Oud Paris c’est avant tout l’histoire d’un duo : celui de Patricia Bitton et Raphaël Riv, tous deux à la tête de la direction artistique et du pôle création de la maison de couture parisienne. À l’occasion de cet entretien, les deux fondateurs reviennent sur les spécificités qui font aujourd’hui la force de leur entreprise et les enjeux à venir. 

 

Comment est né le projet de Oud Paris ? 

Raphaël Riv : La marque a été créée en 2017 par Patricia Bitton, qui était déjà auparavant dans le monde de la mode, et moi-même qui avait un magazine d’art. Oud Paris est né sur un coup de tête : une envie commune de créer quelque chose qui nous ressemble. L’idée était de proposer une marque très française de par sa fabrication puisque nos bureaux et nos ateliers sont tous en France et font appel au savoir-faire d’artisans français hautement qualifiés. Nous voulions proposer un vestiaire féminin résolument moderne, avec l’utilisation de matière noble comme la soie. 

 

Qu’est-ce qui permet à votre maison de se démarquer sur le marché de la mode ? 

Patricia Bitton : Une des particularités de notre marque, c’est que nous proposons de nombreuses pièces « evening ». Or nos robes de soirée peuvent également être portées en journée. L’état d’esprit de Oud est le suivant : nous voulons que nos robes « evening » puissent être portées à tout moment, pas seulement pour un mariage ou pour un gala. 
La seconde particularité du projet que nous portons, c’est que nos créations s’adressent à toutes les générations. Les femmes de plus de 50 ans peuvent porter nos pièces, tout comme les jeunes femmes de 25 ans. Nous nous voulons extrêmement inclusifs. Enfin, nous souhaitons également porter un projet qui se veut écoresponsable. 

Oud Paris

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur les engagements écoresponsables pris par votre marque ? 

Raphaël Riv : Avec l’arrivée de la crise sanitaire, les salons de tissus ont eu lieu en digital, or acheter du tissu par écrans interposés, ce n’est pas notre manière de faire. C’est très impersonnel à nos yeux, nous avons besoin de toucher les matières. 
Nous nous sommes dit que c’était peut-être le moment pour réutiliser d’anciens rouleaux dans nos propres stocks, et de voir ce qui est disponible autour de nous. Nous sommes donc partis sur le « recycling » en rachetant des tissus que nous avons trouvés, par exemple, en Italie ou en France, pour réutiliser des tissus qui ont déjà servi sur d’autres projets.
Nous faisons également des essais, comme avec du coton bio. Oud s’engage ainsi dans la mesure du possible à choisir des tissus recyclés de qualité. Ce recyclage aide à la valorisation des déchets.

 

Comment définiriez-vous l’ADN de votre marque de vêtements ? 

Patricia Bitton : Je dirais que nous nous démarquons de par nos Colors Blocks et leurs prints. Nos vêtements sont souvent longs et amples, nous utilisons beaucoup de tissus : il y a de la générosité dans nos vêtements. Pour résumer, ce qui définit la signature de notre marque ce sont la fluidité, le style en mouvement, le twist d’une couture de jour et d’un vestiaire du soir. Nous proposons une ode à une nouvelle féminité authentique : la nouvelle néo nomade

Oud Paris

 

En tant que créateurs, comment vous vient l’inspiration pour créer de nouvelles collections « cool couture » ? 

Patricia Bitton : L’inspiration nous vient à tout moment. Parfois, il suffit d’observer un magazine, un tissu mural, ou de croiser une personne dans la rue. Tout ce qui est autour de nous peut être une source d’inspiration. En résumé, nous faisons ce que nous avons envie de faire, c’est cela qui guide notre travail au quotidien. 

Raphaël Riv : En effet, nous sommes deux électrons libres. Si Oud est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce à cette grande liberté dans notre travail au quotidien.

 

Quelle sera l’actualité de Oud Paris pour les prochains mois ? 

Patricia Bitton : Désormais, il y a une volonté de se tourner davantage vers l’international en axant les ventes vers les États-Unis, le Japon, ou le Moyen-Orient.

Raphaël Riv : Seulement, avec la conjoncture actuelle, tout cela est très compliqué. De ce fait, nous allons privilégier le digital en développant le e-shop afin de gagner en visibilité. Nous allons également miser beaucoup plus sur les réseaux sociaux pour accroître la notoriété de la marque. 
Enfin, nous allons continuer à ouvrir des pop-up éphémères : la rareté crée l’envie. Nous devrions d’ailleurs en ouvrir un en juin à Paris.