Dans une tribune, le créateur du web ne cache pas son inquiétude et cible trois problèmes qui menacent l’avenir du Web. Le World Wide Web a vingt-huit ans cette année et pour son créateur, Tim Berners-Lee, Internet fait face à trois problèmes majeurs qui menacent son avenir.

 

Le contrôle de nos données personnelles

A l’heure où nous dépendons de plus en plus des technologies de Cloud computing, Tim Berners-Lee se dit inquiet de la perte de contrôle de nos données personnelles.


Le créateur du web n’est pas le premier à faire part de son inquiétude sur ce sujet et nous rappelle que nous sommes nombreux à profiter « des contenus gratuits en échange de nos données personnelles » sans se soucier des répercussions.

Pourtant, le fait d’accepter le « long et obscur » contrat de conditions d’utilisation se traduit par une collecte d’informations personnelles que nous ne maîtrisons plus et qui finissent sur les serveurs des entreprises du Web.

Des sociétés amenées, de gré ou de force, à collaborer avec les gouvernements. Une situation qui inquiète Tim Berners-Lee, ce dernier craint que le droit à la vie privée soit bafouée.

 

La désinformation sur le Web

La perte de contrôle de nos données personnelles n’est pas le seul sujet qui inquiète le créateur du Web. En effet, l’ingénieur britannique anobli par la reine Elisabeth II en 2004 estime qu’il est aujourd’hui « trop facile de répandre la désinformation sur le Web ».

On retrouve là encore un sujet d’actualité puisque cela fait référence aux « fake news », un fléau qui a poussé les géants du web à réagir. En France, on se rappelle que huit médias se sont alliées à Facebook pour lutter contre ces fausses informations.

Une initiative saluée par Tim Berners-Lee qui estime que « nous devons contrer la désinformation en aidant les point d’entrée sur le Web que sont Google et Facebook à poursuivre leurs efforts pour résoudre ce problème ».

 

Pour une publicité politique en ligne plus transparente

Enfin, la publicité politique est également critiquée. Jugée trop opaque, elle « doit être transparente et comprise », l’ingénieur britannique s’inquiète de la façon dont sont utilisées certaines publicités.

Certaines publicités politiques seraient « utilisées sans éthique pour diriger des internautes vers des sites de fausses informations, par exemple, ou pour en dissuader d’autres d’aller voter » et Tim Berners-Lee explique que « la publicité ciblée permet à une même campagne de présenter des messages radicalement différents, voire contradictoires, à différents groupes de personnes ».

 

La solution est entre les mains des géants

Avec sa tribune, l’homme à l’origine du World Wide Web rappelle qu’il défend un web libre et ouvert et demande l’appui des géants du Web pour y parvenir.

Outre le combat contre la désinformation, il estime que « nous devons travailler de conserve avec les grands groupes du Web pour trouver un équilibre qui rende aux personnes un juste niveau de contrôle sur leurs données ». Tim Berners-Lee vise également « lois trop invasives » sur la surveillance des gouvernements auxquels il faut « nous opposer » et « les combattre devant les tribunaux si nécessaire ».

 

Une annonce forte de la part d’un homme qui a marqué l’histoire de l’Internet et du Web.