ce qui est typique de cette crise, c’est que d’un côté les entreprises ont besoin de réduire leurs coûts mais que de l’autre, le monde d’après pourrait changer. Les chefs d’entreprises qui sont essentiellement nos clients nous posent actuellement deux questions : la première concerne donc la réduction des coûts et comment y parvenir. La deuxième concerne l’avenir et la nature des décisions à prendre pour rester pertinent envers leurs clients, notamment en termes de transition numérique que le Covid-19 semble avoir accéléré.

 

Qu’est ce qui fait aujourd’hui la force d’un cabinet de conseil en stratégie ?

En premier lieu, la relation avec ses clients basée sur la confiance qui s’est ainsi tissée, nos succès communs et le fait que chez CVA, on se refuse à faire comme d’autres , c’est-à-dire revenir systématiquement à la charge pour leur vendre et leur revendre du conseil. Cela n’a jamais été mon optique. J’ai toujours souhaité que le cabinet reste à taille humaine. Cela nous permet de rester concentrés sur le conseil aux dirigeants d’entreprise tout en permettant une allocation optimale de nos ressources. Un bon cabinet de conseil dispense également la meilleure expertise possible. Les consultants doivent être des grands experts de leur sujet. Un autre élément fondamental concerne les missions elles-mêmes qui ne s’effectuent pas in vitro mais bel et bien in vivo. Nos équipes sont pleinement acceptées par les équipes des clients. L’empathie que nous manifestons à leur égard est incontestablement l’un des facteurs explicatifs de notre succès. Enfin, l’innovation joue également un rôle extrêmement important. Il est critique de ne pas arriver avec les mêmes solutions que celles qui ont été préconisées cinq ans auparavant.

 

Vous avez fondé CVA il y a 33 ans et êtes restés indépendants. En 30 ans, comment le secteur du conseil a-t-il évolué ?

Aujourd’hui, toutes les sociétés de conseil disent faire du conseil en stratégie. Mais ce dernier mot a été largement galvaudé alors qu’il s’agit d’un élément critique pour l’entreprise. De notre côté, chez CVA, le conseil en stratégie a gardé sa pleine acception. Le cabinet a été fondé dans cette optique et depuis sa création, nous avons beaucoup investi pour trouver les outils qui permettent d’aider nos clients à concevoir et exécuter leur stratégie. De leur côté, les gros cabinets ont délaissé cette partie car elle ne génère pas de ressources suffisantes pour nourrir des milliers de personnes. Un autre point qui concerne la façon dont le monde a évolué : ce dernier est devenu global, plus compliqué et plus incertain. Du coup, la stratégie ne peut plus être linéaire. A chaque avancée, certaines options s’ouvrent et d’autres se ferment. Dans ce domaine, l’agilité est devenue un mot clé. Il ne s’agit pas de prendre l’incertitude comme un problème mais comme la source de nombreuses opportunités. Les grands chefs d’entreprise sont ceux qui se débrouillent bien lorsqu’il y a de l’incertitude.

 

Comment voyez-vous le futur de CVA ?

En ajoutant ressources et clients à la vitesse nécessaire et en poursuivant son propre processus de transformation.