Le Numérique Favorise Le Mode Collaboratif Et l’Empowerment
Alban Jarry Contributeur
Spécialiste en stratégies de marques et numériques, communication, influence et réseaux sociaux


L’empowerment est, selon wikipedia (1), un concept qui favorise « l’octroi de davantage de pouvoir aux individus ou aux groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés ». Dans le contexte électoral, il est simple de constater, dans l’univers numérique, l’émergence spontanée, sur tous les sujets de société, de forces collaboratives augmentant la viralité des informations publiées. La société civile a acquis spontanément les principes de la diffusion massive de messages en se regroupant et en collaborant. Les silos qui la séparaient de la classe politique et des médias se réduisent rapidement à leur plus simple expression.

Des médias aux réseaux

Jim Morisson avait dit que « celui qui contrôle les médias contrôle les esprits ». Pendant très longtemps, ces relais traditionnels furent la base de l’assise du pouvoir. Ils permettaient d’avoir une visibilité très importante sur les sujets phares. Avec l’avènement des réseaux sociaux, les signaux centralisés et descendant se voient concurrencés par des forces transversales, sorties brusquement de nulle part et capable de bouleverser les équilibres et les forces de frappe. Amin Maalouf, un écrivain pensait que « Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? ». Dans ces nouveaux jeux de ricochets, qu’offrent les supports numériques, la communication politique est à l’orée d’une nouvelle ère avec une évolution des règles du jeu où l’influence pourrait être décentralisée et multiple.

S’organiser sur les réseaux


Il existe aujourd’hui de multiples façons de s’unir sur les réseaux sociaux. Dans le monde de la communication politique, les outils de diffusion de masse des signaux sont utilisés en s’appuyant sur des comptes miroirs permettant de plus larges impacts. Cette méthode possède l’avantage de simplifier la centralisation de la diffusion des discours et des phrases chocs. Néanmoins, dans ce monde numérique, qui favorise la spontanéité et la force des « têtes de nœud » (c’est-à-dire les comptes ayant un grand engagement), cette centralisation trouve vite ses limites. Pour décupler l’impact, il faut sortir des zones de confort et des silos en trouvant de nouveaux terrains de jeu beaucoup plus larges.

S’inspirer de Paul Revere

Dans leur article pour la Harvard Business Review « How to Build Your Network » (2), Brian Uzzi et Shannon Dunlap s’étaient appuyés sur la chevauchée de Paul Revere pour montrer que la diffusion d’un message était facilitée par l’utilisation de points forts propageant rapidement un signal. Avec cette technique, Paul Revere a montré comment il était possible de soulever rapidement une armée en étant « courtier en information » et en sachant mettre « en relation des groupes d’individus disparates » en ciblant « des citoyens disposants d’un bon réseau » ! Sa chevauchée pourrait inspirer de nombreux communiquant qui ont besoin de se servir d’une multiplicité de nœuds pour élargir le spectre de propagation de l’information.

Quelles techniques favoriser ?

Sur les sujets touchant à l’empowerment comme le climat, l’emploi ou la diffusion gratuite du savoir, Chaque jour les réseaux sociaux montrent leur puissance. Des utilisateurs se regroupent et n’hésitent pas à devenir des ponts dans leurs réseaux pour augmenter la force de messages. Dès lors qu’un sujet touche une communauté, elle se sent immédiatement impliquée pour faire en sorte que les inégalités se réduisent. Offrir des partages et de la visibilité devient un acte important et fédérateur.

(1)    https://fr.wikipedia.org/wiki/Empowerment

(2)    https://hbr.org/2005/12/how-to-build-your-network