Le Digital : Un Accélérateur Pour Les Femmes ?
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Par Caroline Hirtzberger, Head of Direct Insurance Business chez Hiscox France

 

Chaque année la Journée internationale des Droits des Femmes est l’occasion de faire le point sur la situation de la femme dans le monde et sur les inégalités qui subsistent.

En France, ce sont surtout les inégalités professionnelles qui sont pointées : salaires inférieurs aux hommes à poste égal, responsabilités moindres, secteurs uniquement masculins ou à l’inverse trop largement féminisés… Des différences bien souvent soulignées par des clichés et des préjugés qui ont la vie dure.


En 2017, le plafond de verre est encore bien présent : on compte seulement 14% de dirigeantes, 15% de femmes dans les COMEX et 40% dans les conseils d’administration (CA) des sociétés du CAC 40 et SBF 120 (des progrès réalisés suite à la loi Copé-Zimmerman qui oblige depuis janvier 2017 les grandes entreprises et ETI à compter au moins 40% de femmes dans leurs CA) mais seulement 16% hors sociétés cotées. Pourtant, il est prouvé que les équipes de direction mixtes enregistrent un taux de performance supérieur de 16%.

 

Mais une révolution est en marche et va permettre de changer la donne. Selon une étude du cabinet Roland Berger pour la Journée de la Femme Digitale (dont nous sommes partenaires), le digital est un accélérateur professionnel pour 74% des répondants (féminins et masculins).  La transformation digitale pourrait alors se muter en transformation sociale : si les femmes augmentent leur rythme d’adoption des technologies digitales, l’égalité hommes/femmes pourrait être une réalité dans les pays matures d’ici 25 ans (contre 50 ans au rythme actuel) et dans les pays émergents d’ici 45 ans (contre 85 ans).

 

Vers une mixité des métiers ?

 

Un chiffre marquant : alors que nous souhaitons la mixité dans tous les métiers, à l’heure actuelle seulement 17% des secteurs sont vraiment mixtes (c’est-à-dire qu’ils comptent entre 40% et 60% des emplois représentés par chaque sexe).

Selon le CIDJ, les femmes sont plus nombreuses dans les secteurs :

  • services à la personne (97% des aides à domicile),
  • santé (98% de sage-femmes mais seulement 1 chirurgienne sur 5) et industrie pharmaceutique,
  • métiers marketing et communication (64% de DirCom, 41% de Directrices Marketing). Les directrices marketing ont gagné, en France en 2015, 2% de plus en moyenne que leurs homologues masculins.
  • économie Sociale et Solidaire (secteur en forte croissance qui compte 2/3 de femmes).
  • banque/assurance : ce secteur représente quant à lui 60% de femmes. A l’image d’Hiscox qui emploie 62% de femmes dont 4 faisant partie du Comité de Direction.

 

Certains secteurs restent en revanche traditionnellement masculins, comme par exemple le BTP (seulement 11% de femmes), la défense (16%) et l’informatique (27% de femmes). Ce sont également ceux qui véhiculent le plus de clichés. L’objectif du Gouvernement est d’arriver à atteindre 1/3 des secteurs mixtes d’ici 2025.

 

Certains secteurs plutôt masculins enregistrent déjà une évolution importante de la proportion de dirigeantes, ce qui montre une certaine prise de conscience : l’énergie (+130 % en 10 ans), les industries agro-alimentaires (+23,6 %) ou encore l’immobilier (+21,5 %). 29% des ingénieurs français diplômés l’an dernier étaient des ingénieures, principalement en agronomie et en chimie.

 

Bien que les femmes restent minoritaires dans les métiers du numérique, elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir coder pour justement casser les codes. On compte 42% de femmes chez les nouveaux développeurs. Les femmes sont plus actives que les hommes sur les réseaux sociaux, et elles sont perçues comme des actrices clés de la transformation digitale (par 73% de femmes et 61% d’hommes).

 

Certaines n’hésitent pas à se lancer dans ces secteurs en manque de mixité, à l’image de Sandra Rey, qui s’est lancé dans l’énergie avec la startup Glowee spécialisée dans la bioluminescence. Autre exemple, celui de l’entrepreneure Chloé Bonnet. Elle a fondé une agence d’Open Innovation et a également lancé l’année dernière le programme 66 miles pour inciter les femmes à « intraprendre ».

 

L’évolution est lente dans certains secteurs, mais elle s’accélère. Et les femmes sont  très bien placées pour tordre le cou aux idées reçues dans les prochaines années.

 

Les femmes de demain seront solidaires et prêtes à entreprendre !

 

Les innovations de demain seront celles qui répondront aux problématiques futures de nos sociétés. Et elles se situent principalement dans les domaines de la santé et des services à la personne, de la nutrition, du développement durable, du numérique et de l’économie sociale et solidaire. Autant de secteurs qui jouissent déjà d’une importante présence féminine. Par exemple, l’avenir de la médecine se conjuguera au féminin : longtemps considérées comme de simples aides-soignantes, on recense actuellement 41 % de femmes médecins en France. A l’horizon 2022, elles deviendront majoritaires car on note déjà une forte féminisation (60 %) des étudiants en médecine.

 

D’après une étude du Groupe April, les femmes sont aussi plus sensibles que les hommes à certains enjeux sociétaux comme l’économie collaborative, circulaire ou le développement durable. Elles accordent également plus d’importance au travail collaboratif : pour 93% des dirigeantes, l’ambiance au travail est primordiale et 75% des femmes préfèrent prendre une décision collective avec leurs  équipes.

 

Les femmes entreprennent également de plus en plus. 30% des entrepreneurs sont des femmes et de nombreux programmes de mentorat et de coworking existent pour accompagner les créatrices d’entreprise vers le succès. 

 

Utilisons le digital comme une opportunité d’appropriation et de différentiation pour les femmes. Fortes de cette connaissance, soyons ainsi les moteurs de l’entrepreneuriat numérique ! 


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